Atteinte à la sûreté de l`Etat / Le Cdt Abéhi promet de frapper le régime Ouattara : “Je reviendrai pour la seconde partie du match”

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Convoqué par le tribunal militaire : Le commandant d’escadron blindé d’Agban, Abéhi Jean Noël, en fuite
L`ancien patron des blindés d`Agban a préféré prendre la poudre d`escampette plutôt que de répondre à l`autorité qui souhaite l`entendre sur les exactions commises par les hommes sous son commandement pendant la période post-électorale

Le commandant Abéhi Jean-Noël, ex patron de l`escadron Blindé d`Agban, n`a pas l`intention de vivre indéfiniment en exil et encore moins de se livrer à la justice ivoirienne pour répondre de ses actes. Avant de prendre la poudre d`escampette, il y a un peu plus d`une semaine, Abéhi s`est entretenu avec un groupe restreint d`éléments qui lui sont fidèles. A ceux-ci, il a laissé un message qui ne laisse planer aucun doute sur ses intentions : « je m`en vais mais je reviendrai pour disputer la seconde partie du match ». Parole d`officier supérieur de gendarmerie qui se désigne lui-même comme une bête des théâtres de conflits armés. Avant de s`enfuir du pays, à la surprise générale, il y a une dizaine de jours alors qu`il était sous les feux des projecteurs dans un contexte post-crise, le commandant Jean Noël Abéhi, selon des sources militaires, aurait pris ses dispositions. 

L`homme savait ce qu`il voulait faire. Aussi, a-t-il mis d`abord sa famille à l`abri à l`étranger avant de réunir une poignée d`hommes en qui il a pleinement confiance. « Je vous demande de rester sereins. Je m`en vais mais je reviendrai parce que nous devons jouer la seconde partie du match. Soyez sereins, ne vous découragez pas. Je vais retrouver Boniface et les autres », aurait déclaré, en substance, le commandant Abéhi qui aurait entrainé dans sa fuite quelques hommes vers le Ghana voisin où se trouve d`ailleurs l`ex-com-théâtre Konan Boniface, un autre officier pro-Gbagbo également en cavale. Dans sa fuite, nos sources sont formelles, le Cdt Abéhi a bénéficié de complicités internes et externes. Le camp de gendarmerie d`Agban, nous renseigne-t-on, serait composé à 85% d`éléments plus fidèles à Gbagbo qu`à la République. Ce camp où le commandant Abéhi régnait en véritable seigneur échappait au commandant supérieur de la gendarmerie Kassaraté Tiapé Edouard. C`est le patron de l`escadron Blindé qui faisait la pluie et le beau temps, il n`hésitait pas à faire savoir même à ses chefs hiérarchiques que le vrai patron dans ce camp, c`était bien lui. Arrogant à souhait, ce pilier du régime Gbagbo détenait avec ses hommes une armuerie digne de la confiance que Gbagbo plaçait en lui. Plusieurs types d`armes lourdes étaient en effet plaquées à Agban. Cet arsenal était si bien dissimulé que même les frappes aériennes des forces onusiennes n`ont pas réussi à les mettre hors d`état de nuire. Pendant les combats, Agban s`est révélé un baston imprenable. Les hommes du commandant Abéhi ont défendu avec acharnement leur camp. Si après la capture de Gbagbo, continuer le combat était devenu une aventure sans cause, ceux qui ont combattu à Agban et qui ont déposé les armes n`ont pas pour autant désarmé leur cœur. A Agban, les éléments d`Abéhi sont toujours en place. Ils n`ont pas fait l`objet d`affectation. Abéhi a fui, il s`est terré un moment avant de sortir de sa cachette pour venir se présenter aux nouvelles autorités avec l`aide du Premier ministre, Charles Konan Banny. Pour autant, le patron de l`escadron n`a pas été rassuré par la tournure que prenaient les choses au double niveau judiciaire et politique. Faire la lumière à tout prix sur les armes de la période post-électorale signifie que Abéhi n`a aucune chance de s`en tirer vu le rôle qu`il a joué auprès de Gbagbo et les massacres de civils qui lui sont attribués. Or Abéhi ne veut pas moisir en prison, il n`avait donc pas d`autres alternatives que de s`enfuir. Mais l`ex patron de l`escadron blindé d`Agban n`a pas non plus l`intention de mener la vie d`un fugitif éternel. Il compte rentrer pour mener sa seconde guerre contre la démocratie et le peuple ivoirien. Au moment et à l`heure qu`il jugera le plus opportun pour surprendre le nouveau régime. Akwaba Saint Clair

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