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En attendant Gbagbo : Réponse à Venance Konan

En attendant Gbagbo : Réponse à Venance Konan

Monsieur Konan Vénance , la lecture de votre éditorial du Jeudi, 11 Août 2011 dans FratMat m’a emmené à poser un regard rétrospectif sur la vie de la nation ivoirienne. Et je voudrais partager avec vous, ce que j’ai découvert .La méthode consistera à vous rappeler ce que vous avez écrit et ensuite, exposer ce que j’ai découvert à ce sujet.
Bientôt, la Sorbonne reprendra sa place au Plateau, les agoras et « parlements » aussi dans tous les quartiers, et tous les vendeurs de films pornos et religieux sur le même étal, les vendeurs de médicaments et de films piratés, les vendeurs d’illusions et d’idioties

Monsieur Konan,je voudrais savoir à quand date la naissance de la Sorbonne ? Est-elle antérieure ou postérieure à l’arrivée au pouvoir des refondateurs ?
Ensuite, Il me semble que dans les années 90, il a été fait cas d’un scandale de pédophilie qui aurait secoué le gouvernement d’alors. Les mauvaises langues racontaient qu’un ministre était lié à ce scandale. Pouvez-vous m’éclairer là dessus. L’émission satirique « Faut pas fâcher » en a fait allusion dans un de ses épisodes avec pour titre « Club rouge » Le supposé scandale avait même enrichi le vocabulaire ivoirien d’un nouveau mot : Aké… Je vous laisse le soin de terminer le mot. Alors je suis surpris que ce soit maintenant que vous constatez l’état de dégradation morale de notre société.
Monsieur, vous connaissez Adjamé Roxi ? C’est la foire aux médicaments de contrebande. Il m’est arrivé en 1996 d’y aller pour acheter des médicaments afin de guérir d’un accès palustre. Je ne me souviens pas d’avoir connaissance en ce moment du terme refondation. Je crois même que l’expression à la mode d’alors était « éléphant d’Afrique ».
… les semeurs de haine et de division seront réhabilités.
Il est dit que les paroles s’envolent ,mais les écrits restent. Je voudrais en toute humilité vous faire partager les écrits que voici : « Que veut le RDR à la Côte d’Ivoire ? Au fond, le tort de la Côte d’Ivoire est d’avoir confié de hautes responsabilités à un travailleur immigré du nom d’Alassane Ouattara. Parce que feu Houphouët Boigny, vers la fin de sa vie a nommé Premier Ministre un homme dont la nationalité voltaïque a parfaitement été établi, certaines personnes veulent aujourd’hui que cet homme devienne le Président de la côte d’ivoire. Parce qu’il n’y a pas d’ivoiriens dignes de diriger la Côte d’Ivoire ? » « Fraternité Matin / Vendredi 13 Février 1998 »
Renseignements pris, il semble que vous êtes l’auteur de ces lignes. Je présume que vous n’aviez aucunement l’intention de semer la haine et la division dans la conscience des ivoiriens. J’ai appris aussi que c’est de votre laboratoire, qu’est sortie l’Ivoirité, cet isotope radioactif de l’exclusion. Vous avez même été le commercial en charge de la promotion de ce tout dernier produit Hi-tech, un véritable concentré de technologie : l’ivoirité. Grâce à votre talent de commercial qui faisait d’ailleurs pâlir d’envie tous les marketeurs, vous avez amené les ivoiriens à acheter le produit. Savez vous que les clients que nous sommes pouvons vous traîner devant les tribunaux pour publicité mensongère ? Mais ce serait peine perdu ; vous êtes aujourd’hui intouchable.
…ils attendent ce jour où ils reprendront le contrôle des cités universitaires d’où ils semaient la terreur, rackettaient, violaient et tuaient en toute tranquillité. Ils étaient les maîtres du pays. Rien ne pouvait se décider, concernant l’école qu’ils avaient désertée depuis des lustres, sans leur avis. Ils ne comprenaient de toutes les façons rien à l’école. Qu’avaient-ils d’ailleurs à y comprendre ? Quel besoin avait-on de l’école lorsqu’il suffisait d’être un bon patriote, de savoir bien manier la machette ou la terreur pour se retrouver haut cadre dans l’administration ? Le maréchal n’est-il pas devenu grand chef des affaires maritimes à peine sorti de l’université d’où il n’avait glané aucun diplôme ? On fait quoi même avec un diplôme ? Blé la Machette en a-t-il eu besoin pour être général et idole des jeunes et des moins jeunes, surtout ceux à qui les mots travail et mérite donnent de l’urticaire ? On fait quoi avec un diplôme quand Tapé Doh était un grand type dans ce pays ? Frères, on est ensemble.
Mais dites moi, vous souvenez-vous de Thierry Zébié ? Il a été le premier étudiant armé de l’université d’Abidjan. Il fut, avec son gang, le bras séculier du pouvoir d’alors. Ils semaient la terreur, rackettaient, violaient et tuaient sous le regard bienveillant du pouvoir.
Je souscris tout comme vous à la thèse selon laquelle on ne doit pas célébrer la médiocrité, quoique moi-même très médiocre (je suis issu de cette génération des machettes). Mais monsieur Konan, savez vous que par la force des armes, il y des gens qui sont devenus ministres dans ce pays sans même le CEPE. Vous devez sûrement les connaître puisque ce sont vos nouveaux copains (Tout nouveau, tout beau).
Aujourd’hui vous célébrez avec faste le retour des valeurs telle que la compétence,l’expérience,le parcours professionnel,le niveau intellectuel ,le travail et bien encore. Alors je vous invite à un jeu : Sur la base des qualités énumérées ci-dessus, pouvez-vous identifier les intrus dans ,notre gouvernement actuel, nos corps d’armées, nos directions centrales ? Je vous sais très observateur. Vous trouverez donc facilement les intrus. Vous voulez des indices ? Ah ça non, ce serai ,encourager la médiocrité.
Oui, les usurpateurs et les impies ont osé raser la rue  » Princesse « , cette rue si symbolique de notre république refondée et déréglée, cette rue où nos enfants à peine ou pas du tout sortis de l’enfance se prostituaient pour nourrir leurs parents jetés à la rue par notre refondation, mais contents d’y être, cette rue où nous recevions nos hôtes de marque, surtout les frères socialistes de France, cette rue que nous voulions ériger en patrimoine mondial de l’humanité. Qui peut citer le nom d’une seule rue dans ce monde où il y avait autant de bruits et de vices et qui peut cependant se targuer d’avoir reçu la visite et les hommages d’un chef d’Etat, accompagné, qui plus est, d’un ancien ministre et d’un député socialistes français ?
Oui vous avez raison. Gbagbo Laurent et ces compagnons, en voulant refonder, ont tout déréglé. Gbagbo a été très mal inspiré de recevoir ses hôtes de marque dans ce « Sodome et Gomor ».Monsieur Konan, il y un proverbe qui dit que ,quand la mère vache rumine, ces petits la regarde. Peut être que Gbagbo voulait faire comme le gouvernement de « l’éléphant d’Afrique » qui ,en son temps, s’est déplacé en entier dans cette rue pendant les fêtes de fin d’années . Vous souvenez vous ? Je peux vous dire qu’entre le passage du gouvernement qui voulait entreprendre les douze travaux d’hercule ; pardon de l’éléphant d’afrique et la visite des socialistes, la rue n’a pas perdu une seule ride.
Et maintenant que nos enfants n’ont plus d’endroits ou se prostituer pour nourrir leur parents jetés à la rue par notre refondation, je vous serez gré d’intercéder pour que « la solution » leur trouve une solution, afin que leur situation ne s’empire pas. Ils vous seront reconnaissant toute leur vie.
Mais le Dieu que nous adorons, qui n’est peut-être pas le vôtre, est grand et il veillera à rétablir tous les tricheurs, médiocres, assassins, voleurs, violeurs, pilleurs et autres bandits de grand chemin qui festoyaient à la table du prince dans leur droit.
Oui, bientôt il reviendra, et la gabegie reprendra,
En octobre 1997, les ivoiriens découvraient les fameuses « DENO », les Dépenses non ordonnancées ; les manipulations extra-budgétaires de centaine de milliards de francs CFA.
Les refondateurs n’étaient pas encore au pouvoir. Et le spécialiste des deno est aujourd’hui à la tête d’une Institution de la République. Je suppose que vous savez qui c’est.
1998 : détournement des 18 milliards FCFA de l’Union européenne, sous l’éléphant d’afrique. C’est à l’éclatement de ce scandale que les ivoiriens ont su que un « Klaba » vendu chez la femme « anango » du coin coûtait 25 000Fcfa.Les refondateurs n’étaient pas au pouvoir .
Je vous rappelle aussi que c’est sous l’éléphant d’afrique qu’on a entendu cette célèbre phrase : « Je n’ai pas d’amis, je n’ai que des suiveurs ». Alors je crois que vous vous trompez de prince.
Mrs Konan, je voudrai porter à votre connaissance qu’en 1999 Alpha Blondy, dans son album,Elohim ,écrivait une chanson intitulée : « Les voleurs de la république ».je vous rappelle ici quelque vers car c’est un véritable poème, qui traduisait l’état de la société dans laquelle nous vivions sous l’éléphant d’afrique:
SOS, SOS, les voleurs de la république
SOS, SOS, ils volent les deniers publics
Ali baba et les 40 voleurs, sont de retour.
Les lèches bottes ont baissé leurs pantalons.
Et ils s’érigent en donneurs de leçons.
Le complot du silence persévère.
La langue de bois exaspère
Ce triste constat me désespère
Pardonnez moi si mes vers sont à l’envers,
Parce que tout est arbitraire,
Le règne de l’arbitraire
Tout est arbitraire,
Et le peuple se fait traire
Par ces dangereux béni oui-oui
Ces voleurs de la république.
No comment
Pour le reste , je crois que l’histoire de la Côte d’ivoire ces 10 dernières années est assez éloquente. On pourra aisément interroger un élève du secondaire premier cycle pour nous la conter avec exactitude. Ses neurones sont encore en bon état.
…bientôt ce sera la sarabande des maîtresses aux RAV 4, des maisons construites n’importe comment et nous fermerons définitivement la lagune
Au cours de la décennie 80, une artiste ivoirienne a chanté une chanson dans laquelle, elle disait qu’elle voulait son « groto » afin qu’il lui achète « villa et voiture ». Elle s’appelle Dan log. Les refondateurs n’étaient même pas officiellement constitués en parti politique.
Big sat et l’orchestre de l’OUA ont chanté « Campus » Je vous laisse le soins de réécouter la chanson.
Tant qu’il y aura dans ce pays, des femmes et des hommes, insensibles aux déchets toxiques, aux ordures dans les rues, aux enfants contraints de se vendre pour des cacahuètes à de vieux lubriques, insensibles à l’école en lambeaux, à l’impunité érigée en règle de conduite des affaires de l’Etat, tant qu’il y aura des imbéciles pour croire aux âneries de Malachie, LG reviendra, reviendra, reviendra. (Librement inspiré de feu Roger Fulgence Kassy.)
Et moi je répond: tant qu’il aura dans ce pays, des femmes et des hommes, insensibles à la quête légitime du droit à l’autodétermination de tout un peuple,et capables de brader leur pays au capital financier international,le peuple souffrira,souffrira,souffrira.
Et enfin,
Tant qu’il y aura dans ce pays, deux camps ; d’un coté celui dont le territoire et la nation se confondent pour la défense de ce qu nous sommes et de l’autre, celui pour lequel, ni la nation, ni le territoire, encore moins la République que nous tentons de bâtir n’a de sens, encore moins de valeur, le peuple ivoirien portera tout son espoir sur son combattant de la liberté Gbagbo Laurent,et le réclamera,le réclamera, le réclamera.
Source : DJANWE Honorat
Par Prisca
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