Publié le : 11-08-2011 Info Collectif VAN – www.collectifvan.org– Barack Obama a publié une directive sur un groupe de travail interministériel destiné à la prévention des atrocités de masse et des génocides. L’intention est louable mais « le Président Obama devrait se souvenir des sages paroles du philosophe George Santayana: « Ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter ». Comment les officiels américains pourraient-ils agir de manière crédible pour prévenir de futurs génocides quand ils refusent de reconnaître les génocides passés? » Le journaliste arméno-américain Harut Sassounian revient dans sa dernière chronique sur le manque de crédibilité de l’administration Obama qui – malgré ses promesses de reconnaissance du génocide arménien perpétré en 1915 par la Turquie – fait allégeance au négationnisme d’Ankara. Depuis son élection, Obama perpétue en effet l’omerta de l’administration américaine, concernant le premier génocide du XXe siècle. Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’éditorial de Sassounian, paru dans The California Courier le 11 août 2011.

Le manque de crédibilité d’Obama sape son initiative sur la prévention des génocides Par Harut Sassounian Editeur, The California Courier Editorial de Sassounian du 11 août 2011 Si le Président Obama finit par être le président d’un seul mandat, il n’aura personne à blâmer, si ce n’est lui-même. S’il est vrai qu’il a hérité des guerres de l’administration Bush en Irak et en Afghanistan et d’une économie dévastée, il a non seulement échoué à sortir la nation de son bourbier, mais à certains égards, il a fait encore pire [que Bush]. Peut-être que le plus grand échec du Président Obama a été d’anéantir les espoirs et les attentes du public américain. Alors que la plupart des politiciens font régulièrement des promesses qu’ils ne tiennent pas, les électeurs ont cru les assurances de ce président particulier sur le fait que «Yes, We Can » à propos du « changement ». Malheureusement, quelques semaines après son entrée en fonction, le Président Obama a prouvé qu’il n’était qu’un autre politicien sans scrupules en revenant sur sa promesse solennelle de reconnaissance du génocide arménien et en faisant les jeux de mots immoraux qu’il avait reprochés à ses prédécesseurs. Depuis, il n’a pas tenu sa parole sur des centaines d’autres questions, compromettant ainsi sa crédibilité et sa popularité qui est tombée en chute libre. Ayant perdu confiance dans le Président Obama, la plupart des Américains ne le prend plus au sérieux même quand il tente de faire une bonne chose. La semaine dernière, il a publié une importante « directive présidentielle » sur la prévention des atrocités de masse et des génocides, imposant la création, dans les 120 jours, d’un «groupe de travail interministériel de prévention des atrocités ». Ce nouveau comité sera composé de hauts fonctionnaires du gouvernement américain, dont le vice-président, les secrétaires d’Etat, de la Défense, du ministère des Finances et de la Sécurité nationale, le procureur général, le conseiller de la sécurité nationale, et les directeurs de la CIA, de l’Agence Nationale de Sécurité, et de l’Agence des Renseignements militaires, parmi d’autres. Dans sa directive, le Président Obama a affirmé que « la prévention des atrocités de masse et des génocides représente un intérêt fondamental de la sûreté nationale et une responsabilité morale essentielle des États-Unis. » Il a poursuivi en affirmant sans rire que «l’histoire nous a enseigné que notre quête d’un monde où les Etats ne massacrent pas systématiquement les civils, ne sera pas concrétisée sans un effort concerté et coordonné. » Le Président Obama devrait se souvenir des sages paroles du philosophe George Santayana: « Ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter». Comment les officiels américains pourraient-ils agir de manière crédible pour prévenir de futurs génocides quand ils refusent de reconnaître les génocides passés? Pour que cette nouvelle agence de haut niveau dédiée aux « atrocités de masse » puisse avoir une quelconque crédibilité, le Président Obama devrait cesser de jouer à des jeux politiques avec le génocide, reconnaître les précédentes « atrocités de masse» et en tirer les leçons appropriées. Sinon, sa nouvelle décision deviendrait simplement un autre habile stratagème pour booster sa mauvaise note. En fait, le Président Obama s’est approché assez près de la chose correcte à dire dans sa déclaration, quand il a cité des exemples historiques d’atrocités de masse et de génocides: «Soixante-six ans après la Shoah et 17 ans après le Rwanda, les Etats-Unis manquent encore d’un cadre politique global et d’un mécanisme inter-institutions lui correspondant, pour prévenir les atrocités de masse et les génocides et y répondre. » Curieusement, le Président Obama a commencé son récit historique avec la Shoah et a évité toute mention du génocide arménien – le premier génocide du 20ème siècle! Si les Etats-Unis sont sérieux au sujet de la lutte contre les atrocités de masse et les génocides, ils devraient commencer par refuser de nier et de déformer les faits historiques comme ils le font dans le but de s’adapter aux considérations politiques des temps modernes. Dans son décret, le Président Obama a suggéré que le groupe de travail interministériel envisagé, examine les recommandations du Détachement Spécial pour la prévention des génocides, co-présidé par l’ancienne secrétaire d’État Madeleine K. Albright et l’ancien secrétaire à la Défense William Cohen. C’est une grave erreur car ces deux membres du gouvernement avaient envoyé des lettres au Congrès pour s’opposer à l’adoption d’une résolution sur le génocide arménien. Comment ces négationnistes du génocide [arménien] pourraient servir de guides appropriés pour prévenir de futurs génocides? Ces deux anciens responsables ont perdu toute autorité morale pour avoir des prises de position au sujet des génocides. Le Président Obama a également publié la semaine dernière une proclamation présidentielle interdisant l’entrée aux États-Unis d’individus qui ont participé à la «violence généralisée ou systématique» contre les civils et ont commis des «crimes de guerre, crimes contre l’humanité ou autres violations graves des droits humains. » Voici mes humbles suggestions au sujet des deux initiatives présidentielles déjà citées : 1) Puisque les descendants des victimes d’un génocide ont une sensibilité spécifique concernant les actes de violence de masse, le Président Obama devrait nommer un représentant de chacun de ces groupes victimes au sein du «Groupe de travail interministériel pour la prévention des atrocités », au moins à titre consultatif, et 2) Afin de prévenir de nouveaux génocides, le Président Obama devrait interdire l’entrée des Etats-Unis, non seulement à ceux qui ont participé à des violations flagrantes des droits de l’homme, mais également à ceux qui sont des négationnistes des génocides, car le déni est la dernière étape du processus génocidaire, et c’est une autorisation à commettre de futurs génocides. Traduction de l’anglais Collectif VAN 11 août 2011 – 07:20 – 

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