Combats de libération d’Abobo PK 18, Anonkoua Kouté : Le cerveau des opérations fait des révélations

Publié le lundi 25 juillet 2011 | Le Mandat
Option militaire pour résoudre la crise ivoirienne: soldats du « Commando invisible » à Abobo
Mars 2011. Abidjan. Photo: des soldats des Forces républicaines fidèles au Président Alassane Ouattara, le fameux « Commando invisible » dans les rues d`Abobo
Le vent de la libération d’Abidjan des mains des tueurs de Laurent Gbagbo est venu de la commune d’Abobo, plus précisément du quartier PK 18. C’est de ce taudis situé entre Abobo et la commune d’Anyama que tout est parti. Ce week-end, nous avons rencontré dans son fief le cerveau des opérations des premiers combats de la commune d’Abobo
Au cours d’un entretien, le chef du commando invisible, Konaté Féré dit ‘’Méléké’’ nous a instruit que, c’est suite à la fuite de Koné Zakaria de Vavoua vers le Burkina Faso, à 2 mois avant la tenue des élections présidentielles de 2010 que persécutés dans cette localité, ils ont mis le cap sur la capitale économique, Abidjan. Accompagné d’un certain Adama, petit Sherif, Black, Sié, Djabi, Gaoussou, Touré, Siaka pour ne citer que ceux là, ils ont d’abord, élu domicile à Bingerville, puis à Yopougon Gesco, avant de se retrouver à Abobo PK18, 2 semaines avant la marche de la libération de la RTI. Avec une seule Kalachnikov dit-il, le commandant Féré et ses comparses ont engagé les premiers combats en libérant le quartier PK18 qui était déclaré zone de guerre par Laurent Gbagbo et ses tueurs. Les éléments du Cecos neutralisés au quartier N’Dotré, précisément au carrefour Diallo, Le déluge de feu qui s’est abattu sur les policiers qui étaient postés devant le collège Saint Joseph, non loin de la mairie d’Abobo, la libération du village d’Anonkoua Kouté, et le combat de l’émetteur de la RTI d’Abobo, sont à mettre à leur actif. « Nous avons débuté avec une seule kalachnikov, une mitrailleuse et un seul véhicule. Au fur à mesure qu’on combattait on récupérait les armes des mercenaires de Gbagbo. C’est mystiquement qu’on a pu prendre le dessus sur les forces Pro-Gbagbo et c’est sous un citronnier que nous faisions nos incantations pour aller au front la nuit », a-t-il révélé.
La furie meurtrière d’Anonkoua Kouté
Avant que le village d’Anonkoi Kouté ne soit aux mains des FRCI, il avait été le théâtre d’affrontements meurtriers, entre populations civiles armées et éléments du commando invisible. Sur ce front qui fait partie aujourd’hui de la zone de compétence du Commandant Féré Konaté, il s’est passé des choses terribles. « Quand nous avons appris que les dioulas et baoulés ne pouvaient pas passer dans ce secteur au risque de ce faire tuer par les jeunes du village armé jusqu’aux dents, nous nous sommes préparés pour libérer cette zone. Les combats étaient meurtriers. Là-bas, c’était force mystique contre force mystique. Après notre offensive, une nuit, nous avons trouvé des personnes qui avaient été enfermées dans un conteneur et qui sont mortes par la suite. Nous avons pu photographier des cadavres de femmes enceintes éventrées, un enfant de cinq ans a eu la tête coupée et un homme avait été transformé mystiquement en femme, mais il portait toujours le sexe masculin.
Malheureusement, le détenteur de ces images est porté disparu depuis lors », nous a révélé le commandant Féré. Malgré tout, aujourd’hui, les populations du village d’Anonkoua Kouté et les éléments du commandant Féré vivent en parfaite harmonie.
Ses démêlés avec IB
Suite à la capture de l’ex-chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, le comandant Coulibaly Ibrahim dit « IB » qui se faisait passer pour le chef du commando invisible a eu des démêlés avec le commandant Konaté Féré. « Quand on a fini de libérer Abobo et la Maca, IB et Fongnon sont venu nous voir. Ils avaient pris de l’argent avec Gbagbo pour recruter des mercenaires guinéens pour les déverser à Yopougon. Ils avaient élu domicile à Pk 18, précisément à la cité Coccinelle. Et comme IB voulait faire un coup contre Ado, j’ai pris mes éléments et nous sommes allés nous baser à Anonkoua Kouté. Les éléments de IB ont tenté trois fois de désarmer mes hommes. Ma maison a même été pillée par ses hommes et ils ont tendu plusieurs embuscades pour me tuer. Le jour où le président à donné l’ordre d’arrêter IB, nous avons eu l’information et j’ai pris mes éléments et nous avons quitté le quartier », nous a confié, le commandant Féré, avant d’interpeller ceux qui réclament la paternité du commando invisible à travers les journaux, à se ressaisir.
ADAYE KOUAKOU
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