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Au sortir jeudi des bureaux du président burkinabé, Blaise Compaoré, autre pion essentiel de la coalition anti Gbagbo, Young Jin Choi a brocardé une fois de plus l’ancien président ivoirien. Allant plus loin, le diplomate coréen déclarera: «Le président Ouattara pourra tenir après mon départ(…). Non seulemet il tiendra, mais il pourra être un grand leader de la Côte d’Ivoire. Tout s’annonce bien pour la restauration de la paix et de l’ordre en Côte d’Ivoire, de même que pour la réconciliation nationale». Young Jin Choi exprimait ainsi son soutien à celui qu’il a contribué à installer à coups de canon et de roquettes au pouvoir. Ce qui est normal.

Mais à l’analyse, ces propos cachent maladroitement les appréhensions de Young Jin Choi quant à la capacité du nouveau régime à conduire le processus de paix à bon port. Le presque ancien représentant du secrétaire général de l’Onu en Côte d’Ivoire est inquiet face à la tournure que prennent les choses depuis quatre mois après l’éviction de Gbagbo du pouvoir. L’Union africaine et la Cedeao, en dépit des soutiens tous azimuts qu’elles apportent à Alassane Ouattara, commencent à comprendre qu’elles avaient fait un mauvais casting et qu’elles ont plongé la Côte d’Ivoire dans une nouvelle période d’impasse.
D’où les récentes sorties de l’Ua et de la Cedeao, l’organisation sous régionale qui tiendra ces jours ci un sommet sur la situation en Côted’Ivoire. La sortie de Choi ne vise donc qu’à donner un coup de pouce au nouvel homme fort d’Abidjan qui pourrait être sommé par ses pairs de prendre des mesures allant dans le sens de la réconciliation.
Et non persister dans la voie périlleuse de la chasse aux sorcières aux partisans de Gbagbo. Aussi ne faut il pas perdre de vue que c’est au moment où son adjoint, qui est un homme nouveau, s’active à reprendre en main le dossier ivoirien que Choi fait sa sortie. Il a reçu récemment la direction du Fpi et celle du Lider de Mamadou Koulibaly. Le Coréen, en agissant ainsi, avait certainement à cœur de saboter le travail de son successeur. Pis, de le conditionner à continuer de traiter les partisans de Gbagbo comme des pestiférés.
Edouard Amichia
Source: Le Nouveau Courrier/-infodabidjan
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