Burkina Faso : 566 militaires radiés La face cachée d’une infamie mortifère

Burkina Faso : 566 militaires radiés
La face cachée d’une infamie mortifère

Selon le gouvernement burkinabé, 566 militaires ont été radiés des effectifs de l’Armée, tous corps confondus. Cette annonce est passée comme un fait divers et pourtant rendons nous à l’évidence, le fait est plus qu’important par la nature, le nombre, et la qualité de ces fonctionnaires mis en cause. Les militaires ne sont pas n’importe quels fonctionnaires ! Encore moins dans un pays de tradition guerrière depuis les deux très grandes guerres mondiales. Qui plus est, dans une Nation secouée par plusieurs convulsions militaires putschistes, souvent très meurtrières depuis des lustres et aujourd’hui gouvernée par un putschiste ‘’civilisé ‘’ qui n’est pas près à lâcher prise.

566 militaires, c’est presque l’équivalent de 5 bataillons militaires ! Ce n’est pas rien dans un des pays les plus pauvres du monde où chaque fonctionnaire a, à sa charge au moins 10 bouches à nourrir. Blaise Compaoré, le père de toutes les rebellions en Afrique de l’Ouest, le sait mieux que quiconque. Lui dont le pouvoir plus que fasciste ne repose que sur la force d’une Armée omniprésente qui s’illustrant régulièrement et impunément par sa brutalité. Il le sait aussi que sans ces militaires auparavant tout voué à lui, il aurait été éjecté du pouvoir depuis lors par tous les mouvements sociaux contestataires qui ont émaillé son sanglant règne.Or voici qu’il prétend en avoir éjecté sans réaction aucune l’équivalent de cinq bataillons ! il y a vraiment anguille sous roche. Le communiqué officiel précise que les radiés seraient des soldats et des sous-officiers issus de tous les corps d’armée à, l’exception de la gendarmerie. Pourquoi ? Parce qu’au Burkina Faso, la gendarmerie est et reste un corps d’élite qui ne se laisse pas compter ni fleurette, ni sornette. Elle a en son sein s’il n’est pas à la retraite des officiers supérieurs de qualité comme Palm, un des pères de la révolution burkinabé, compagnon de lutte de feu Thomas Sankara et surtout originaire de Bobo Dioulasso province insoumise qui de tout temps s’est opposé à la suprématie de Ouagadougou. Jadis, province ivoirienne jusqu’en 1947, elle s’est toujours démarquée politiquement et militairement du pays mossi. D’ailleurs Blaise s’en méfie comme du lait sur le feu.

Région traditionnellement frondeuse et boudeuse, elle n’a jamais accepté totalement l’autorité de Blaise Compaoré depuis l’assassinat de Sankara par ce dernier ; un Blaise qui le lui rend d’ailleurs bien. En effet c’est très rarement qu’il s’y rend, même pour raison d’Etat ! La preuve qu’il ne file pas le grand amour avec cette province, c’est que c’est à Bobo Dioulasso que la répression contre les mutins fut particulièrement violente, voire sanglante. Concernant la garde présidentielle, il n’y a eu que deux radiés et pour cause de garde prétorienne ! En fait, ce corps demeure le plus chouchouté et auquel le pouvoir ne refuse rien ; Et pourtant aussi paradoxalement que cela puisse paraitre, la sécurité présidentielle était à la pointe de la mutinerie dès le début.

Mais astucieusement, face à la raclée que prenaient les FRCI de Ouattara à Abidjan, Blaise préféra envoyer ce corps d’élite en grand nombre à Abidjan pour faire front à la pugnacité des FDS. Peut être aussi une manière de les éloigner un moment afin de calmer leur ardeur vindicative. Avec des primes auxquelles, ils n’avaient jamais rêvé 50.000fr CFA par jour soit 1.500.000 FRS mensuellement alors que M. Ouattara supprimait les primes de guerre des FDS de l’ordre de 50.00O par mois. Admirons le sens de l’équité de M. Ouattara et surtout les leçons de Bonne Gouvernance de celui qui s’en voulait le chantre.
Mais tout ceci ne justifie pas qu’on jette cinq bataillons dans la rue, tout de même ; les Burkinabé devraient plutôt ouvrir grandement les yeux. En réalité Blaise Compaoré et son gouvernement ont comptabilisé dans les radiés, tous les soldats burkinabé morts au combat dont plusieurs gradés tombés dans le champ de déshonneur en Côte d’Ivoire. Cette infamie mortifère n’aurait eu d’écho si les FDS n’étaient en mesure d’en donner une liste exhaustive ! Toute chose qui sera fait dans les jours qui viennent.
Ces militaires burkinabés transformés en mercenaires CEDEAO ont payé un lourd tribut dans cette crise. Blaise qui a toujours nié une participation effective des troupes d’Ouagadougou aux batailles ivoiriennes ne sait plus comment expliquer aux autres frères d’armes et aux parents de ces derniers leur absence pour ne pas dire leur disparition. En les comptabilisant parmi les radiés, il s’en dédouane et pourrait prétendre que ces absents en fuite ou en désertion se sont retrouvés à Abidjan de leur propre chef. Malheureusement, un crime n’est jamais parfait ; ici le grain de sable se situe au niveau des dates ; les mutineries sont presque postérieures pour la plupart aux batailles de la crise ivoirienne. Notre Blaise Le Beau se trouve dans de beaux draps avec ces radiés fantômes car il faudrait bien chercher parmi les zombies pour retrouver.
Depuis le déroulement de la crise, le Président burkinabé spécialiste des coups tordus ne se sent plus en sécurité car selon les chiffres de l’ONUCI, 14000 soldats FDS ont disparu dans la nature avec armes et bagages. De quoi à mettre sur pied une véritable armée ou nouvelle rébellion pour bouter dehors les hordes barbares et sanguinaires de Ouattara empêtrées dans leur division interne. Si Ouattara dans une telle situation a peur de son propre ombre, il n’en demeure pas moins que Compaoré est tourmenté par ce qu’il a lui-même commandité ; car les rebellions sont des ogres autant parricides qu’infanticides. L’effet boomerang est selon toute probabilité en gestation. Blaise s’attend d’une manière ou d’une autre au retour de la manivelle. Qui sème le vent, récolte la tempête. Seulement le problème se pose à lui, en une équation à trois inconnus : ‘’quand?’’, ‘’comment ?’’ Et ‘’ De quelle ampleur ?’’.
L’homme est si inquiet qu’il a dû dépêcher à Accra son homme à tout faire, son conseiller spécial, le Mauritanien Moustapha Chafi, Monsieur bons offices auprès des preneurs d’otages du désert (Akmi et Al-Qaïda) dans l’espoir de nouer le fil d’Ariane avec ses victimes, fut il au détriment de Ouattara.
Mission essentielle de Chafi, ‘’rencontrer le commandant de quelques 2500 membres de la Garde Républicaine du Président Laurent Gbagbo qui seraient toujours armés’’ selon ‘’La Lettre du Continent’’ n° 612 du 26 Mai 2011. En réalité Blaise a très peur et pour lui-même et pour son ami Ouattara face à une possible jonction entre les forces burkinabés dans la nature et celles de Laurent Gbagbo qui pour des raisons de sécurité ont trouvé refuge dans les pays limitrophes, pas forcement, ni nécessairement au Ghana comme le pensent Blaise et ses comparses.
Écoutons l’aveu de taille de l’inamovible Ambassadeur burkinabé en Côte d’Ivoire, Emile ILboudo :’’ Les mutins [burkinabé] viennent essentiellement de la Côte d’Ivoire, la plupart des fils d’immigrés, nés en Côte d’Ivoire et retournés travailler au pays après avoir obtenu des diplômes’’. Eh bien !, il fallait s’y attendre, après avoir utilisé ces jeunes gens pour déstabiliser leur patrie de naissance parce qu’ils avaient une connaissance et un parfaite maîtrise du terrain, les hommes de Blaise se plaignent qu’ils leur appliquent la même recette ! ‘’Un cabri à courte queue se paie par un cabri à courte queue’’. Merci pour le retour à l’envoyeur, et attendons de voir.
Gbi.
Source :Un article de djaraminandjara
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