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Incroyable mais vrai: Ouattara accuse ses prisonniers FPI de rébellion
Alassane Ouattara, à travers sa justice, a décidé d’inculper depuis vendredi, ses prisonniers politiques du FPI détenus à Bouna et à Katiola. Le fait le plus renversant dans cette affaire, c’est que les prisonniers politiques se sont vu signifiés chacun, par le juge d’instruction Koné Mamadou du 3ème cabinet, 14 chefs d’accusation dont celui de «rébellion». Incroyable mais vrai ! On se croirait en train de rêver. Il s’agit d’un véritable renversement des rôles, pensent ceux qui ont suivi l’histoire récente de la Côte d’Ivoire. Car, pour accuser les cadres du FPI et de l’ex-majorité présidentielle (LMP) de rébellion, il faut avoir beaucoup de sang froid et de culot. 

Ouattara et sa justice accusent entre autres, Affi N’Guessan, Sangaré Abou Drahamane, Michel Gbagbo, Diabaté Bêh et autres, d’atteinte et complot contre l’autorité de l’Etat, de constitution de bandes armées, de direction ou de participation à une bande armée, de participation à un mouvement d’insurrection, d’atteinte àl’ordre publique, de coalition de fonctionnaires, d’usurpation de fonction, de tribalisme et de xénophobie. En plus de tous ces chefs d’accusation, le cameraman de la RTI, Serge Boguhé est accusé de vol à main armée en réunion avec complicité. En clair, il est accusé d’avoir volé les cameras de la RTI. C’est le 6ème cabinet dirigé par Mme Cissé qui s’occupera de lui quand les autres dépendront du 3ème cabinet que dirige Koné Mamadou. Les prisonniers politiques de Bouna et de Katiola étaient jusque-là les seuls à ne pas être inculpés depuis des mois qu’ils croupissent en prison. Maintenant, c’est chose faite. 
Et cela, à un moment où Ouattara, profitant de la fête de l’indépendance de la Côte d’Ivoire célébrée chaque 7 août, a annoncé dans un discours télévisé, qu’il tendait la main à tous pour reconstruire la Côte d’Ivoire. «Nous avons besoin de tout le monde pour reconstruire le pays», affirmait-il, avant d’assurer que tout serait fait pour que la sécurité de tous soit assurée. Quel crédit accorder à cette autre déclaration de Ouattara quand il fait inculper des gens pourtant innocents? Pourtant, Sylvain Miaka Oureto, président par intérim du FPI qui n’avait certainement pas encore cette information, avait qualifié sur RFI, l’annonce de Ouattara de bonne nouvelle. «Nous avons appris cela avec beaucoup de plaisir, de soulagement et d’espérance. Si le président de la République ouvre son cœur pour dire que nous devons aller à la réconciliation, qu’il lance cet appel à ses frères et sœurs du FPI (Front populaire ivoirien) et de LMP (La majorité présidentielle) exilés au Ghana, c’est une main tendue qu’il faut saisir», s’est réjoui le successeur de Mamadou Koulibaly, démissionnaire en juillet dernier, à la tête du FPI. Le sort des exilés, une fois rentrés en Côte d’Ivoire, reste une question importante pour le Front populaire ivoirien : «Si on situe cela dans le cadre de la réconciliation, cela veut dire que tous les frères et sœurs qui rentreraient ne seraient plus poursuivis», avance Sylvain Miaka Oureto. Car, pour lui les poursuites judiciaires, c’est «la crainte des uns et des autres en restant à l’étranger. Donc nous pensons que dans l’esprit du président de la République, ce sont toutes ces affaires-là qu’il prend en compte». 
La preuve est donc faite que Ouattara, malgré les bonnes dispositions du FPI à aller à la réconciliation, n’entend pas lâcher prise pour régler ses comptes avec ceux qu’il considère comme ses tortionnaires d’autrefois. 
Coulibaly Zié Oumar
Source : notrevoie
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