Brahim Ould Abdallahi ou le Sisyphe de la pensée Mauritanienne

Cimper Nayra


Brahim Ould Abdallahi, vient de payer de sa fonction, son engagement sémantique auprès du mouvement de la jeunesse révolutionnaire du 25 février, notamment par ce fameux slogan « Change ou Dégage ».

Cet intellectuel iconoclaste, amoureux de la culture, polyglotte, théoricien de l’Afro-Andalousie et concepteur du substratum identitaire Mauritanien NBA ou (Nègres. Berbères. Arabes) , philosophe, journaliste et enfin poète…
 Cet homme que j’ai eu la chance de connaitre dans l’intimité et que j’ai pu apprécier pour son indépendance d’esprit, pour son amour du pays, pour sa connaissance de la complexité des rapports de pouvoirs, pour la franchise de son approche qui est frontale et qui rentre en opposition avec les stratégies politiques pratiquées par chez nous.
 Ce que je retiendrais de lui à titre personnel et qui me semble sauter aux yeux en ce qui le concerne , c’est sa qualité de visionnaire. Voir au-delà des réalités et des contingences immédiates, diagnostiquer les symptômes et agir avant de constater le fait accompli mais surtout de savoir proposer un destin commun d’exception et d’excellence à une Nation plurielle, un défi à relever en somme.

Le régime en place on le sait, a une sainte horreur des intellectuels honnêtes et intègres, si en plus vous ajoutez à cela du tempérament, des convictions et un charisme, alors vous êtes l’ennemi, l’adepte forcé des traversées du désert continuelles.

Ce qu’on attend de vous , ce qu’on vous suggère , c’est de faire des éloges ou de vous taire…
D’applaudir et de soutenir, les artisans de votre propre ruine, aussi bien sociale, économique, que morale et spirituelle.
Il y a ceux qui rendent des honneurs inavouables à leur patrie et il y a ceux qui la servent au mépris de leur réussite personnelle et malheureusement dans l’indifférence générale.
En recevant la nouvelle de son remerciement, ma première réaction fut motivée par la sympathie et la compassion que suscite chez moi le devenir de l’individu, de l’homme et du mentor qu’il est. Par extension, j’ai pensé automatiquement à tous les intellectuels Mauritaniens qui vivent en Mauritanie et qui se retrouvent chaque jour dans la position d’abdiquer leur singularité , leur originalité, leur inventivité, au nom d’une supposée mentalité Mauritanienne qui ne serait pas prête…


Nayra CIMPER
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