« Je quitte parce que je vois clairement que vous avez tourné définitivement un chapitre de votre histoire. La crise qui a commencé pour certain avec la mort de Félix Houphouet Boigny, pour d’autres le coup d’Etat de 1999 est finie maintenant…Mon rôle est terminé », soutient Joung-Jin Choi. Le passage du représentant spécial sortant du secrétaire général de l’Onu au quotidien « Fraternité Matin » aura vraiment été riche en révélations. La plus importante concerne la mission secrète qui a conduit le diplomate sud-coréen sur les bords de la lagune Ebrié. Sans certainement s’en rendre compte, Choi a trahi son subconscient en révélant la face cachée de sa mission. 
A savoir qu’il avait un objectif principal a lui fixé par ses mandants : installer Alassane Dramane Ouattara à la tête de la Côte d’ivoire par tous les moyens. Ceux qui savent lire entre les lignes ont bien compris que la Côte d’ivoire était en crise parce que la mort d’Houphouët en 1993 et le coup d’Etat contre le régime de Bédié en décembre 1999 n’ont pas abouti à l’installation de Ouattara au pouvoir. Une crise entretenue par la France à travers de nombreux complots dont le coup d’Etat avorté de septembre 2002 mué en rébellion armée. Depuis le 11 avril 2011, grâce à l’intervention directe de l’armée française soutenue par les forces onusiennes sous le commandement de Choi, Alassane Dramane Ouattara est enfin installé au pouvoir. Dès lors, la Françafrique peut décréter la fin de la crise. C’est donc tout naturellement que Choi, profondément satisfait d’avoir accompli sa mission, exulte. 
Il peut se targuer d’avoir réussi là ou plusieurs autres mercenaires de l’Onu, chargés de la même besogne, ont échoué. Il se considère même comme un « héros ». Les 3000 Ivoiriens morts durant cette guerre postélectorale ne représentent rien aux yeux de Choi face aux enjeux économiques de la recolonisation de la Côte d’ivoire qui s’ouvre avec le régime Ouattara. Il n’aura aucun compte à rendre à qui que ce soit après avoir utilisé des armes lourdes contre des populations civiles dont le seul tort aura été de s’opposer aux appétits impérialistes de la France. Choi ne sera pas poursuivi par la Cour pénale internationale (Cpi) pour avoir bombardé la résidence d’un chef d’Etat africain élu par ses concitoyens et dont l’élection a été consacrée par le conseil constitutionnel, seule institution de son pays habilitée à le faire. L’essentiel, c’est que la volonté des grandes puissances a été accomplie. Young-Jin Choi peut donc terminé sa mission en Côte d’ivoire et aller se reposer dans ses montagnes de la Corée du sud en attendant d’avoir une autre occasion de monnayer son « grand talent » de guerrier doublé de fieffé menteur.
Jean Khalil Sella
Source : Notrevoie
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