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Et voilà Ouattara qui remet ça, pour un autre voyage aux Usa, depuis lundi ! Au risque de courir jusqu’à s’étourdir. Au cours de cette autre visite programmée, après celle de juillet dernier, Ouattara devrait renouveler sa courbette devant ses amis du Fmi et de la Banque mondiale. Des amis qui, la semaine dernière, n’ont pas été tendres avec son régime lors de la mission conjointe qu’ils ont effectuée à Abidjan. Il veut leur demander, d’après des sources proches de la présidence, de reconsidérer la mauvaise note qu’ils lui ont attribuée quant aux conditions qu’il doit remplir pour espérer recevoir des miettes pour lesquelles, en d’autres temps, la Côte d’Ivoire n’aurait pas eu besoin d’aller s’humilier tous les mois à Washington et à New York. On sait que les promesses qui lui ont été faites sont liées à la réussite des prochaines élections législatives qui auront peut-être lieu en décembre 2011.

La Banque mondiale va «étudier» la possibilité d’une aide sur cinq années de 300 milliards, «sous réserve». La question est suspendue au bout du scrutin législatif. Quant au Fmi, il «envisage» le décaissement de 100 milliards. L’accord de principe est certes acquis, mais «beaucoup reste à faire», rectifient les responsables du Fonds.
La pression monte
Des petites nuances qui traduisent en fait un refus poli de la part des Occidentaux, les Usa en tête, qui se débattent eux-mêmes actuellement au milieu de leurs énormes dettes et de bien d’autres difficultés financières entraînées par les campagnes militaires budgétivores à travers le monde, les rébellions et les coups d’Etat coûteux en Afrique. Or, on sait qu’entre les accords et les décaissements de façon concrète, une aide des institutions de Brettons Wood peut ne jamais arriver. Au demeurant, où irait Ouattara (qui attend 13.000 milliards) avec 400 milliards de Fcfa sur 5 ans, là où les 250 milliards de prêt octroyés par la France ont à peine permis de payer laborieusement les salaires des fonctionnaires sur quelques mois? Autant dire que la pression s’accroit sur le régime en place qui ne peut plus, hélas, attendre grandchose de l’Elysée en ce qui concerne la mise à disposition de fonds, dans le contexte actuel de crise économique généralisée en Europe.
Le dictateur d’Abidjan avait donc fondé beaucoup d’espoir sur la dernière visite des argentiers du monde à Abidjan. Il espérerait, nous a-t-on confié que les choses iraient “plus vite”.
Les Européens: «Le régime Ouattara commence à nous fatiguer»
Malheureusement pour lui, le pouvoir doit d’abord remplir une kyrielle de conditions liées à la sécurité, à la Justice, à l’environnement des affaires et surtout à des élections dont la date exacte et les contours restent flous. Au moment où il a de plus en plus besoin d’argent, ne serait-ce que juste pour expédier les affaires courantes. Ce à quoi Ouattara, toujours entre deux avions pour aller tendre la main, est réduit depuis son arrivée à la suite du coup d’Etat opéré par l’Armée française le 11 avril 2011 contre Laurent Gbagbo. Ouattara devrait, lors de son séjour aux «states», implorer la clémence des bailleurs de fonds pour un «assouplissement des conditionnalités» qui lui sont imposées.
Il souhaite que les premiers décaissements ne soient pas subordonnés aux législatives pour lesquelles, justement, il recherche près de 10 milliards de Fcfa. Mais, à vrai dire, le régime Abidjan, en se comportant comme un eternel assisté, «commence à fatiguer tout le monde avec ses sollicitations sans fin», s’irrite-t-on dans les milieux diplomatiques. Et il y a peu de chances que les Européens, à court d’argent eux-mêmes, entendent les «pleurs» de Ouattara. Beaucoup ne comprennent pas que la stratégie de développement de Ouattara repose uniquement sur l’aide internationale.
Au regard des énormes potentialités de la Côte d’Ivoire. «C’est à croire que les autorités d’Abidjan considèrent le Fmi, la Banque mondiale et les autres bailleurs de fonds comme les caisses de l’Etat ivoirien», ironise-t-on à ce sujet. La vérité est que derrière la vitrine présentée par le dictateur d’Abidjan au monde, la Côte d’Ivoire traverse d’énormes difficultés devant lesquelles le pouvoir ne peut rien. Aussi Ouattara demande-t-il à ses amis et alliés de l’aider en lui donnant le minimum pour terminer l’année 2011. Mais ceux-ci lui ont déjà fait remarquer qu’il gagnerait à réunifier le pays pour réhabiliter les régies financières, afin de rassembler par luimême l’essentiel des fonds dont il a besoin. D’où ses récents démêlées avec Soro et les ex-rebelles qui refusent de céder sans délais les recettes financières de l’Etat qu’ils ont confisquées depuis 2002. Piégé par le chaos qu’il a installé en Côte d’Ivoire pour accéder au pouvoir par la force, Ouattara est donc obligé de courir à perdre haleine à travers le monde pour demander l’aumône partout. Mais en réalité, il ne brasse que du vent. Il n’a pas la «solution» pour déclencher les pluies de milliards qui devraient sauver son régime du naufrage.
Ouattara tourne en rond. Et avec lui l’économie ivoirienne qui va à vau-l’eau.
K. Kouassi Maurice
Source: Le Temps/infodabidjan
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