En moins de trois mois, Alassane OUATTARA a déjà montré sa capacité à ne pas tenir sa parole. De manière préoccupante.
«Vous pouvez me faire confiance. Je n’aurai pas deux bouches comme certains.
Je suis un homme de parole».
Lors de son investiture par le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le candidat Alassane Ouattara a insisté sur son supposé respect de la parole donnée. A l’épreuve du pouvoir aujourd’hui, il montre pourtant un autre visage.
Et les promesses non tenues, oubliées, effacées, se multiplient au compteur. Revue des premiers reniements de celui qui se préente comme le nouveau homme fort d’Abidjan.

Les nominations aux hautes fonctions administratives ne se font pas sous l’autorité de Bédié, comme promises.
La promesse était ahurissante, non conforme à l’idée que la Constitution donne du président de la République, et destinée uniquement à ceux qui y croient. Le Nouveau Courrier l’a dénoncée comme telle à l’époque, mais n’a pas été entendu par la majorité des militants du PDCI-RDA.
«Etre houphouétiste, c’est tenir ses engagements. La distribution des portefeuilles se fera de façon équitable et juste et cela se fera sous l’autorité de notre ainé le président
Bédié (…) Président, je serai sous votre autorité», disait Alassane Ouattara le 11 novembre 2010. Huit mois plus tard, le PDCI boude. Il s’estime lésé dans le partage des strapontins. Et objectivement, il l’est.
Jeune Afrique, qui a toujours nourride grandes sympathies pour ADO, affirme qu’il concentre dans ses mains l’essentiel des pouvoirs et qu’il est un «hyper-président
». La messe est dite.
Le gouvernement de 25 membres n’a jamais existé.
Lors du débat historique en vue du second tour de la présidentielle, Alassane
Ouattara a promis un gouvernement resserré de 25 ministres. Au final, il a formé un gouvernement pléthorique de 36 membres, avec des ministères «à doublons». Malgré l’absence de l’opposition dans l’attelage gouvernemental. Alors que le président Laurent Gbagbo, avait constitué un premier gouvernement de 23 membres !
Les femmes ne disposent pas de la représentation promise au gouvernement.
Dans ses «solutions» pour les femmes, ADO évoquait la rédaction d’une «proposition d’un projet de loi tendant vers la parité systématique Homme/Femme dans la vie politique et aux postes à responsabilité dans les administrations» et annonçait que, dans un premier temps, un quota «d’au moins 30% des postes» serait de rigueur. Malgré le caractère pléthorique de son gouvernement, les femmes n’occupent que cinq strapontins sur 36, soit 13,89% de l’effectif total. Loin des 30% promis donc. Fin du rêve.
Le prix du cacao bord champ n’est pas équivalent à la moitié du prix mondial
Dans son catalogue de «solutions», Alassane Ouattara promettait «l’instauration
d’un prix minimum garanti aux producteurs de café et de cacao qui ne sera jamais inférieur à la moitié du prix de vente international quelque soit la situation du marché».
Actuellement, le cours mondial du kilogramme de cacao est d’environ 3 dollars, soit à peu près 1 500 FCFA. Pourtant, bord champ, le kilogramme de cacao est acheté au producteur à un prix situé entre 250 FCFA (16,66% du prix mondial) et 500 FCFA (33,3% du prix mondial).
La plupart des fois, le prix bord champ est de 300 FCFA. La faute à qui ?
Principalement aux FRCI qui créent des prélèvements illégaux sur les cargaisons de cacao qui arrivent à San Pedro, prélèvements qui sont pris en compte par les exportateurs dans le prix accordé au paysan, qui se souvient amèrement qu’il était mieux rémunéré sous le «diable» Laurent Gbagbo.
Deux mois après la promesse de retour dans les casernes, les FRCI ne sont toujours pas rentrées dans les casernes.
C’était le 22 avril dernier. Alassane Ouattara, lors d’une rencontre avec les généraux, se montrait ferme. «Les unités de combat doivent regagner leurs casernes, l’ordre sera assuré par la police et la gendarmerie», disait-il. «En tant que commandant en chef de l’armée, je vous ordonne de renvoyer toutes les unités de combat dans leurs casernes et leurs bases d’origine, que ce soit dans le nord ou le sud du pays», ajoutait-il.
Deux mois plus tard, les « unités combattantes » des FRCI sont toujours dans les rues et dans les commissariats où elles en imposent aux policiers malgré leur absence totale de formation dans le domaine. Les soldats venus du nord sont toujours dans les quartiers d’Abidjan. Non rémunérés, ils se sont lancé dans une opération «pay you by yourself» en rançonnant les populations civiles.
Source : Autre presse.
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