«Depuis le mois d’avril, nous n’avons plus de champs. Les Burkinabés occupent nos plantations de cacao, café
et d’hévéa». Voilà le résumé que les autochtones bakoué font de leur nouvelle vie depuis l’invasion de Doba par
les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) en mars dernier. La sous-préfecture de Doba, située à 80 km à l’est du chef lieu de département, San Pedro, a été envahie par un commando de mercenaires burkinabé fin mars 2011. Agissant pour le compte de l’armée créée par le nouveau régime, ceux-ci ont commis des atrocités sur la population autochtone bakoué. Avec l’aide de la forte communauté burkinabé du village, ils ont chassé le sous-préfet et dépossédé bakoué et pro-Gbagbo de leurs biens. Aujourd’hui, la situation est plus que préoccupante.

La famille Kouamé, originaire du centre de la Côte d’Ivoire, dont les plantations ont été arrachées de force, est retournée dans son village natal. Comme elle, plusieurs personnes ayant subi le même sort ont sauvé leur vie en se réfugiant dans les forêts ou les campements environnants. A leur place, M. Prospère Tiendrébéogo, chef de la communauté burkinabé et ses compatriotes jouissent impunément du fruit de leur labeur. «Ils soutiennent que Gbagbo n’est plus là. Et qu’avec Dramane Ouattara, c’est leur tour de faire la loi», racontent les villageois exilés dont les témoignages ont été recueillis.
Lorsque le ministre Clément Nabo a effectué une visite dans la circonscription en mai dernier, le mercure avait baissé. Mais à peine parti, les nouveaux maîtres ont renforcé leur diktat : exploitation illicite de plantations, extorsion de fonds aux producteurs cacao-café, racket sur les routes et demande de rançon. L’intervention du sous-préfet qui a regagné son poste fin mai, n’a pu les faire fléchir, selon nos sources. Ces troupes burkinabè qui se réclament des FRCI et qui se croient tout permis, ont ignoré l’autorité du représentant de Ouattara. Ils ont plutôt demandé à leurs frères de ne libérer le moindre périmètre arraché aux Bakoué.
A ce jour, la population autochtone qui ne sait à quel Saint se vouer, sollicite l’intervention du chef de l’Etat, de l’ambassade du Burkina Faso, des organisations de droit de l’homme et de l’ONUCI. Selon eux, il s’agira pour ces autorités, de vérifier par elles-mêmes les faits afin de rendre justice.

Par thruthway

Source : cotedivoire
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