Une nouvelle explosive vient d’être publiée par les quotidiens libanais de langue arabe As-Safir et Al-Akhbar. On trouvera l’article d’al-Akhbar à l’adresse suivante : http://www.al-akhbar.com/node/18495

Selon cet article, la Direction des Renseignements de l’Armée libanaise viendrait de déjouer un trafic d’armes de Beyrouth vers la Syrie. Quatre suspects ont été arrêtés. La transaction aurait concerné un millier d’armes (M-16 et Kalashnikov notamment) qui devaient être convoyés par bateau de Beyrouth vers la Syrie voisine. Les agents militaires qui ont assisté à la négociation ont ensuite filé les suspects et les ont arrêté. Ils ont découvert une cache d’armes et de la cocaïne. Parmi les personnes arrêtées se trouve le gérant du port de plaisance de Beyrouth (près de l’hôtel St Georges), exploité par la société Solidere, et dont la surveillance échappe aux autorités publiques libanaises – ce qui est bien pratique pour un éventuel trafic d’armes.

Or la société Solidere est très liée à la famille Hariri. Promue par Rafiq Hariri qui possédait une large partie de son capital, à côté de capitaux étrangers (notamment du golfe), la société Solidere avait servi à Hariri-père pour asseoir sa position dans la politique libanaise et réaliser de fructueuses opérations immobilières dans la reconstruction de Beyrouth, au mépris, souvent, du patrimoine architectural de la ville. Depuis son assassinat c’est son fils Saad qui avait repris l’essentiel des affaires de son père, ainsi que la direction de son mouvement politique le « Courant du Futur ». Lié, comme son père, aux intérêts saoudiens (Saad Hariri a la double nationalité libano-saoudienne), Hariri junior s’était vu exclu de la participation au gouvernement du Liban lorsqu’un accord avait été trouvé en juin dernier entre le Hezbollah chiite (allié du régime syrien), son allié chrétien Michel Aoun et le sunnite Najib Mikati, favorisant au Liban la position des alliés libanais de la Syrie (et de l’Iran) par rapport à celle des alliés libanais de l’Arabie saoudite et des USA.
Revenons aux faits évoqués dans l’article d’al-Akhbar. Non seulement un des suspects arrêté était employé par la société Solidere dans une marina mais de plus, deux officiers des Forces de sécurité Intérieure – dont le chef, le général Achraf Rifi, est également très proche du clan Hariri – seraient également impliqués dans ce trafic d’armes.
De plus, selon le journal libanais francophone l’Orient-le-Jour, citant le quotidien as-Safir, deux des suspects, Wassir et Samir Tamim, appartiendrait au parti de Saad Hariri, le Courant du Futur, et auraient déjà procédé à « plus de trente opérations de trafic d’armes entre Beyrouth et Banias », ville syrienne côtière : http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/716433/Deux_Libanais_accuses_de_trafic_darmes_vers_la_Syrie_%28as-Safir%29.html
Que ces armes n’aient pu être destinées qu’à des groupes d’insurgés syriens par le clan Hariri, afin de contribuer à la déstabilisation du pouvoir de Bachar al-Assad, est évidemment l’idée qui vient immédiatement en tête. Heureusement, nous pouvons faire confiance au civisme de nos journalistes occidentaux pour éviter de relayer une nouvelle qui favoriserait de telles « théories du complot », ou au moins de lui donner une trop grande publicité !
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