On aura tout vu et tout entendu dans cette «nouvelle» Côte d’Ivoire. La mise en branle de la justice «des vainqueurs», aux yeux de nombre d’Ivoiriens, ne doit surtout pas être l’occasion pour l’administration Ouattara de tronquer la récente histoire de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, suivie de bout en bout par le monde entier. Et dont les traces numériques et vidéo sont encore disponibles sur internet. Ce n’est pas parce qu’une bonne partie des Ivoiriens est encore traumatisée ou bâillonnée que les «vainqueurs» vont tenter maladroitement de refaire l’histoire en gommant certains aspects qui les accablent au plus haut niveau.

Lors de sa récente conférence de presse «d’inculpations», jeudi dernier, le procureur de Ouattara, Simplice Kouadio, voulant justifier la cabale judiciaire dirigée uniquement contre le président Gbagbo et ses proches, a cru bon de réécrire le scénario des 11 et 12 avril derniers, dates de l’arrestation du président Gbagbo et de la mort du ministre Désiré Tagro. «Le ministre Désiré Tagro a trouvé la mort à la résidence du président de la République. Ce jour où il trouvait la mort, le principal champ de bataille à Abidjan, c’était le domicile du président de la République. Et comme c’est une personnalité de l’Etat, j’ai ouvert une information pour que le juge d’instruction cherche à savoir les causes de sa mort. At-il été capturé et abattu froidement ? At- il pris un coup malheureux parce qu’il se trouvait sur le champ de bataille ? Ou a-til été touché d’une manière ou d’une autre? », explique Simplice Kouadio sur un ton presque convaincu.
Seulement, il a dû malencontreusement oublier un détail capital. A savoir que les Ivoiriens et le monde entier ont vu, sur les télévisions étrangères, Désiré Tagro, la bouche éclatée et ensanglantée mais encore vivant, sortir de la résidence présidentielle en ruine et transporté par les Frci à l’Hôtel du Golf, à bord d’un véhicule à gyrophare du cortège présidentiel. Sur les vidéos et images répandues sur la toile, le ministre Tagro semble indiquer son bourreau et l’arme de son agression. C’est vraisemblablement avec une arme qu’on lui a défiguré la bouche, à voir le signe (les doigts en forme de pistolet qu’il pointe en direction de sa bouche, ndlr) qu’il faisait au moment où il était assis dans le véhicule qui le transportait au Golf. Le Secrétaire général du Pdci, Djédjé Mady, de la même région que Tagro, a donné une version sur la mort de «son» frère diamétralement opposée à celle du Procureur Simplice Kouadio. Lors de sa tournée, en juillet dernier, dans les cantons Yocolo et Zabouo (Issia), Djédjé Mady avait déclaré que le ministre Tagro était arrivé mal en point au Golf Hôtel (donc encore vivant) et transporté plus tard à la Pisam, où il a rendu l’âme le lendemain 12 avril dernier. La version de Djédjé Mady corrobore celle donnée par les nouvelles autorités après la mort du ministre Tagro. D’où vient-il que le procureur nommé par Ouattara s’est construit un autre scénario sur la mort du Secrétaire général de la présidence sous Gbagbo. Si ce n’est dans sa tentative désespérée de «blanchir» ses éternels «sauveurs», les Frci (Forces pro-ouattara).
Source: Le nouveau courrier
Par thruthway/lacotedivoirelavraie
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