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Côte d’Ivoire: La Saga des FRCI continue

Côte d’Ivoire: La Saga des FRCI continue

Getty Images

Lakota
Gboto Abraham, président des jeunes de Goudouko, sous-préfecture du département de Lakota, a vécu un calvaire, jeudi dernier, avec les éléments des Frci. Ceux-ci l’ont enfermé dans des locaux de la sous-préfecture qui servent de cellule. Sur plainte du responsable du Rhdp de cette bourgade. Il est reproché au jeune Gboto Abraham de continuer à gérer le marché de Goudouko alors que le Président Gbagbo dont il se réclame n’est plus au pouvoir. Pour recouvrer la liberté, Gboto Abraham a été contraint de renoncer à la gestion du marché, alors qu’il a été élu.

Gagnoa
Les chasseurs traditionnels dozos, supplétifs des Frci, ont assiégé, dans la nuit du lundi au mardi dernier, le village de Gbigbikou, situé dans la région de Gagnoa. Selon un témoin joint par téléphone, les dozos ont tiré en l’air et pourchassé des habitants. Tout est parti d’une rixe entre une femme et un allogène, lundi dernier. Celui-ci ne supportant pas que la femme s’asseye sur ses fagots pour attendre un véhicule de transport pour le village voisin de Téhiri, l’aurait giflé violemment. Les villageois s’interposent rapidement entre les belligérants avec le concours d’une équipe de gendarmes de passage. Alors que tout le monde croyait que le calme était revenu, c’était mal connaître les dozos qui, informés par les allogènes, ont investi en force dans le village aux environs de 2h du matin. Après avoir tiré longtemps en l’air et violenté quelques habitants, ils ont été rappelés à l’ordre sur instruction du Sous-préfet de Bayota et du commandant de brigade de gendarmerie de Ouragahio.
Attécoubé
Un taximètre injustement et inutilement passé à tabac par des FRCI alors qu’il était assis dans son véhicule. La scène s’est passée mardi dernier à Attécoubé. Cela semble être un fait banal tant c’est récurrent. Mais, malheureusement, c’est un autre point indicateur d’exactions sur les populations, de la non maitrise véritable des hommes en armes, de leur manque de professionnalisme et de l’impunité à leur égard.
Pour garder son anonymat, nous lui donnerons B K comme initial car ses pièces ne lui sont pas encore rendus et également pour lui éviter de prendre, au mieux, d’autres coups, déjà qu’il a l’oreille endolorie.
Voici son histoire racontée par lui-même dans l’après midi, à notre siège provisoire, pour que d’autres taximètres ne vivent pas le calvaire qu’il a connu. « J’ai pris des clients à Adjamé, vers 9h, pour les déposer au port de pêche. Au niveau de Attécoubé, j ai entendu des klaxons. Quand j’ai regardé dans mon rétroviseur, j’ai vu une 4X4 blanche qui était très proche de moi et qui continuait à klaxonner. Comme je roulais déjà à droite, je me suis mis un peu sur le trottoir pour laisser ce véhicule passer. Arriver à mon niveau, l’un des occupants du véhicule m’a lancé: tu ne veux pas nous laisser passer? Tu vas voir toi ! Je lui ai demandé alors dit il y a quoi tout en faisant un signe de la main. Le chauffeur de la 4X4 a aussitôt cogné mon côté puis m’a fait une queue de poisson pour m’obliger à m’arrêter. Quand je me suis arrêté, j’ai vue une dizaines d’hommes descendre de l’autre voiture avec des armes en main. Me sentant menacé, j’ai fait machine arrière pour quitter la voie express et rentrer à Attécoubé. Ils m’ont rapidement rattrapé dans cette commune et m’ont obligé encore à m’arrêter. Ce que j’ai fait sous la menace de leurs armes. Une fois à mon niveau, ils ont commencé à de frapper alors que j’étais toujours dans ma voiture avec mes passagers, et en présence de passants et de curieux. L’un d’entre eux m’a dit: tu as la chance qu’il y a trop d’hommes, sinon on allait te plomber cadeau. Ils ont ensuite pris mes pièces et m’ont dit d’aller les récupérer au génie militaire à Adjamé. Quand je m’y suis rendu après, on m’a demandé de repasser dans l’après-midi. Là- bas, j’ai vu un grand nombre de mes collègues qui courent après leurs pièces arrachées depuis le week end. Régulièrement, les taximètres sont victimes d’exaction. J’ai tenu à faire ce témoignage pour que cela cesse, car il n’y a pas un seul jour sans que des chauffeurs ne soient violentés, battus ou humiliés. Moi, je ne fais pas de politique. J’ai un bon niveau car j’ai fait l’université. Le président actuel nous a promis du travail. Mais, sur le terrain, des FRCI veulent nous tuer ! Actuellement j’ai des douleurs à l’oreille droite… »
Source: Notre Voie
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