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Laurent Gbagbo sera difficilement oublié des Ivoiriens, malgré les velléités du régime de faire croire le contraire. Des manifestations spontanées, non coordonnées, le rappellent chaque jour.
Qui a cru qu’en enlevant Laurent Gbagbo du milieu des Ivoiriens, il l’enlèverait du cœur de ceux-ci ? Il faut être Coulibaly Gnénéma et Guillaume Soro– déconnectés de la réalité – pour le croire!

Mais les Ivoiriens, épris de paix, de réconciliation vraie n’ont pas oublié Gbagbo et ne l’oublieront jamais. Ils ne manquent pas l’occasion de le démontrer chaque fois qu’ils en ont l’occasion, dans le climat de terreur ambiante qui règne sur la Côte d’Ivoire. Ils l’ont encore démontré le vendredi 7 octobre dernier, à la place Ficgayo de Yopougon où cinq veillées funèbres se tenaient.

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Aussi insolite que cela puisse paraître. De quoi s’agit-il?

Ce vendredi-là, comme tous les vendredis d’ailleurs, Ficgayo, la mythique place est bondée de monde dès 20 heures. Motif, cinq veillées funèbres s’y déroulaient simultanément, sur des parcelles voisines. En pareille circonstance, le programme est bien connu: il est essentiellement fait d’allocutions, de témoignages et de danses. Tout se passe sans incident jusqu’à minuit où la fatigue se faisant sentir, les ardeurs ont commencé à s’émousser et les ‘‘veilleurs’’ préoccupés à autre chose à cette heure avancée de la nuit.

Sentant la veillée baisser en intensité, l’un des DJ en charge de l’animation a l’ingénieuse idée de jouer la chanson de campagne de Gbagbo, composée par les Galliets.
Dès les premières notes de «C’est comment comment, Koudou Gbagbo, il est sur terrain. Devant, c’est maïs», c’est l’hystérie collective (comme le montrent les images ci-dessus). Tous se précipitent sur la piste d’où la musique est partie, un mouvement suivi par les familles éplorées des quatre autres veillées. La chanson est reprise en chœur, certains se congratulent, d’autres fondent en larmes. C’est un grand moment de joie. «Un Woody reste un Woody», clament certains danseurs.

Une manifestation spontanée de soutien au président Gbagbo qui rappelle celle de Lopou, dans la sous-préfecture de Dabou. Lors de la célébration du 51ème anniversaire de la Côte d’Ivoire, des jeunes gens avaient simulé l’arrestation du président Gbagbo et exigé sa libération. Ce qui a créé un tel électrochoc que le préfet de Dabou et le sous-préfet de Lopou ont été congédiés, par un régime Ouattara furieux qu’ils n’aient pas fait réprimer cet élan du cœur. Comme quoi, on ne peut pas aussi facilement faire oublier Laurent Gbagbo aux Ivoiriens.

Source: Gérard Koné – Le Nouveau Courrier

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