Tchad – Prochain champ de guerre de Sarkozy ?

Publié le6 juillet 2011 parAllain Jules
NDJAMENA – C’est avec consternation que les autorités tchadiennes à Ndjamena la capitale, ex Fort-Lamy, ont appris que la France s’apprêtait à retirer les forces françaises dites « Épervier » (950 hommes) du Tchad. Selon une déclaration du chef du quai d’Orsay Alain Juppé, « La force militaire appelée Épervier »ne se justifie pas » et doit être rapatriée ». Le Tchad est un pays d’Afrique centrale sans accès à la mer. Pour ses exportations de pétrole, il passe par les ports camerounais, après avoir construit un oléoduc avec le concours de la Banque mondiale. Situé au sud de la Libye, à l’est du Niger et du Nigeria, au nord du Cameroun et de la République centrafricaine et à l’ouest du Soudan, ce pays qui connait par intermittence des guerres craint pour sa stabilité. Sa capitale est N’Djamena. Géographiquement et culturellement, le Tchad constitue un point de passage entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire.

Le fin du président Idriss Deby Etno ?

Faisant suite à la demande d’Idriss Deby Itno qui avait déclaré le 11 août 2010 : « Nous nous acheminons vers une révision de l’accord de siège entre Epervier et le Tchad ». la France réagit donc. Le président tchadien ne savait pas que la Libye serait en proie à une guerre de prédation. Apparemment donc, il existerait entre Paris et Ndjamena, un désamour qui ne dit pas son nom. Après la déstabilisation de la Libye où, selon nos informations l’Otan préparerait une invasion terrestre dans les 10 jours qui viennent et les armes qui vont circuler indubitablement avec la probable défection des rebelles de Kadhafi venant pour la plupart du Tchad et du Niger, le Tchad sera en proie à des troubles, puisque la force française Épervier était/est en quelque sorte, une force d’interposition. Ce pays d’Afrique centrale de près de 12 millions d’habitants peut pousser la guerre du Niger, jusqu’à se répandre au Cameroun. Est-ce cette affaire qui a fait que le président tchadien ne se déplace au procès de son fils aîné Brahim assassiné à Courbevoie, procès qui a lieu jusqu’au 8 juillet prochain à Nanterre ? Tout était prévu pour son déplacement mais, en dernière minute, il n’est pas venu.

Une nouvelle guerre de prédation ?


Les gisements du pétrole tchadien sont exploités par un consortium associant ExxonMobil (Etats-Unis), Chevron (Etats-Unis), et Petronas (Malaisie). Aucun pétrolier français dans le lot. Représentant 80% des exportations nationales, le pétrole permet à la balance commerciale de ce pays pauvre jadis, de devenir nettement excédentaire. Selon un protocole d’accord avec la Banque mondiale, il doit servir de financement à la lutte contre la pauvreté et le Tchad bénéficie de 2 milliards d’euros/an à cet effet. Pourquoi donc la France tenterait de déstabiliser ce pays en retirant ses troupes ? Pourquoi maintenant alors que le président Déby l’avait demandé depuis 2010 ? Le hasard n’étant pas de ce monde, soit, la France convoite aussi le pétrole tchadien sous injonction de ses multinationales, soit, la France fait semblant d’avoir un contentieux avec le Tchad, complice comme certains États africains, en contribuant à la liquidation sans vergogne de Mouammar Kadhafi pour assouvir la soif de sang et de pétrole des puissances occidentales. La question est de savoir que feront les États-Unis et le Cameroun lié au destin du pétrole tchadien.


Ruse pour envoyer ces hommes en Libye ?

Selon plusieurs sources concordantes, l’attitude française passerait par un envoi de tous ces hommes postés au Tchad en Libye. En effet, enlisée dans la guerre contre le peuple libyen et son leader Mouammar Kadhafi, la France, sans en référer à l’Onu ou à l’Otan comme d’habitude, après le parachutage illégal d’armes aux rebelles qui n’avancent point malgré la propagande ambiante, aurait décidé d’envoyer des troupes au sol pour en finir. Info ou intox ? Dans les tous prochains jours, nous en sauront un peu plus. Alors que le Parlement français, sorte de chambre, de caisse de résonance et/ou psittacidé, fera allégeance au président de la République Nicolas Sarkozy pour l’extension de la guerre au sol le 12 juillet prochain, en leur âme et conscience, alors que la Libye, pays membre des Nations unies, n’a jamais attaqué la France, ce serait le comble.

Publicités