Le professeur Francis Wodié, ex-président du Pit, a été nommé à la tête du Conseil Constitutionnel par Alassane Dramane Ouattara, non pas pour ses compétences en matière de Droit constitutionnel, mais pour livrer Laurent Gbagbo à la justice.

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Interrogé par la radio française, RFI, sur la situation du président Gbagbo détenu à Korhogo dans le nord du pays, fief de l’ex-rébellion armée, qui en détient encore l’administration. Le ministre Bruno Koné, porte parole du gouvernement Ouattara, déclarait au sujet de M. Gbagbo : « ….Tout indique que les choses vont aller relativement vite. Cela a pris un peu de retard parce qu’il s’agit d’une personnalité de très haut rang, et également du fait que le tribunal pénal mène également des enquêtes en Côte d’Ivoire. Je peux vous assurer que c’est une question de jour maintenant ». La pensée du porte-parole du gouvernement sera précisée par l’un des substituts du procureur Simplice Kouadio Koffi cité par le quotidien « Nord Sud » dans sa parution du mercredi 17 Aout. « Le statut de l’ancien président Laurent Gbagbo lui donne droit à une procédure assez spéciale. De par son statut d’ancien chef de l’Etat, il est de facto membre du Conseil Constitutionnel selon nos textes de loi et nous oblige à agir autrement. Nous sommes entrain d’organiser nos services afin d’adresser une requête au Conseil pour qu’il autorise des poursuites contre Laurent Gbagbo. Une fois l’autorisation obtenue, la procédure suivra son cours normal », a soutenu le substitut. Les choses sont donc claires. Francis Wodié a été nommé président duConseil Constitutionnel par le nouveau chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara, en lieu et place de Yao N’Drin, pour qu’il livre le président Laurent Gbagbo à la justice.

En effet, lorsque le substitut du procureur cité par notre confrère dit que « la Justice et le droit sont au cœur de leurs actions », il fait de la diversion. Car le Procureur, lui-même, n’ignorait pas le statut d’ancien chef de l’Etat de Laurent Gbagbo et donc de membre de facto du Conseil Constitutionnel. Ce qui implique qu’il doit être jugé par la haute cour de Justice et l’application d’une procédure spéciale pour l’inculper et l’entendre. Mais pourtant, le procureur Simplice Kouadio Koffi s’est rendu à Korhogo pour entendre le Président Gbagbo. Quelle était donc sa logique en engageant une telle procédure qui viole manifestement la loi ivoirienne ? En réalité, le pouvoir Ouattara voulait passer outre le statut de l’ex-chef de l’Etat pour l’inculper et le condamner à une peine de prison. Alassane Dramane Ouattara au nom de qui agit le procureur Simplice Kouadio Koffi s’est donc trouvé bloqué dans sa volonté de casser du Gbagbo. Il trouve donc une nouvelle option à travers la nomination de Francis Wodié à la tête du Conseil Constitutionnel. L’ex-président du Pit, Francis Wodié, qui a toujours pris ombrage du leadership de Gbagbo en Côte d’Ivoire depuis 1990, se porte volontaire pour accomplir la tâche sordide. Il ne faudrait donc pas être surpris que dans les tout- prochains jours, le Conseil Constitutionnel autorise la poursuite du président Laurent Gbagbo par la Justice ivoirienne.
Boga Sivori bogasivo@yahoo.fr
Source :notrevoie
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