Lu pour vous dans la presse pro-ouattara
Trois officiers français avaient été interpellés samedi 20 août dernier avant d’être remis en liberté. Une interpellation qui s’apparente à un enlèvement. Laurent Alvès, ancien adjudant de la légion étrangère, Jean Grégoire Charaux, colonel à la retraite de la gendarmerie française, Jean-Marie Fontaine, lui aussi colonel de gendarmerie à la retraite et son chauffeur, sont mis aux arrêts par des éléments du commandant Issiaka Ouattara alias Wattao dans une caserne de Zone 3, près du restaurant Rallye. Quelque temps après, ils sont remis en liberté par leurs ravisseurs après des pressions exercées par l’ambassade de France et la présidence de la République.

Mais entre-temps, les officiers français disent avoir été dépouillés d’une importante somme d’argent, comme l’atteste la plainte que l’un d’eux a déposé auprès de la première légion de gendarmerie départementale d’Abidjan pour « enlèvement », « séquestration », « mauvais traitement » et « vol de numéraire ». Plusieurs jours après, l’affaire continue de susciter la polémique. De sources proches du dossier, ce sont exactement 41 000 dollars soit plus de 24 millions de Fcfa qui ont été soutirés à l’un des officiers français. L’enquête, rapportent nos sources, a été bouclée et transmise aux autorités compétentes. Toutes les personnes impliquées dans l’affaire auraient été entendues afin que la lumière soit faite sur ces millions dont les soldats français ont été délestés.
Des premiers faits rapportés, il ressort que les officiers français à la retraite avaient été interpellés suite à une dénonciation calomnieuse, comme l’attestent certains témoignages, pour atteinte à la sûreté de l’Etat. Leur tort, être proche d’un autre officier français à la retraite, Frédéric Lafont, connu pour être un patron de deux sociétés de sécurité privée( Risk et Vision) à Abidjan. Celui-ci serait lié aux dirigeants de l’ancien régime, aussi les officiers momentanément interpellés le week-end dernier étaient-ils soupçonnés de vouloir déstabiliser le régime Ouattara.

Selon nos sources, les officiers interpellés sont effectivement des proches de Frédéric Lafont, lequel les a recrutés et envoyés en mission en Côte d’Ivoire. L’adjudant Laurent Alvès et le colonel Fontaine ont été recrutés pour diriger Vision et Risk, car Lafont s’est absenté provisoirement du pays pour gérer certaines de ses activités à l’étranger. Opérateur économique, Lafont exerce dans le transport aérien où il a monté la compagnie Sofia Airlines mais aussi dans la restauration et l’hôtellerie avec ses restaurants « Le Mont Blanc » et « Stade de France » .

Cet ancien pensionnaire du 43e Bima de Port-Bouët a en effet choisi de revenir investir en Côte d’Ivoire après avoir pris sa retraite. En bisbille avec certains de ses associés et ex-employés, il a réussi à maintenir son business. C’était donc pour remettre de l’ordre dans ses affaires qu’il a effectué un recrutement pour restructurer ses entreprises. Ce sont les 41 000 dollars destinés à cela qui ont disparu, comme l’atteste l’enquête préliminaire de la gendarmerie. Mais, Lafont n’est pas qu’homme d’affaires.

Au plus fort des récentes violences post-électorales, sa société de gardiennage a aidé plus d’une personnalité à se mettre à l’abri des effets collatéraux. Il y a sept ans, quand éclataient les événements de novembre 2004, il avait volé au secours de personnes en situation délicate. Plus récemment, à la faveur de la campagne électorale pour la présidentielle, c’est à bord de l’un de ses avions, peint pour la circonstance aux couleurs du Rdr, que la candidat Ouattara allait de ville en ville. C’est cet Ivoiro-français (il est marié à une Ivoirienne), qui avait été épinglé par l’Union européenne avant d’être retiré de la liste des personnalités dont les avoirs devaient être gelés.

C’est lui qui a mis en mission les colonels Grégoire Charaux et Jean-Marie Fontaine. Officier de gendarmerie, Charaux était, selon nos sources, instructeur à l’école de gendarmerie du temps où l’actuel chef de l’Etat était Premier ministre. Il a ainsi formé plusieurs officiers ivoiriens, dont l’actuel commandant supérieur de la gendarmerie, le colonel Gervais Kouakou et le général Nicolas Kouakou. Alors, les colonels Lafont et Charaux mêlés à une manœuvre déstabilisatrice ? Difficile de le croire. D’ailleurs, toujours selon nos sources, le ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, a appelé les infortunés pour leur présenter ses regrets.

Assane NIADA

Source: L’Inter du 25/12/2011

Par thruthway

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