Mais où sont passés les crimes de sang ? » Les Ivoiriens ont dû se poser cette question le vendredi matin devant les kiosques à journaux, car c’est ce qu’on attendait du procès tant annoncé du Président Gbagbo. Vu l’acharnement quasi quotidien de Ouattara et ses soutiens parisiens sur l’ex- locataire du palais présidentiel.
« Gbagbo sera poursuivi pour crime contre l’humanité» C’est la chanson officielle trèsà la mode au Golf hôtel et à Paris. Et Ouattara s’y adonnait à la grande satisfaction de ceux qui lui ont offert les portes du palais au point où la Cpi a été jetée dans la danse avec son vice-Procureur Mme Coulibaly. Elle est de ce fait venue à Abidjan à la demande de Ouattara sûr de la couverture parisienne. Elle était la bienvenue dans la capitale ivoirienne à la recherche des charges contre le Président Gbagbo. Comme le pouvoir et ses amis aiment bien se faire plaisir, son arrivée a été suivie d’un grand bruit. Le tout, pour montrer que le temps de «liquider » Gbagbo est arrivé. Au final, la visite semble avoir été un pétard mouillé. Plus clairement, un fiasco total pour tous ceux qui attendaient de pied fermes les preuves pour condamner le président ivoirien, Laurent Gbagbo.

Elle est donc repartie sur la pointe des pieds, sans tambours ni trompettes. Sûrement qu’elle s’est rendue à l’évidence que dans la crise ivoirienne, les crimes ne sont pas du côté où l’on les croit. Il y a Duékoué, avec ses crimes de masse commis par les hommes de Ouattara. Il y a aussi Abobo avec un groupe de tueurs baptisé « Commando invisible » par les hommes de Ouattara. La presse qui lui est proche relayait à souhait les hauts faits de ces tueurs encagoulés. Des policiers ont même été exécutés devant femmes et enfants. On se rappelle aussi du Fédéral Fpi de Madinani exécuté devant sa famille.
Dans la même commune d’Abobo le village d’Anonkoi Kouté a été brulé en pleine nuit par ce fameux Commando invisible. Le bilan a été lourd avec plusieurs morts. A cela, s’ajoute les massacres de Yopougon qui sont aussi le fait des hommes de Ouattara. « Nous avons fait ce qu’ils nous ont demandé. On nous a dit de pacifier Yopougon avant la cérémonie d’investiture. C’est ce que nous avons fait. Et au lieu de nous remercier, on tente de nous diaboliser » fait remarquer l’un de ses soldats postés dans la plus grande commune de la Côte d’Ivoire.
Tous ces crimes ont été dénoncés par les organisations de droit de l’Homme les plus sérieuses au monde. Ce sont des faits qui ne peuvent être niés dans cette crise postélectorale. La France qui a attaqué la Côte d’Ivoire veut par tous les moyens, faire passer la victime pour le bourreau. Comme elle a réussi à le faire au Rwanda. Paris tente de nier le fait que le régime Gbagbo a été attaqué, et il n’a fait que se défendre. Ce que ferait n’importe quel président au monde. Dans cette crise postélectorale, la France était bien en première ligne dans sa guerre contre la Côte d’Ivoire. Elle a participé directement aux combats dans la commune de Yopougon en y déployant chars et avions de combat. Car il fallait faire tomber le bastion de Gbagbo.
Evidemment, de telles preuves laissent pantois, même si pour vaincre le peuple ivoirien on veut par tous les moyens tordre le coup au droit. Et ça le Procureur nommé par Ouattara, Simplice Kouadio, très militant du Rhdp ne s’en cache pas à chacune de ses sorties. « Il n’est pas question de poursuivre les Frci qui nous ont libérés » lâchet-il. Pour lui les Frci peuvent commettre les pires crimes, ils ne risquent rien, parce qu’ils l’ont aidé à être là où il est aujourd’hui. Les organisations de défense des droits de l’Homme peuvent dénoncer leurs exactions, les Ivoiriens peuvent être terrorisés, le pouvoir restera indifférent. L’Ong Human Rights Watch fait donc bien d’évoquer une justice à double vitesse en Côte d’Ivoire.
Il apparait de plus en plus évident que le camp Ouattara risque d’être rattrapé par ses crimes. Mais la réalité est qu’il faut forcément condamner Gbagbo. Le Procureur commis à la tâche n’a trouvé mieux que des crimes économiques. Une manière de vouloir dépeindre en noir une carrière politique bâtie autour des valeurs morales. L’homme semble vouloir dire «voila votre Gbagbo qu’on disaitincorruptible. Il a détourné l’argent des Ivoiriens ».
Mais là aussi l’exercice sera très difficile, car il s’agit de Gbagbo l’homme qui a décidé de moraliser la vie politique ivoirienne. On voit que le Procureur aura beaucoup à faire car son patron Ouattara s’est déjà essayé à cet exercice très délicat. Il s’en est tiré avec les résultats qu’il n’attendaient pas. Après sa prise du pouvoir, il a fait venir ses amis du Fmi pour enquêter sur la gestion du président Gbagbo. La mission est partie de la Bceao au Trésor public, à la recherche de traces de détournements de Gbagbo comme il l’a fait croire à ses amis parisiens.
Le rapport qui est sorti est édifiant. L’argent sorti des caisses de la Bceao par le régime de Gbagbo est allé là où il devait être mis. Ce qui montre qu’il a été bien utilisé. Et ce rapport qui ne fait pas son affaire a été très vite rangé au placard, étant donné qu’il ne noircit pas son redoutable adversaire. L’autre mission envoyée en Europe à la recherche d’éventuels avoirs que Gbagbo aurait placés dans des banques n’a rien donné. En clair Gbagbo reste le seul Président de l’Afrique francophone qui ne dispose pas de compte à l’étranger. C’est même pour ça que la France lui a fait la guerre. On attend donc les preuves du Procureur.
Source : Guéhi Brence
Par thruthway
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