La Majorité Présidentielle Gbagbo, mercredi 17 août 2011, 15:30

Descendus massivement sur Abidjan, fin juillet, les dozos ne sont plus retournés d’où ils sont venus. Ils ont été «silencieusement et méthodiquement» repartis à travers le district d’Abidjan. Yopougon en a reçu un lot important. Et depuis environ deux semaines, las certainement d’être cantonnés quelque part, ils ont «envahi» les rues. Malgré la forte présence des éléments Frci à Yopougon, les Dozos font aussi parler d’eux. S’ils ne sont pas à certains barrages associés aux Frci, ils érigent eux-mêmes leurs propres barrages. Comme jeudi dernier, à la Sicogi et à la Sogefiha. Où deux barrages de Dozos étaient solidement dressés.

Très nerveux, ils n’hésitent pas à se faire passer pour des forces régulières. «Celui qui n’a pas sa pièce d’identité, qu’il descende ! (nous avons fait l’effort de traduire leurs propos dans un français acceptable, ndlr)», crie l’un d’entre eux, le doigt sur la gâchette de sa kalachnikov à ce corridor de la Sicogi. Vendredi dernier, D. Franck rentrant à Yopougon-Niangon aux environs de 22h 30 minutes, emprunte un mini car communément appelé Gbaka, qui est arrêté à un barrage à la Sogefiha. Un dozo visiblement éméché et dandinant, raconte-t-il, fait signe au véhicule de garer, dans un français approximatif. Il fait descendre tous les passagers et les aligne.

Au menu, contrôle des pièces du véhicule, fouille au corps, contrôle de pièces d’identité. En réalité, seules les photos sur les pièces d’identité intéressaient les dozos. «Nous, on ne parle pas beaucoup, celui qui ne se reproche rien, il n’y a pas de problème. Parce que nous, on nous a envoyé ici pour sécuriser», explique celui qui fait office de «commandant» du détachement de Sogefiha. Les cas de Sicogi et Sogefiha ne sont pas des cas isolés. Au Sable, à l’entrée de Yopougon par le premier pont, un «détachement » de dozos ceinture le périmètre, de même qu’au nouveau quartier en allant vers Mossikro. Patrouille pédestre, contrôle de personnes et des véhicules, c’est le menu quotidien de ces hommes «mystiques», bras séculier des Frci.

Aujourd’hui, avec la prolifération des barrages Frci d’une part et exclusivement de dozos d’autre part, les populations de Yopougon mettent rarement le nez dehors, après 22 heures. «Vaut mieux rester chez soi, pour ne pas avoir affaire à ces gars-là», confie un habitant de Yopougon qui s’explique difficilement cette invasion de dozos dans sa commune. Ces dozos «travaillent» au vu et au su de tout le monde, sans que cela ne gêne outre mesure les autorités politiques et militaires.

Source bien informée

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