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L’éditorial de Henry Agré: Mais si, c’est très grave!

L’éditorial de Henry Agré: Mais si, c’est très grave!

Ce n’est pas grave. Sans nul doute, cette courte phrase est une des plus prononcées par les africains de la partie sud du Sahara. Quoi de plus terrifiant! A juste titre, la dormition, mot emprunté à la théologie chrétienne désigne, dans son étymologie profane, un état permanent d’immobilisme. Tel celui de l’atlante. Ce gardien contemplatif qui ne peut se révolter car, dénué de vigueur, sorti d’un moule, objet qu’il est du bon vouloir esthétique de son concepteur. L’Afrique des effets dominos de la dormition, celle qui en tout lieu et en toute saison psalmodie la dangereuse phrase « ce n’est pas grave » a contaminé la population ivoirienne. Celle-ci se guillotinant ainsi au vu au su d’un Occident rieur, content, empli de son atavique orgasme devant le flanchement des nôtres. Nos postes frontières étaient-ils désertés par les forces de l’ordre censés les contrôler, ce n’est pas grave, disaient nos compatriotes avant le mois de septembre deux mille deux et l’attaque des premiers rebelles. Les mêmes forces de l’ordre écumaient les bars en lieu et place de leur lieu de travail, rebelote, ce n’est pas grave. Leurs droits sont-ils bafoués aujourd’hui que, les ivoiriens chantent collectivement: ce n’est pas grave du tout. L’antre sacré, le saint du saint, notre palais présidentiel est bombardé par des avions et des hélicoptères d’une armée étrangère, ce n’est pas grave du tout, entend-on dans les rues de nos villes et villages. 


Le président Laurent Gbagbo est kidnappé par des forces étrangères, sa vieille maman (que je sache, celle-ci n’était pas co-présidente de la république) est mise en détention, ce n’est pas grave, disent en choeur nos compatriotes. A satiété, la chorale ivoirienne récite la litanie de la fatalité pendant que nos syndicalistes sont déportés vers des destinations inconnues, pendant que la bestialité des rebelles est applaudie d’un sud-coréen en quête de sa part d’esclavagiste en ce troisième millénaire, pendant que le droit constitutionnel est retiré de l’enseignement supérieur par l’usurpateur de Kong. Celui-là même qui est le vrai père de la rébellion ivoirienne et, qui a été fait président par la France un jour d’avril dernier, sans aucune légitimité donc. Pourtant, c’est de nakba dont il s’agit actuellement en Côte d’ivoire. Oui, c’est la nakba,terme de l’arabe académique désignant la catastrophe et dont les racines se perdent dans les limbes linguistiques du Moyen-orient. N’en doutons pas un instant, la catastrophe que vit la Côte d’ivoire est polycarpique. C’est une somme de nakba imbriquées les unes dans les autres, encastrées les unes sur les autres. Il s’agit d’une catastrophe dans toutes ses dimensions. De la plus laide à la plus ignoble, en passant par la plus sanguinaire. Il s’agit de catastrophe politique parce que le chef des loubards et assassins, le politicard de Kong ignore tout de la politique en déportant ceux qui ne sont pas de son camp. Il s’agit de catastrophe économique parce que l’ancien gars du FMI ignore ce qu’est un appel d’offres, donnant dès lors tous les contrats à ses maîtres. Il s’agit de catastrophe intellectuelle et d’escroquerie parce que madame le ministre de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, celle qui a été nommée par le pantin de l’hôtel du golf ne sait ni bien lire ni bien écrire encore moins, parler correctement la langue de notre administration. Dans le cas où vous persisteriez à croire que ce n’est pas grave, je vous confirme mon intime conviction. Je vous affirme que la catastrophe enclenchée par le putschiste venu de Kong est très grave. Inévitablement, la nakba, cette catastrophe imposée aux palestiniens n’a-t-elle pas donné lieu à l’Intifada? Henry Agré.
Source : ivoire-politique
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