Par Tahar FATTANI – Samedi 10 Septembre 2011 
Un consensus a été trouvé pour dire que la sécurité et le développement dans le Sahel sont l’affaire des pays de la région.
La clôture de la Conférence internationale d’Alger sur la lutte antiterroriste a été sanctionnée par une dizaine de résolutions d’une «importance capitale».

Le Conseil national de transition est responsable de la circulation incontrôlée et anarchique des armes en provenance de Libye. C’est le constat que les pays du Sahel partagent avec leurs partenaires extrarégionaux. Pour l’Algérie, les nouvelles autorités libyennes sont appelées à faire de cette question une priorité.
«La récupération des armes est une responsabilité des nouvelles autorités libyennes qui, nous souhaitons, prendra en charge cette question», a souligné Abdelkader Messahel, ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, lors d’une conférence de presse animée à l’issue des travaux de la Conférence sur la lutte contre le terrorisme. Le ministre algérien, qui s’exprimait également au nom des pays du champ vu la présence des ministres des Affaires étrangères du Mali et du Niger à la conférence, souhaite que cette question soit inscrite parmi les priorités du CNT.
«La circulation illégale des armes et leur récupération devraient figurer parmi les priorités des nouvelles autorités libyennes», a-t-il dit. Cette position n’est pas celle de l’Algérie seule, elle est partagée par l’ensemble les partenaires des pays concernés. «Les partenaires ayant pris part à la Conférence d’Alger, notamment ceux concernés par la situation en Libye, ont affiché un intérêt particulier à cette question et souligné l’importance qu’elle revêt», a ajouté le ministre.
Même son de cloche chez les Américains. Le général Carter Ham, Haut commandant des forces américaines pour l’Afrique (Africom) n’est pas allé par les trente-six chemins pour faire endosser la responsabilité du contrôle des armes au CNT. Il a exprimé, quant à lui, la préoccupation de son pays du fait de la «prolifération» des armes en provenance de ce pays. «Les Etats-Unis et la plupart des autres pays ont été très clairs sur le fait que le contrôle des armes libyennes est sous l’entière responsabilité du Conseil national de transition», a-t-il déclaré jeudi à Alger.
La France voit, de son côté, la nécessité d’aider le CNT à récupérer les armes utilisées par «les rebelles». «Le risque de voir ces armes tomber entre les mains indésirables, c’est effectivement un problème qui mérite d’être suivi de près. Nous devons travailler étroitement avec le CNT sur la récupération de ces armes», a déclaré par la même occasion, André Parent, conseiller diplomatique adjoint du président français, Nicolas Sarkozy.
L’Union européenne a, pour sa part, exhorté les nouvelles autorités libyennes à mener «très vite des opérations de récupération d’armes et de réintégration des mercenaires», et ce, avec l’aide de tous les partenaires et les pays de la région. En ce qui concerne la Conférence d’Alger, M.Messahel a déclaré que cette réunion a permis aux pays du champ de montrer à leurs partenaires extrarégionaux qu’ils possédaient une vraie stratégie et une vision unifiée dans la lutte contre le terrorisme.
Le ministre algérien a fait savoir qu’un consensus a été trouvé pour dire que la sécurité et le développement dans le Sahel est l’affaire des pays de la région, sans écarter, toutefois, la nécessité de travailler en partenariat avec les puissances extrarégionales. Et d’affirmer que les pays du champ et leurs partenaires ont décelé une dynamique d’union, d’action, l’existence d’une certaine synergie.
L’autre point soulevé par le ministre et qui figure parmi les résolutions sanctionnant les travaux de cette conférence est le fait que la thématique de la conférence portant sur la triple menace: terrorisme, crime organisé et pauvreté dans le Sahel, a suscité un intérêt particulier des participants. Les travaux de la conférence ont constitué une occasion pour identifier le contenu du partenariat entre les pays du champ et leurs partenaires ainsi que les moyens de tarissement des ressources financières des groupes terroristes activant dans le Sahel.
Les participants se sont entendus sur la participation des partenaires extrarégionaux en assurant la formation dans le domaine militaire, l’assistance technique et les échanges d’information et de renseignement.
Le communiqué sanctionnant cette conférence a condamné toute sorte de financement des terroristes. Il s’agit, notamment, du paiement des rançons et l’interconnexion avec les trafiquants de drogues et d’armes. Les pays du champ ont réitéré leur appel à une application rigoureuse des résolutions de l’ONU qui criminalisent le paiement des rançons.
Source : lexpressiondz
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