Opérations « Alabama » et « Maïs sec »

par Patriote Kouadio, jeudi 21 juillet 2011, 05:41

Entendons-nous bien : je ne crois pas qu’il y ait un seul Ivoirien patriote hier, et toujours patriote, mais doublé aujourd’hui de résistant, qui se dresse contre Alassane Ouattara au seul motif que celui-ci serait originaire du Nord de la Côte d’Ivoire.
Il est évident que la Côte d’Ivoire ne vivrait pas le drame que nous connaissons si au crépuscule de la décennie 80 les mêmes qui l’ont fait roi aujourd’hui n’avaient pas imposé Alassane Ouattara, national burkinabé, au président Houphouët-Boigny. Il est clair que si les Ivoiriens avaient fait bloc autour de leur constitution (comme en 1993 lorsque toute la classe politique accepta l’application de l’article 11 de la loi fondamentale) le même Alassane Ouattara aurait depuis très longtemps ravalé ses ambitions présidentielles. Il est indubitable que si un Ivoirien d’Odienné, de Touba, de Sempurgo, de Badikaha, de Massala, de Niofoin, de Dikodougou, de Natio-Kobadara, de Komborodougou, de Sifié, de Niakaramandougou, bref si un ressortissant du Grand Nord ivoirien avait porté la candidature du RDR aux dernières élections, le monde entier ne serait pas accouru pour regarder ce qui se passe dans notre maison commune, parce que justement les Ivoiriens ne se seraient pas tiré les uns sur les autres.
Je veux en inférer simplement que le drame de la Côte d’Ivoire s’appelle Alassane Dramane Ouattara, le compatriote de Blaise Compaoré qui en est le soutien inconditionnel parce que le Burkina Faso de l’assassin de Thomas Sankara a des visées impérialistes, annexionnistes sur la Côte d’Ivoire.


Alors, oui alors, tous les Ivoiriens qui ont d’une manière ou d’une autre soutenu Alassane Ouattara dans son entêtement à devenir président de la République ivoirienne, sont coupables de trahison très grave, et doivent le payer, je vous dirai comment dans un instant. Mais avant, je vous renvoie à deux événements très distants au double plan spatial et temporel.
Le 16 juillet 2011, Calixthe Beyala qu’on ne présente plus déclarait à Paris lors d’une manifestation organisée par les patriotes et résistants ivoiriens et africains : « Si demain, un million d’Africains descendants, d’africain-Français, d’Africains adhèrent au sein de la MAF, Mouvement des Africain-Français, nous serons la première force politique de la France et alors, ils seront obligés de nous écouter (…) la véritable manière de frapper, c’est qu’avant la fin de l’année, nous soyons 1 million au sein du MAF ! Et cela est possible, si chacun d’entre nous adhère, indépendamment de ses activités politiques par ailleurs. C’est possible, si chacun d’entre nous y fait adhérer ses amis, ses enfants, son compagnon, ainsi que toute personne susceptible de l’aider. C’est possible de se faire entendre ! C’est possible de nous faire respecter grâce au MAF (…) ». 
Calixthe Beyala, estime que c’est l’Élysée qui conserve les clés des geôles où Laurent Gbagbo, son épouse Simone, son fils Michel et tous leurs collaborateurs sont embastillés.
Le second événement est le boycott des bus de Montgomery. Wikipédia nous le rappelle clairement : « Une campagne politique et sociale entamée en 1955 à Montgomery, dans l’État de l’Alabama, aux États-Unis, pour s’opposer à la politique municipale de ségrégation raciale dans les transports publics. Consécutive à l’arrestation de Rosa Parks, une Noire américaine qui avait refusé de laisser sa place à un Blanc dans le bus, ce boycott a été l’un des événements majeurs du mouvement des droits civiques aux États-Unis. Il dura du 5 décembre 1955 au 21 décembre 1956, et aboutit à une décision de la Cour suprême déclarant les lois de ségrégation raciale dans les bus en Alabama anticonstitutionnelles ».
Nous savons qu’Alassane Ouattara est soutenu par la « communauté internationale » incarnée par la France et les États-Unis d’Obama dans une moindre mesure. Mais surtout au plan national par l’immense majorité des nordistes ivoiriens et par tous les ouest-africains musulmans établis en Côte d’Ivoire pour des raisons économiques avant tout.
Toutes ces catégories de soutiens doivent le payer cher aux patriotes ivoiriens. Pas de leur vie selon moi, mais autrement.
Au niveau de la France, je n’ajoute rien à la proposition de Calixthe Beyala. Sinon il faut que tous les Africains-Français, Ivoiriens ou non qui soutiennent notre cause fassent déménager Nicolas Sarkozy de l’Élysée à l’issue de la présidentielle de 2012.
Au niveau de la Côte d’Ivoire, une des nombreuses façons de protester contre l’installation antidémocratique et anticonstitutionnelle d’Alassane Ouattara à la tête de l’État ivoirien consisterait en ce que j’appelle l’ « Opération Alabama » : une forme de désobéissance civile dont la pierre angulaire devrait être le boycott des bus de la Sotra par tous ceux qui n’acceptent pas Alassane Ouattara pour ce qu’il est, ce qu’il représente et pour la manière dont il s’est retrouvé au sommet de l’État ivoirien.
Oui, mon frère, oui ma sœur, oui mon père, oui ma mère, oui mon oncle, oui ma tante, oui mon cher concitoyen, oui ma chère concitoyenne vivant à Abidjan, si tu ne reconnais pas Alassane Ouattara comme ton président, économise le peu d’argent que tu as en refusant d’emprunter le bus. Tu ferais d’ailleurs du sport, ce qui est une bonne chose pour ta santé. Tu vois que tu engrangerais plusieurs bénéfices d’un seul acte que tu poserais. En effet, la marche a plutôt un effet positif sur le corps humain. Et puis, il est temps que nous Ivoiriens apprenions à être solidaires. Pendant l’ « Opération Alabama », nous pouvons nous organiser de telle sorte que ceux qui possèdent un véhicule puissent transporter ceux qui pour une raison ou une autre ne peuvent marcher. En effet, sans solidarité notre combat sera vain, et l’adversaire nous asservira pendant longtemps sinon ad vitam aeternam.
Toujours au niveau de la Côte d’Ivoire, considérons Alassane Ouattara comme un poisson. Et les militants (électeurs, sympathisants) du RDR comme un lac. Il faudrait donc assécher ce lac pour tuer le poisson. Cette action je la dénomme l’ « Opération maïs sec », et vous allez comprendre pourquoi.
La quasi-totalité des militants du RDR sont des commerçants et des transporteurs, sont majoritaires dans ces deux corporations, et on les distingue facilement de leurs collègues militants ou sympathisants des autres partis politiques. L’ « Opération maïs sec » consiste à boycotter autant que faire ce peut leurs marchandises et prestations au profit d’autres commerçants ou transporteurs. Le succès de cette opération aura raison de leur détermination à soutenir un homme qui est la cause du drame que vit la Côte d’Ivoire depuis une vingtaine d’années, et dont le point d’orgue reste les événements douloureux de ces sept derniers mois.
Allez, tous en avant pour les opérations « Alabama » et « Maïs sec » !

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