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Avant de regagner Abidjan, le président ivoirien Alassane Ouattara a accordé une interview exclusive à la Voix de l’Amérique (VOA) dans laquelle il est revenu sur les nombreux défis auxquels doit faire face la Côte d’Ivoire. Entretien:

Vous venez de rencontrer le président Obama avec certains de vos homologues africains. Comment s’est passe cette rencontre à la Maison-Blanche ?
Nous avons eu une très belle rencontre, un dialogue enrichissant. En ce qui concerne la démocratie, nous sommes tombés d’accord : le continent doit évoluer vers des élections transparentes et équitables. C’était un entretien très franc où Barack Obama a montré beaucoup d’appréciation pour ce que nous faisons. Nous lui avons dit que le soutien économique des Etats-Unis, et des institutions internationales, devait servir à promouvoir la croissance et la prospérité. Mais sans sécurité, il ne peut y avoir de développement.

La filière cacao est dans un état déplorable à cause des années de crise. Que comptez-vous faire pour la relancer ?

Disons le tout net, il y a eu un pillage des ressources, une utilisation abusive des ressources publiques par le gouvernement précédent en défaveur des planteurs. Notre objectif est simple : que ceux qui produisent le cacao soient les premiers bénéficiaires des recettes d’exportation de ce produit. Nous allons donc augmenter le seuil de transfert des ressources vers les paysans. Par rapport à l’industrialisation, aujourd’hui, la Côte d’Ivoire ne peut traiter que 10 à 15 % du cacao. Nous devons faire mieux. Il faut que dans les cinq prochaines années, nous atteignons 50 ou 60 % de transformation des fèves de cacao en Côte d’Ivoire. Nous avons contacté les firmes multinationales. Elles sont disposées à créer des usines sur place. C’est ainsi que nous créerons des emplois.

Autre défi pour votre pays : la sécurité. Que pensez-vous du renouvellement pour un an du mandat de l’ONUCI ?

Nous l’avons demandé car nous souhaitons que l’ONUCI puisse nous aider. Sa présence rassure mais elle peut aussi nous aider en ce qui concerne la formation de nos agents de sécurité. Nous pensons que la restructuration effectuée il y a quelques jours au niveau de l’armée, de la police et de la gendarmerie doit être soutenue. Il faut réussir ce plan de sécurisation. Nous avons des poches de difficultés dans l’ouest du pays notamment près de la frontière avec le Liberia.

L’armée ivoirienne est souvent décriée ces derniers mois, même après votre prise de fonction. Beaucoup se demandent si vous contrôlez réellement cette armée ?

Oui, mais vous savez l’arrestation de Laurent Gbagbo a créé un vide sécuritaire. De nombreux membres de forces de sécurité ont alors déserté. Aujourd’hui, 98 % des policiers et des gendarmes sont revenus. Ils pourront être redéployés sur l’ensemble du territoire ivoirien.

Mais il ne s’agit pas uniquement d’un état des forces. Amnesty International, par exemple, dans son dernier rapport met en cause le comportement des militaires et des chasseurs Dozos. Quelle est votre réponse concernant ces exactions ?

Moi je voudrais que l’on sache que j’ai la volonté de faire en sorte que mon pays respecte les droits de l’homme. Que toutes les autorités policières ou administratives sont soumises aux règles. Nous prendrons des sanctions contre toute personne qui ne se conformerait pas à cette doctrine. Pour les Dozos, pourquoi ne me parle-t-on pas des miliciens ? Pendant des années, le régime précédent a entrainé et fourni des armes à des personnes pour tuer des citoyens. Maintenant que les choses ont changé, il y a une volonté de vengeance malheureusement. Mon rôle est de faire en sorte que cette vengeance n’est pas lieu. Il faut que nous arrêtions les conflits ethniques et je m’emplois à cela. La réconciliation va prendre du temps. Alassane Ouattara est un homme de paix et je suis le président de tous les Ivoiriens.

Personne ne conteste votre volonté. Sur le contrôle des FRCI(Rebelles)(rebelles), on parle beaucoup de cette administration parallèle qui persiste, de ses seigneurs locaux (…)

Ce n’est pas vrai. Je vous dis que l’armée a été restructurée il y a deux semaines. Les uns et les autres auront des affectations. J’ai fait en sorte qui si un chef d’escadron est un ancien membre des FANCI, son adjoint sera un ancien membre des FAFN. Il y aura une intégration des deux armées. Et on verra qui est responsable de quoi. Les questions que vous évoquez n’auront plus lieu d’être.

Donc vous demandez du temps…

Ecoutez, nous avons vécu une crise énorme. Plus de 3.000 personnes tuées, nous avons encore 150.000 refugiés au Liberia, 15.000 au Ghana. On ne peut pas en un coup de baguette magique régler ces problèmes en quelques mois.

Source Autre média/abidjantalk



CNN :Info
Le chef de l’Etat, Alassane Ouattara a séjourné, durant cinq jours, aux USA. Au terme de ce séjour américain très fructueux le premier Magistrat ivoirien a accordé des entretiens à plusieurs médias internationaux. Ce fut l’occasion pour Alassane Ouattara d’éclairer la lanterne des journalistes sur tous les sujets d’actualité en Côte d’Ivoire. L’arrestation du journaliste Hermann Aboa n’a pas échappé au confrère américain. En effet, depuis le 21 Juillet, les autorités ont mis en examen Hermann Aboa, journaliste à la radiodiffusion ivoirienne RTI, pour incitation à la haine et atteinte à la sûreté de l’Etat. Sur la question, le chef de l’Etat s’est voulu très clair : « Hermann Aboa était l’un des proches de Gbagbo qui, tous les jours, à la télévision appelait des Ivoiriens à tuer d’autres Ivoiriens, ressortissant du Nord et du centre. Il est interrogé, il n’est pas en prison. Je pense qu’on a découvert des armes chez lui et qu’il entretenait une milice, qu’il payait avec l’argent que lui a donné Gbagbo », a déclaré le Président Ouattara. Interrogé sur le statut de l’ex-président Gbagbo, le Président Ouattara a déclaré que l’ancien président est en résidence surveillée dans la partie nord du pays et que son épouse est logée à la même enseigne. Par ailleurs, le chef de l’Etat a souligné qu’il veut que le couple soit traité avec dignité car, Gbagbo représentait, jadis, la nation et que l’ancien président doit rester en résidence surveillée, même s’il est reconnu coupable de certains crimes, comme ceux impliquant la corruption. Il est important, a-t-il dit, «d’honorer les fonctions de la présidence». Cependant, le Président Alassane Ouattara a fait savoir qu’il entend coopérer avec la Cour pénale internationale pour les plus graves crimes tels que les crimes de guerre ou crimes contre l’humanité.
JERÔME N’DRI
Info : CNN

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