Eric Aimée SEMIEN, Président de l’APDH
Après son premier rapport post-crise baptisé Haro sur l’Etat de non droit, L’APDH, (Action pour la Protection des Droits de l’Homme) s’apprête à lancer dans trois semaines les travaux d’un deuxième rapport sur la situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire.
Ni les menaces, ni les intimidations qui ont été nombreuses après le premier rapport n’ont vraiment découragé l’équipe du Président Eric-Aimé SEMIEN.

« Concernant le premier rapport, il faut dire que nous avons reçu des échos très favorables. Nous avons disséminé ce rapport dans le système de protection des droits humains des Nations Unis mais également celui de l’Union Africaine. Nous avons bien sûr reçu un retour à travers des messages de félicitation pour l’initiative prise. Nous ne comptons pas nous arrêter là ! », explique Eric-Aimé SEMIEN, Président de l’APDH.
Le titre du deuxième rapport de l’APDH en dit déjà long sur son contenu : Le Cahier de l’Horreur. Un cahier qui comme son nom l’indique mettra au grand jour les horreurs que vivent les populations au quotidien et qui ont pour noms viols, tortures, exécutions sommaires, brimades, spoliation de biens, perquisitions arbitraires…
Les enquêtes de terrains qui démarreront fin Novembre cibleront les zones du grand ouest que sont celles du Bas-Sassandra et celles de Taï, Soubré, Fresco, Grand-Lahou, Blolékin, Toulepleu où des cas graves de violation des droits de l’homme sont fréquemment signalées.
Le Cahier de l’Horreur sera de nouveau une pilule amère à avaler pour tous ces groupes d’auto-défense, bandes de chasseurs traditionnels et éléments incontrôlés des FRCI qui prennent un sordide plaisir à faire couler le sang !
Ce brûlot sera également un moyen d’indexer de nouveau le ‘’laxisme’’ des autorités administratives et militaires qui malgré les propos rassurants tenus devant les caméras ne font pratiquement rien sur le terrain pour véritablement améliorer la situation sécuritaire et rassurer les populations.
Personne comme sait si bien le faire l’APDH ne sera caressé dans le sens du poil.
«La Côte d’Ivoire n’est pas la chasse gardée d’un parti politique, d’un clan ou d’un gouvernement ! Les fils de la Côte d’Ivoire doivent travailler ensemble et se parler. Il est inconcevable que les FRCI (Forces Républicaines de Côte d’Ivboire) commettent des exactions au quotidien sans que personne n’ose lever le petit doigt. Ce sont nos parents qui meurent, ce sont nos frères, nos sœurs…POURQUOI ? », s’interroge Eric-Aimé SEMIEN.
Ni la situation sécuritaire, ni le climat militaro-politique ne permettent réellement de parler d’Etat de droit en Côte d’Ivoire. L’APDH dénonce le fait qu’il n’y ait pas de processus de DDR (Désarmement, Démobilisation, Réinsertion) fiable et clairement établi ; que les frontières, notamment celles de l’ouest soient encore poreuses et mal gardées mais surtout que sur la question de savoir ce qui s’est réellement passé à Taï, on puisse servir plusieurs explications aux Ivoiriens !
Le Cahier de l’Horreur de l’APDH ira aussi en guerre contre la déformation des faits que les Ivoiriens vivent chaque jour. L’ONG de défense des droits de l’homme s’offusque qu’il y ait un décalage criard entre les témoignages des populations et les images relayées par les médias à capitaux publics.
« Il y a des gens qui meurent au quotidien dans ce pays et ‘’on’’ veut nous faire croire le contraire : nous ne pouvons pas l’accepter ! », a souligné Eric-Aimé SEMIEN.
Loin de parler de manipulation de l’information, l’APDH estime que les Ivoiriens, vu les moments difficiles qu’ils ont traversé, ont droit à un minimum de vérité.
SUY Kahofi
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