Le cortège d’Alassane Ouattara.
Publié le vendredi 5 août 2011 | Notre Voie – Des villas luxueuses continuent de sortir de terre et de grosses cylindrées arpentent les artères des principales villes du pays. Et pourtant les « Refondateurs », dont on disait qu’ils étaient les seuls propriétaires de tous ces biens, ne sont plus au pouvoir.
“Quand on veut tuer son chien, on m’accuse de rage », dit l’adage. Tel peut s’expliquer ce qui est arrivé au régime Laurent Gbagbo durant les dix années écoulées. Le président Laurent Gbagbo et ses compagnons, acteurs de la politique de Refondation (changement) de la Côte d’Ivoire, ont été accusés de tous les péchés d’Adam et d’Eve par le Rhdp et une certaine communauté internationale conduite par la France. 
Tout simplement parce que Gbagbo, « empêcheur de piller en rond », était gênant à la tête de la Côte d’Ivoire. On a surtout accusé le président Gbagbo et ses camarades qu’on appelait « les Refondateurs », souvent avec un brin d’ironie, de mener une vie luxueuse au détriment de l’Etat. On leur attribuait notamment la paternité de toutes les constructions dans le pays. Mais aussi celle de toutes les grosses cylindrées qui circulaient en Côte d’Ivoire. Dès qu’on voit une villa ou un immeuble sortir de terre, on s’écrit automatiquement : « c’est pour les refondateurs ! ». Sans la moindre vérification. Voit-on une jeune femme au volant de sa voiture Rave 4, on accuse les refondateurs de le lui avoir offert. Peut-être même que cette jeune dame a acquis ce véhicule avec ses propres moyens financiers. On en avait cure. Tout devait être le fait des « refondateurs ».
On accusait également les ministres Fpi et les directeurs généraux d’avoir de longs cortèges. De là à accuser le président Laurent Gbagbo et ses camarades de piller les deniers publics, le pas était très vite franchit. On a même accusé l’amical des DG et PCA, militants du Fpi, d’être une machine à pomper l’argent de l’Etat au profit du Fpi, l’ex-Premier ministre, Pascal Affi N’Guessan. Aujourd’hui, cela fait 4 mois 26 jours que les « refondateurs » ne sont plus à la tête de l’Etat. Leurs avoirs ont gelés par le régime Ouattara. Certains pro-Gbagbo sont incarcérées et d’autres vivent en exil dans le dénuement total. Et pourtant les villas luxueuses et les immeubles continuent de pousser dans les grandes villes du pays. Les grosses cylindrées pullulent à Abidjan et les jeunes femmes sont toujours au volant de véhicules 4×4. Alors qui construit ces villas et immeubles ? A qui appartiennent toutes ces grosses cylindrées et qui les offrent aux jeunes femmes ?
On ne peut pas valablement accuser les « refondateurs ». Parce que non seulement ils ne sont plus au pouvoir depuis le renversement du président Gbagbo par l’armée française le 11 avril 2011. Mais les « refondateurs » sont soit en prison, soit en exil ou vivent en totale clandestinité. Et donc si c’était eux qui construisaient, ces constructions se seraient arrêtées. Mais elles continuent, cela veut dire que ceux qui construisent ne sont pas des « refondateurs ». Qui sont-ils donc ? Qui achètent toutes ces grosses cylindrées qui circulent dans le pays. A qui appartiennent ces longs cortèges ?
En réalité, ceux qui jettent l’opprobre sur le régime Gbagbo déchu sont ceux-là qui, en 40 ans de pouvoir sans partage, ont pillé le pays et ont accumulé des richesses faramineuses. Ce sont eux qui revenus au pouvoir grâce au coup d’Etat de la France contre le président Gbagbo. Ce sont les mêmes qui entretiennent ces jeunes femmes qu’ils appellent leurs « maîtresses ». C’est d’ailleurs sous l’ère Pdci avec tous ses démembrements dont le Rdr que la Côte d’Ivoire a connu ce qu’on appelle les foyers secondaires ou « maitresses ». C’est toujours facile de rejeter ses propres tares sur les autres parce qu’on veut s’en servir pour les éliminer d’une manière ou d’une autre. C’est exactement ce que le Rhdp a fait contre le Fpi et le président Laurent Gbagbo pour justifier sa rébellion armée et sa guerre.
Boga Sivori
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