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Ça y est. Après quatre mois de séquestration arbitraire, on a trouvé un motif…

Ça y est. Après quatre mois de séquestration arbitraire, on a trouvé un motif…

Gbagbo et sa femme (entre autres séquestrés) sont inculpés de « crimes économiques ». Avec tout ce qu’on annonçait et dénonçait comme monstruosités de leur part, on s’attendait à plus croustillant !
Mais non. Quatre mois sans rien trouver, puis enfin, lumière : « crimes économiques » !
On se souvient qu’il y a quatre mois, la Licorne et l’Onuci, appuyant les milices Frci de Ouattara, bombardaient Abidjan, faisant des centaines, voire des milliers de morts, principalement civils. Ça, en France du moins, on le sait moins, comme on sait moins que les dits bombardement ont visé jusqu’à l’hôpital de Koumassi (Le Canard enchaîné l’a pourtant signalé, mais les « grands médias » ont omis de reprendre l’info…).

Les dits bombardements suivaient les sanctions, inefficaces, sanctions allant jusqu’à l’embargo de l’UE sur les médicaments, inefficace aussi, tout comme la terreur des bombardements sur la ville, inefficace à faire plier Abidjan.

Les dites sanctions avaient valu la fermeture totalement arbitraire des banques, principalement françaises, en vue de priver les Ivoiriens de salaires — cela dans l’espoir, vain, qu’ils se soulèvent contre le pouvoir. Las !

Réplique du gouvernement Gbagbo : nationalisation des dites banques. Du coup les salaires étaient payés, ce qui contribue jusqu’aujourd’hui à faire regretter Gabgbo… Et qui a valu la grande colère guerrière de la « communauté internationale » sarko-ouattarienne d’alors et les bombardements.

Eh bien les « crimes économiques » qu’on nous annonce sont là ! C’est nouvelobs.com / AFP qui livre le scoop : les chefs d’accusation — « crimes économiques » — « visent notamment les attaques contre le secteur bancaire pendant la crise, au plus fort du bras de fer économique entre les camps Gbagbo et Ouattara, qui précéda la confrontation armée ».

On a bien lu ! Il s’agit bien de cela : « les attaques contre le secteur bancaire ». Or on sait de quoi il s’agit, si on se souvient des événements d’il y a quatre-cinq mois : de la nationalisation des banques ! (Je vais revenir sur le « notamment ».) Cocasse, à l’heure où le même Nouvel Obs interviewe l’économiste Marc Fiorentino qui explique que face à la crise actuelle, il faudrait « nationaliser les banques pour trois ou quatre ans » ! Gageons que le « spécialiste des marchés financiers » interviewé ne sera pas inculpé pour incitation à « crimes économiques »…

Face à ces « crimes économiques » de Gbagbo, les bombardements humanitaires franco-onusiens aboutissaient il y a quatre mois à la capture et à la séquestration de Gabgbo, et à l’installation au pouvoir de Ouattara, accompagnée des crimes massifs, qui continuent jusqu’aujourd’hui, dénoncés à présent par les Ong à commencer par Amnesty international. Le fait de signaler ces crimes — avant que le Nouvel Obs lui-même ne le fasse ! —, a valu il y a quelques mois la censure officielle de mon blog : pour « propos diffamatoires, notamment à l’égard d’Alassane Ouattara » (sic). Où l’on retrouve le « notamment », décidément fort prisé chez Nobs pour suggérer qu’il y aurait autre chose — autre chose que la nationalisation des banques aujourd’hui, quelqu’un d’autre que M. Ouattara hier (on suppose qu’il s’agit « notamment » de M. Sarkozy) lors de la dénonciation des exactions des Frci et des bombardements franco-onusiens qui les ont permises…

Aujourd’hui, il suffit de se renseigner, tout Abidjan regrette le temps de Gbagbo. Mais comment le savoir quand les journalistes non-ouattaristes sont emprisonnés à Abidjan sur des motifs inventés? Où l’on rejoint l’autre motif officiel de la censure de mon blog : « publication d’articles dans leur intégralité, sans respect des droits d’auteur ». Faux : les auteurs en question étant alors de ceux qui sont censurés à Abidjan, et qui non seulement ne se plaignaient pas, mais étaient (explicitement) reconnaissants de se voir publier sur le web !

A l’heure où on nous trouve ce motif, « crimes économiques », pour « justifier » quatre mois de séquestration arbitraire de Gbagbo, voilà qui fait résonner étrangement les accusations de diffamation, quand les propos diffamatoires consistaient à dire ce qui se passait !… Tandis que deux autres blogs bien en vue trônaient en tête de la page d’accueil des blogueurs Nouvel Obs, quand ils allaient jusqu’à traiter Gabgbo de nazi, et à accuser l’information libre de relever de séides de Goebbels ! L’un de ces blogueurs, utilisant depuis toujours Nouvel Obs comme portail vers un autre de ses blogs, vient d’être censuré pour cela ces derniers jours (il est vrai qu’après sa militance pour Ouattara, qui lui ouvrait toutes les portes, il a depuis pris parti pour Kadhafi, ce qui plait moins…).

Via l’inculpation de Gbagbo pour « crimes économiques », on découvre tout simplement le vide du « dossier » qu’on a fait mine de tenir sous le coude contre lui, les autres séquestrés et la presse libre, et la nature de la propagande des médias français en faveur de la politique des pouvoirs français renversant un président élu, Gbagbo, pour installer leur poulain.

Source : par http://unebourriche.blogs.nouvelobs.com

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