Publicités
Transformation-des-frci-en-fanci-nicolas-sarkozy-exige-le-retour-aux-fanci

Transformation-des-frci-en-fanci-nicolas-sarkozy-exige-le-retour-aux-fanci

sarkouattaradeuxok

Getty Images

Plus le temps passe, plus les langues se délient dans les couloirsdu palais présidentiel. Pour que les Frci deviennent Fanci, il a falluque la France rappelle Ouattara à l’ordre.
Il n’aimait pas les Fanci, pourtant l’un des plusgrands héritages d’Houphouët qu’il prétend vénérer. Dans ses campagnesde déstabilisation de la Côte d’Ivoire, Ouattara s’offrait alors ungrand plaisir à appeler cette armée nationale, «l’armée de Gbagbo.»C’est pourquoi au Golf hôtel, il baptise son armée Frci. A son arrivéeau pouvoir, c’est le nom qu’il donne à l’armée nationale. Avec lui,plus de Fanci. On parle désormais de Force républicaine de Côted’Ivoire. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi. Car désormais aupouvoir, il peut apporter les changements qu’il veut dans tous lesdomaines de l’État de Côte d’Ivoire. Mais avec les Frci, il y aproblème. Car ils sont tout, sauf une Armée républicaine. Dansl’histoire de la Côte d’Ivoire, jamais une armée n’a été autantchampionne des exactions et des graves violations des droits del’Homme. Même l’horrible armée coloniale avec ses soudards baptisésgardes de cercles n’a fait autant. C’est en plus la première fois quele bon humour abidjanais baptise une armée d’une raillerie àconnotation ethnique de «Frères Cissé.» Mais là n’est pas véritablementle problème. Même si chaque jour, les Frci multiplient les maladresses.Au point de causer des soucis à leur géniteur.

Il se trouve qu’au-delà de leur chef suprêmeabidjanais, cette armée devient aussi un problème pour la France. Cettefois ce ne sont pas leurs nombreux impairs qui donnent des soucis àParis. Leur nouvelle appellation que l’humour ivoirien caricaturemerveilleusement avec un style très au vitriole, n’est pas fait pourplaire à l’Elysée. Pour la rue abidjanaise, le sigle Frci, c’est la«France reprend la Côte d’Ivoire.»
 Une belle caricature des visées impérialistes del’Empire sur le continent. L’Elysée est en plus régulièrement tenue aucourant par ses grandes oreilles à Abidjan, de l’opinion que lesIvoiriens se font de la nouvelle donne. Paris prend alors l’affaire ausérieux et décide de donner comme d’habitude, des consignes claires.Lors d’un de ses nombreux voyages à Paris, Sarkozy ne manque pasd’interpeller Ouattara à l’occasion d’une rencontre. Il lui demande lasignification de Frci. Quand Ouattara lui répond «Force républicainesde Côte d’Ivoire», sa réponse ne fait pas attendre.
«Pourtant,toi-même tu as un parti politique en Côte d’Ivoire qui s’appelleRassemblement des républicains. Mais est-ce que tu sais comment on lesappelle à Abidjan ? Nous avons les rapports de nos services sur place.Les Ivoiriens appellent les Frci «La France reprend la Côte d’Ivoire.»Je ne veux plus ça. Il faut changer ce nom et revenir à l’appellationinitiale de Fanci.»
A laissé entendre son ami président français qui nevoudrait plus que le nom de la France soit associé à des viséescoloniales en Afrique. Message reçu cinq sur cinq par Ouattara quivisiblement, n’avait pas le choix. Car malgré les coups bas, l’Empiretient quand même à son honneur sur le continent. De retour à Abidjan,le pouvoir applique à la lettre la consigne du parrain. Les Frciprennent l’appellation Fanci au grand étonnement des Ivoiriens quijusque là, attendent des explications sur ce retournement du moinsspectaculaire de Ouattara. Car ce n’est pas ce qui était attendu.L’impression qui se dégage aujourd’hui est que le pouvoir a opéré cechangement contre son gré. Le nom a peut être changé officiellement.Mais dans les faits, ce sont encore les Frci. Et cela, même au niveaugouvernemental. Le ministre de la Défense, l’un des premiersresponsables de cette armée continue encore de les appeler Frci. Alorsqu’on suppose qu’il était au coeur de ce changement de nom. Lors de sadernière visite à l’ouest, il a continué de narguer les populations endisant que les Frci c’est l’armée nationale par conséquent, elles sedevaient faire avec. Pourtant, les populations de l’ouest posaient laquestion des exactions qu’elles subissent toujours de la part de cettearmée de Ouattara. Doit on se permettre tout parce qu’on est arméenationale? Telle est la question qui lui est posée.
Heureusement que dans la conscience des Ivoiriens, lesFrci ne seront jamais les Fanci, même si telle est la volonté deSarkozy. Car il est su de tout le monde que les Fanci se sont taillé laréputation d’une armée qui a intégré les valeurs républicaines. Ce quin’est pas le cas avec ces hommes de Ouattara.
Guehi Brence
Source: Le Temps
Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :