Vol aggravé, atteinte à l`économie nationale, détournement de deniers publics, pillage. Ce sont, aux dires de ses geôliers, les crimes qui justifient l’inculpation du président Laurent Gbagbo.
En dépliant ces « chefs d’accusation », on voit en filigrane la réquisition des agences de la Bceao sur le territoire ivoirien, la « nationalisation » de la Bicici et de la Sgbci, les embryons d’une monnaie ivoirienne, etc. Ça tout l’air d’une comédie. Un nombrilisme de mauvais aloi, qui, malheureusement, fait planer le péril sur le pays.

Laurent Gbagbo est mortel. En tant que tel, il est faillible. Même les Saints le sont. Mais dans un environnement économique désastreux, fait de fermetures « sauvages » d’établissements bancaires, de gel des avoirs de la Côte d’Ivoire aussi bien à la Bceao qu’au trésor français, de la non desserte des ports ivoiriens par les navires de l’Union européenne, amenuisant les recettes de l’Etat, le président s’est démené pour assurer les salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat.
Face aux manœuvres tendant à asphyxier le pays, il n’a eu d’autres choix que de résister. Loin de tout doute raisonnable, il ne saurait être responsable de crimes économiques. Si contre tout bon sens, on devrait l’envoyer à la potence, il aura à ses côtés, hélas, les fonctionnaires de Côte d’Ivoire. En tant que recéleurs d’objets volés.
Même les auteurs de cette aberration qui se joue sous nos yeux n’échapperont pas à l’autre tranchant de leur propre couteau. Bien qu’ayant « effacé » par ordonnance présidentielle les actes posés par Gbagbo entre le 1er décembre 2010 et le 11 avril 2011, date de l’arrestation de ce dernier, Ouattara n’a jamais eu le courage de remettre en cause les salaires versés aux fonctionnaires. S’il y a crimes économiques, Ouattara et son gouvernement pourraient en être des complices. A dire vrai, il est peu hygiénique, voire cynique, d’inculper le président Laurent Gbagbo pour des actes destinés au bien-être des populations ivoiriennes.
Surtout quand on sait que les com’zones dont Ouattara vient de faire la promotion dans l’armée, trônent, c’est un secret de polichinelle, sur des empires financiers à cause des trafics illicites de tous genres qu’ils ont organisés dans la partie Nord du pays. En dépit de la nouvelle donne politique, ce trafic illégal qui sèvre l’Etat de 40 milliards de Fcfa chaque mois se poursuit. Quand on fait l’aveugle sur ces crimes, le bon sens commande qu’on se garde de se fendre en accusations aussi puériles que grotesques contre Gbagbo, l’un des rares Présidents sous les tropiques qui a tourné le dos à l’enrichissement « insolent ».
Cette inculpation est non seulement malsaine, suicidaire pour Ouattara et ses sbires, mais surtout, elle inscrit la Côte d’Ivoire de Ouattara au rang des Républiques bananières. Les populations ivoiriennes, déjà éprouvées par une crise qui cannibalise chaque jour un peu plus leur portefeuille, n’ont pas besoin d’une justice des vainqueurs qui ne manquera pas de fissurer davantage le tissu social.
Tiré de la contribution de Tché Bi Tché
Par thruthway/lacotedivoirelavraie
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