L’atteinte du point d’achèvement de l’initiative Ppte (Pays pauvre très endetté), de la Côte d’Ivoire au deuxième semestre de l’année 2012 risque de ne pas se faire.
La banque mondiale et le Fonds monétaire internationale (Fmi) viennent de sommer Alassane Dramane Ouattara de revoir complètement le fonctionnement de la filière café cacao. Et de reformer le système de la production énergétique. C’est à cette condition, indiquent les institutions de bretton woods, que la Côte d’Ivoire peut atteindre le point d’achèvement de l’initiative Ppte engagée en 2009. Pour répondre aux attentes des bailleurs de fonds, le gouvernement crée un comité de rédaction qui pond un document de 40 pages.

Malheureusement, ce document exclut le monde agricole tant dans le commerce interne et externe y compris dans toutes les structures de gestions qui devraient être créées. Selon les producteurs, ce document est du «copié-collé». Puisque les experts ont tout simplement plagié une grande partie de la réforme que les producteurs ont rédigée lors de leur rencontre en juillet dernier à Yamoussoukro.
Il faut dire que la dernière mouture présentée à Alassane Ouattara, dissout les anciennes structures de gestions créées par les producteurs. Il s’agit particulièrement de la bourse café cacao (bcc), le Fonds pour le développement pour la promotion des activités des producteurs du café cacao (Fdpcc), l’Autorité de régulation du café et cacao (Arcc), et du Fonds de régulation café cacao (Frc). Cette réforme prévoit également le retour de la Caisse de stabilisation.
Elle met fin à la libéralisation du secteur effective depuis 2000, comme l’ont exigé les bailleurs de fonds. Notamment la banque mondiale et le Fonds monétaire international (Fmi). L’Etat entend mettre en place, une structure dite «Comité interministériel des matières premières» (Cimp). Ce comité est l’organe de décision. Il est chargé du contrôle et de la régulation. Il définit et suit également la politique générale de la filière. Il est chargé d’assurer le suivi et le contrôle des missions de l’Etat dévolues à l’organe de gestion et de prendre toutes décisions permettant la mise en oeuvre de la reforme. La réforme prévoit notamment le retour à une structure unique, comme au Ghana, avec le Cocobod qui, a en charge de la commercialisation et de la régulation du secteur. Cette structure, selon les experts de la reforme, procède à la fixation du prix qui serait un prix bord champ garanti pour toute la campagne agricole. Il en est de même de la création de centres d’achat et de bureaux de contrôle des achats.
Afin de s’assurer du respect du prix garanti et contrôler la qualité des produits avant leur acheminement dans les ports. Cette nouvelle reforme entend réinstaurer un système de péréquation du transport pour permettre l’application d’un prix unique pour l’ensemble des zones de productions.
Au niveau de la commercialisation extérieure, la nouvelle reforme qui entre en vigueur, selon le ministère de l’Agriculture, à la campagne 2012-2013, annonce le retour au système de vente à terme caractérisé par un programme de vente anticipée à la moyenne (Pvam).
Cet organe devrait prendre la forme d’une société anonyme composée de 12 représentants (8 de l’État et 4 du privé, dont les exportateurs). Dès la prochaine campagne, en octobre 2012, les autorités souhaitent mettre en place un système de vente anticipée à la moyenne. Alassane Ouattara espère bénéficier de l’annulation de la dette. Les bailleurs de fonds restent prudents. Car, ils veulent que les préoccupations des producteurs soient prises en compte. Il s’agit particulièrement de l’implication de ceux-ci dans les organes de décisions. Puisque ce sont les vrais propriétaires de leurs plantations et non l’Etat. Selon les indiscrétions, certaines chancelleries présentes à Abidjan et qui se sont procurés de la réforme ont émis des réserves. Parce que, les premiers concernés, notamment les producteurs n’y figurent nulle part. En plus de la réforme dans le secteur du café et du cacao, les bailleurs de fonds demandent à l’Etat d’assainir le tissu bancaire, de revoir complètement le fonctionnement de la filière cacao et de réformer le secteur de la production énergétique, fortement déficitaire. Si ces conditions ne sont pas remplies, la Côte d’Ivoire perdra non seulement les projets d’aides de financements qu’elle essayera de présenter au conseil d’administration de la banque mondiale et du Fonds monétaire international en mars 2012. Mais elle ne sera pas au rendez-vous de l’effacement de sa dette. Rendez-vous auquel attend Alassane Dramane Ouattara pour profiter du travail titanesque abattu par son prédécesseur, Laurent Gbagbo pour que la Côte d’Ivoire bénéficie de l’annulation de sa dette. Et de lui permettre de reprendre sa place de leader dans la sous région ouest africaine.
Joseph Atoumgbré
Source: Le Temps
Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.