Le nord,le camp Boiro de Ouattara?

Ciboutonpar La Majorité Présidentielle Gbagbo, mardi 12 juillet 2011, 17:42

Des personnalités du régime de Laurent Gbagbo, au nombre de 24, détenues jusque-là à la Nouvelle Pergola (hôtel occupé par l’Onuci) à Abidjan Zone 4, ont été transférées à Boundiali, dans le nord du pays. Le transfert s’est effectué, samedi dernier, aux environs de 6h du matin par voie terrestre, dans un convoi spécial composé, a-t-on appris, de combattants Frci et de soldats de l’Onuci. La ville de Boundiali rejoint celles de Katiola, Bouna, Odienné et Korhogo, toutes localisées dans le nord du pays, dont les prisons accueillent déjà depuis avril dernier, d’autres personnalités dont le Président Laurent Gbagbo, lui-même, ainsi que son épouse, Simone Ehivet Gbagbo, et le président du FPI (parti de Gbagbo), Pascal Affi N’Guessan. Ces personnes sont toutes détenues dans des conditions inhumaines avérées ponctuées d’humiliations.
A Odienné, par exemple, a-t-on appris, les populations étaient sollicitées par les hommes de Ouattara à débourser 200 Fcfa pour épier Mme Simone Gbagbo dans sa détention tel un animal de foire. A Bouna où ils sont emprisonnés depuis le 4 mai dernier, Pascal Affi N’Guessan et ses co-détenus dont Michel Gbagbo, fils du président renversé, ont été humiliés sans ménagement par les forces armées de Ouattara. Le film de ces violations des droits de l’homme est actuellement disponible sur Utube.

Un constat s’impose au regard de toutes ces détentions illégales orchestrées par Alassane Dramane Ouattara et son régime. C’est que le nord de la Côte d’Ivoire est devenu, depuis le coup d’Etat perpétré par la France contre Gbagbo, une sorte de camp Boiro, un goulag version Ouattara. Comme dans le tristement célèbre camp Boiro créé par Ahmed Sékou Touré en Guinée-Conakry, les conditions de détention à Bouna, Katiola, Korhogo, Odienné et peut-être maintenant Boundiali, sont aux antipodes du respect des droits de l’homme. D’autant que ces prisons sont toutes des mouroirs. Gbagbo et ses amis y ont été déportés pour y «mourir à petit feu», comme disait le chef de guerre Morou Ouattara.
C’est ainsi que procédait Sékou Touré. Mais également Félix Houphouët-Boigny, sous son parti unique, pendant ses complots imaginaires des années 60. Le ministre de la Justice du gouvernement Soro, Me Ahoussou Jeannot, fait visiblement de la démagogie lorsqu’il affirme à Jeune Afrique que : «Il n’y a plus de prison dans le sud, tout a été saccagé et détruit pendant les combats entre les Forces républicaines de Côte d’Ivoire et les ex-Forces de défense et sécurité (FDS) pro-Gbagbo. Les pénitenciers sont en réhabilitation, et ils ne sont opérationnels que dans le nord, poursuit Ahoussou. La prison de Boundiali a été rénovée par l’opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et par l’Union Européenne (EU). Tout est mis en œuvre pour que ces personnalités soient bien traitées».
Le sort réservé à Affi N’Guessan et ses co-détenus, le 4 mai dernier, à Bouna, est-ce cela un bon traitement ? Il est certes vrai que certaines prisons du sud dont celle d’Abidjan ont été attaquées par les forces pro-Ouattara, en avril dernier, et les prisonniers libérés puis dotés d’armes pour devenir des «volontaires de Ouattara», mais des sites existent à Abidjan, Yamoussoukro etc. pour accueillir les personnalités sus-citées. Si tant est qu’on veut que ces personnes soient dignement détenues. A la vérité, il s’agit de faire subir le pire à Gbagbo et aux autres.
Didier Depry didierdepri@yahoo.fr
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