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CÔTE D’IVOIRE: ELECTIONS LÉGISLATIVES, DÉTENTIONS ARBITRAIRES, VOICI LA POSITION OFFICIELLE DU FPI

CÔTE D’IVOIRE: ELECTIONS LÉGISLATIVES, DÉTENTIONS ARBITRAIRES, VOICI LA POSITION OFFICIELLE DU FPI

COMMUNIQUE FINAL DU COMITE CENTRAL EXTRAORDINAIRE DU FPI
Samedi 03 septembre 2011 au siège du CNRD
Sur convocation du Président intérimaire du FPI, le camarade MIAKA Ouretto, le Comité Central du dit Parti s’est réuni en session extraordinaire le samedi 03 septembre 2011 au siège du CNRD à Cocody cité des arts, de 10h à 13h.
Cette session était élargie aux membres du Comité de contrôle, aux secrétaires généraux de fédération, aux bureaux des structures spécialisées et à la conférence des coordinations.

Les points examinés concernent la réconciliation nationale, la sécurité et les élections.
Le Secrétaire Général a d’abord informé le Comité Central des activités menées depuis la mise en place de la direction intérimaire notamment les séances de travail et les rencontres avec les représentants de la communauté internationale (UA, ONUCI, UE, Ambassade de Russie), le PIT et les autres organisations membres du CNRD.
Par ailleurs, il a porté à la connaissance du Comité Central les démarches en cours en direction des autorités ivoiriennes notamment le Chef de l’État en vue des échanges républicains sur les préoccupations majeures du FPI.
Le Comité Central a été particulièrement informé de la situation judiciaire de toutes les personnes incarcérées et inculpées dont le président Laurent GBAGBO, le Premier Ministre AKE Ngbo et leurs collaborateurs ainsi que le président du Parti, Pascal AFFI NGUESSAN, le premier vice-président SANGARE Abou Drahamane, la deuxième vice-présidente Simone EHIVET-GBAGBO et les autres cadres du FPI et de LPM.
Le Comité Central a pris note de l’organisation en cours pour l’assistance judicaire des camarades inculpés ou objet de mandats d’arrêt internationaux.
Enfin, le Comité central a entendu le rapport sur le suivi de l’action gouvernementale portant sur quatre (4) mois de gouvernance du Chef de l’Etat Alassane OUATTARA, gouvernance caractérisée par des décisions relatives à l’école où la liberté syndicale est interdite, les tenues scolaires sont obligatoires dans l’enseignement élémentaire et secondaire, un décalage inconsidéré s’observe entre la fin des cours et l’organisation des examens dans certaines zones du pays, ce qui prépare un échec massif , la fermeture des Universités de Cocody et d’Adjamé-Abobo faisant planer le spectre de l’année blanche; les décisions portent également sur la répression qui sévit dans l’Administration ; les casses, les démolitions de commerces et la cherté de la vie.
Le FPI assure les victimes de ces casses et démolitions qu’il est sensible à leur cri de douleur face à cette opération organisée et conduite de façon brutale, sans sensibilisation préalable et sans mesures d’accompagnement. Il rendra publique très bientôt sa position sur cette question qui accroît le chômage et l’insécurité.
Au total, le Comité Central marque sa satisfaction par rapport aux actions menées par la Direction intérimaire et l’invite à approfondir les démarches conformément aux priorités actuelles qui sont : la réconciliation nationale, la sécurité et les élections, tout en accordant plus d’attention à la libération de tous les détenus (civils et militaires), au retour des exilés et des déplacés.
Le Comité Central a longuement analysé les principaux points, objet de la rencontre sur la base d’un texte de synthèse proposé par le Secrétariat Général. Ce texte a été enrichi par les contributions de la coordination FPI en exil, des représentations FPI Europe et FPI USA.
S’agissant de la réconciliation nationale, le Comité Central réaffirme que le FPI marque sa totale adhésion à ce processus. Il charge la Direction d’œuvrer inlassablement à la réalisation de cet objectif prioritaire pour la Côte d’Ivoire.
Dès lors, le Comité central invite tous les Ivoiriens à faire montre de courage et de clairvoyance politiques afin de travailler dans le sens du rassemblement autour de l’idéal de réconciliation. A cet égard, la réconciliation ne saurait s’accommoder de triomphalisme ni de décision d’autosatisfaction, car en vérité, il ne saurait exister un camp des seuls coupables contre celui des seules victimes.
Au plan sécuritaire, le Comité Central précise que le seul cadre consensuel de l’avènement de la nouvelle armée demeure l’Accord Politique de Ouagadougou (APO). Il urge de réactiver le Cadre Permanent de Concertation (CPC) afin d’évaluer les mesures idoines à prendre, excluant tout acte unilatéral de mise en place d’une armée dans laquelle la population ivoirienne ne se reconnaitra pas.
Le Comité Central réaffirme que l’APO étant toujours en vigueur, le mandat du facilitateur et son représentant court toujours. Il convient donc d’inscrire la réunification, la conceptualisation et la mise en place de la nouvelle armée dans le cadre strict de cet accord afin de mieux réconcilier les soldats qui se sont affrontés sur le champ de bataille.
Pour le Comité Central, il est impérieux que les nouvelles autorités restaurent la sécurité publique en réhabilitant la police et la Gendarmerie dans leur mission de sécurisation des citoyens, libèrent les centres urbains et ruraux de la présence des hommes en arme.
Le Comité Central déclare que le FPI demeure attaché à l’accession au pouvoir d’Etat par les urnes ; aussi, pour les prochaines élections, entend-il assumer sa participation dans un jeu électoral sécurisé et transparent.
A cet effet, le Comité Central exhorte la Direction du Parti à recourir à toute voie diplomatique (interne et externe) pour obtenir les conditions d’un scrutin crédible, apaisé et transparent.
Le Comité Central exhorte le Secrétariat Général à accorder la priorité à la réconciliation nationale, à la sécurité, à la bonne organisation des élections et à la libération des prisonniers, tout en demeurant vigilant et réactif sur les actes de gouvernance des nouvelles autorités.
Le Comité Central invite également les militants, les dirigeants et les structures du Parti à demeurer solidaires pour le triomphe des idéaux du FPI et à partager cette solidarité avec les autres structures membres du CNRD/LMP et avec toutes les couches sociales de la Nation.
Pour terminer, le Comité Central félicite la Direction intérimaire pour la perspicacité avec laquelle elle conduit la lutte en cette période délicate de l’histoire du FPI, l’assure de son soutien militant et l’encourage à garder le cap en vue de la libération du Président Laurent GBAGBO et des autres détenus.
Fait à Abidjan le 03 septembre 2011
Le Comité Central
Bien avant cette réunion du comité centrale, la coordination des cadres du FPI en exile a fait savoir sa position officielle, la voici:
AU CAMARADE MIAKA OURETO PRESIDENT PAR INTERIM DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN
A L’ATTENTION DU COMITE CENTRAL DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN DU 03 SEPTEMBRE2011
CAMARADES MEMBRES DU COMITE CENTRAL
INTRODUCTION
La coordination FPI en exil tient d’abord à saluer les camarades membres du comité central de notre grand parti le FPI et demande une minute de silence pour tous les ivoiriens qui sont morts et qui continuent de mourir sous les balles des rebelles qui sèment la désolation et le chaos depuis le 19 septembre 2002
Chers camarades, ayons une pensée profonde pour les camarades qui sont emprisonnés dans les camps de déportation de Mr OUATTARA dont le Président Laurent GBAGBO, le camarade Pascal AFFI N’GUESSAN Président de notre grand parti, les vices présidents, ABOUDRAHAMANE SANGARE, Simonne EHIVET GBAGBO, le premier Ministre Gilbert AKE NGBO, les membres du gouvernement, tous les responsables du FPI, et les vaillants militaires, gendarmes et policiers sans oublier tous les militants et sympathisants de notre grand parti.
Chers camarades une fois de plus, et avec le même bourreau, Laurent Gbagbo se retrouve en prison avec sa femme, son fils Michel Gbagbo et ses camarades comme en 1992.
Nous voudrions féliciter les camarades du comité central et au-delà tous les militants du FPI pour leur résistance courageuse et leur lucidité face la répression barbare. C’est grâce à eux que le parti a pu garder une ligne de combat malgré cet environnement fascisant.
Il est utile, avant de nous prononcer sur les points d’ordre du jour de rappeler que Laurent GBAGBO a gagné les élections de 2010 ; il est le Président légitime et légal de la République de Côte d’Ivoire ; il a été arrêté et séquestré après un coup d’Etat dirigé par le gouvernement français, assisté de l’ONUCI au profit de Ouattara. Les conséquences immédiates de ce coup d’Etat historique sont la dislocation des forces de défense et de sécurité, de l’Etat et de la nation.
C’est dans ce contexte de règne de l’insécurité et d’arbitraire, de non droit et d’absence de démocratie que nous sommes appelés à nous prononcer sur les questions de sécurité, des élections législatives et de la réconciliation
SUR LE PLAN SECURITAIRE
La guerre s’est soldée par la destruction de tout l’armement de l’armée régulière et la mise à l’écart ou l’arrestation des agents des forces de défense et de sécurité du pays restés fidèles à la république incarnée par le Président GBAGBO, remplacées par les forces rebelles rebaptisées FRCI (Forces Républicaines de Côte d’Ivoire), créées par une ordonnance d’Alassane Ouattara prise le 17 mars 2010. Les commissariats, les brigades de gendarmerie, ainsi que les camps militaires restent pour l’essentiel encore occupés par les FRCI. Il est à noter que les FRCI intègrent en leur sein des éléments disparates enrôlés à travers le pays et à Abidjan ; généralement des personnes désœuvrées, des délinquants et des criminels libérés des prisons au cours de l’offensive des forces pro-Ouattara (composées de rebelles, de mercenaires, principalement libériens, sierra léonais, sénégalais, burkinabés, nigérians, appuyées par les forces françaises et onusiennes).
La dislocation de l’Etat ivoirien observée depuis la rébellion s‘est accélérée. L’organisation en zones de la partie centre nord ouest (CNO) de la Côte d’Ivoire depuis la rébellion ayant permis la fraude massive lors des élections présidentielles par le RDR pour éjecter le FPI et le PDCI de ces zones, s’est généralisée à toute l’étendue du territoire. On assiste à l’irruption d’hommes en armes, sans aucune formation, dans la vie quotidienne des ivoiriens. Cela se traduit par des exactions, des pillages et tueries ciblées, qui continuent encore aujourd’hui. C’est le règne de l’arbitraire et de la force brutale des armes.
La question sécuritaire ne peut donc être réglée que par la libération de Laurent GBAGBO, le vrai désarmement et la mise en place d’une armée professionnelle et non tribale.
SUR LES ELECTIONS LEGISLATIVES
Il est bon de rappeler que l’organisation de toute élection en Côte d’Ivoire aujourd’hui suppose que les conditions minimales suivantes soient réalisées.
Les conditions sécuritaires : par la force des rebelles concentrés au centre et au nord, Mr OUATTARA s’est assuré un monopole politique dans cette zone en excluant le FPI et le PDCI. Par la force de la licorne et de l’onuci, le contentieux électoral des élections présidentielles de novembre 2010 a été réglé par un coup de force suivi d’arrestations et de séquestrations. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la présence des rebelles sur toute l’étendue du territoire provoquera les mêmes résultats au profit du RDR comme cela s’est produit dans le nord lors des élections présidentielles; et en cas de contentieux électoral, les forces licornes et onusiennes seront actionnées pour imposer les candidats de leur préférence après certification. Dans ces conditions, il est exclu d’aller aux élections sans le désarmement des rebelles, le départ de l’onuci et des forces licornes et sans le retour des professionnels de la défense et de la sécurité sur toute l’étendue du territoire.
Les conditions liées à l’organisation des élections : dans presque toutes les régions du pays les populations ont été dispersées ou contraintes à l’exil (intérieur comme extérieur). Le cas de l’ouest du pays avec plus de 300 000 refugiés au Libéria est bien connu. Celles qui sont restées en place ne peuvent revenir dans leurs villages ou localités de résidence par crainte des exactions des FRCI. Ainsi, les élections ne peuvent se tenir sans le retour de toutes ces populations. Au niveau des organes chargés des élections, la commission électorale supposée être indépendante ne l’est pas au vue de sa composition actuelle (sur 31 membres seulement 2 seraient du FPI et tous les autres membres étant du RHDP et de ses alliés y compris des structures fantômes telles que le MPCI, le MJP et le MPIGO). Sans compter que le fait que le RDR occupe la Présidence de la république et donc nomme indirectement les représentants des ministères membres de la commission, accentue le déséquilibre de la commission. La commission électorale doit devenir véritablement indépendante et consensuelle.
Au surplus la non résolution du contentieux électoral au niveau de la présidentielle constitue une question préjudicielle dont la réponse conditionne l’organisation de toute autre élection. De surcroit rien ne nous met à l’abri d’un traitement similaire pour d’éventuels contentieux aux élections législatives.
En tout état de cause, Le FPI ne devra pas participer à des élections législatives organisées sans la réalisation des conditions présentées ci-dessus. Des législatives qui se tiendraient dans les conditions actuelles seront considérées par le FPI comme illégitimes.
SUR LA RECONCILIATION
Après l’arrestation et la séquestration du Président Laurent GBAGBO, un pouvoir ethno-génocidaire est mis en place sous la direction de Mr Alassane Dramane OUATTARA. Tous les partisans du Président Laurent GBAGBO sont ainsi contraints à l’allégeance, au silence, à l’exil ou à la prison.
La question essentielle à ce niveau est de savoir entre quelles parties se fait la réconciliation. Qui se réconcilient avec qui ? La crise et la guerre ont opposé deux camps et le contentieux électoral a opposé Gbagbo et Ouattara. La réconciliation doit intervenir avant tout entre ces deux camps avec les deux principaux protagonistes.
Ce processus ne peut se dérouler qu’entre les grands sachants des deux camps, qui détiennent l’essentiel de la vérité. Du côté de La Majorité Présidentielle (LMP), le plus grand sachant est Laurent Gbagbo. Sa vérité ne peut être exprimée qu’en étant libre. Et toute la vérité du côté LMP ne peut être exprimée que par tous les collaborateurs du Président Gbagbo, qui pour certains, sont en prison ou en exil.
La libération du Président Laurent GBAGBO et de tous les prisonniers politiques, la restauration de la sécurité et des libertés démocratiques sont les conditions pour une véritable réconciliation, qui devra trancher les questions essentielles de la vérité électorale, des raisons profondes des différents coups d’Etat, dont celui de septembre 2002 et l’attaque d’avril 2011.
CONCLUSION
Le FPI doit rester toujours fidèle à sa ligne de lutte pacifique. Il doit demeurer ferme sur sa conviction de l’accession au pouvoir par les élections. Nous devons condamner par conséquent la prise du pouvoir par la force armée ;
Nous devons continuer de dire qu’Alassane Ouattara n’est pas le vainqueur des élections de novembre 2010. Un recomptage des voix, comme préconisé par le Président Gbagbo, aurait vidé le contentieux électoral et établi définitivement la vérité électorale en Côte d’Ivoire. Au lieu de cela, Alassane Ouattara a été imposé à la tête de la Côte d’Ivoire par un coup de force orchestré par la France. Le Président Gbagbo n’a pas perdu les élections, il a été évincé du pouvoir par la guerre ;
Pour assurer la sécurité, organiser la réconciliation et les élections législatives, la coordination FPI en exil recommande au comité central de :
-demander la libération sans condition du Président Laurent Gbagbo, de la camarade Simone Ehivet-Gbagbo, député, présidente du groupe parlementaire FPI, du camarade Pascal Affi N’guessan, président du FPI, du camarade Aboudrahamane Sangaré, vice-président, du premier ministre Gilbert Aké Ngbo et des membres du gouvernement, de tous les camarades du FPI, des camarades et sympathisants LMP, ainsi que de tous les éléments des forces de défense et de sécurité détenus arbitrairement ;
-exiger que la sécurité de chacune et de chacun en Côte d’Ivoire, ainsi que de leurs biens, soit assurée par des forces de défense et de sécurité véritablement républicaines, non partisanes et non ethniques ;
-demander la reprise des activités de l’Assemblée Nationale, le fonctionnement normal des tribunaux, l’égalité de tous les citoyens devant la loi, le fonctionnement normal et inclusif de l’administration. Il faut mettre immédiatement un terme à la chasse aux sorcières et au tribalisme affligeant pour revenir à des pratiques à même de consolider l’unité de la Nation. Pour nous, tous ces éléments permettront de rétablir les acquis démocratiques tels que projetés et mis en œuvre par Laurent Gbagbo durant sa longue carrière politique et auxquels les ivoiriens sont attachés.
Fait à Accra le 31 août 2011
Pour la Coordination FPI en exil
Le Coordinateur Porte parole Dr. ASSOA ADOU
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