L’urgence d’un État consensualiste : le modèle Beti précolonial


Bientôt, si Paul Biya ne s’incline pas, les machines occidentales de la mort feront pleuvoir la foudre du métal et du nucléaire sur les populations de Yaoundé, dont notamment les Beti qui s’armeront de leurs lances ridicules pour « défendre Yaoundé ». Des milliers de morts tomberont parmi les naïfs qui continueront de défendre « notre régime Beti ». Ce sera la célébration de l’échec du modèle républicain, non plus seulement en termes de pauvreté, mais en termes de sang versé. L’Occident impérialiste perd son influence en Afrique et panique par la barbarie. Les forces impérialistes qui nous oppriment depuis un siècle ne figurent pas parmi les pays qui brillent particulièrement à la tête du classement des pays suivant l’indice de prospérité. Ceux qui s’y trouvent pratiquent le modèle consensualiste du gouvernement par les conseils, une tradition politique de l’Afrique précoloniale. Les Beti, les Krou, les Tigana et Iguembe, et toutes les autres nations aux traditions de gouvernement consensualiste doivent demander la décentralisation dans leur pays et leur autonomie, afin de se faire gouverner par leurs traditions aujourd’hui gagnantes dans le monde comme meilleur modèle politique.
Photo ci-contre : le Cameroun du « régime Beti » : alcool et pauvreté. Une image de Danielle Mpeh.


Ndzana Seme
BALTIMORE 07/01/2011 – À l’horizon pointe au Cameroun le spectre du génocide et des massacres préparés par les forces impérialistes occidentales. Ces puissances occidentales, notamment les Etats-Unis de Barrack Obama, ont déjà donné leurs avertissements au dictateur Paul Biya.
La nation Beti et sa nation sœur des Bulu ,qui ont jusqu’ici jeté leur dévolu pour soutenir le métayer de la France, Paul Biya, qu’ils appellent à tort ou à raison leur frère, court le risque de subir dans quelques mois le sort des Krou (Wè, Bété, Dida et quelques 17 autres communautés ethniques) de Côte d’Ivoire et du Libéria, qui sont depuis des mois massacrés partout dans le Sud-Ouest ivoirien pour les premiers, avec notamment le génocide des Wè à Douékoué, et pourchassés pour les autres par les bandes terroristes d’Alassane Ouattara soutenues par la France et l’ONU.
L’acharnement terroriste et particulièrement destructif des forces françaises de Nicolas Sarkozy pour écraser définitivement Laurent Gbagbo et son régime coupables de prôner la souveraineté de la Côte d’Ivoire contre l’asservissement de la Françafrique, avec le soutien de Barrack Obama qui appela « voyous » les centaines de milliers d’Ivoiriens sortis pour soutenir Gbagbo le 1er Avril dernier, montrent qu’il y a plus que le socialisme instauré par Gbagbo qui inquiète les forces impérialistes en Côte d’Ivoire et ailleurs en Afrique.
Et pour, preuve Laurent Gbagbo et son armé ont évité d’affronter militairement la France jusqu’à son kidnapping le 11 Avril, parce qu’ils pensaient que la France, notamment certains tireurs des ficelles de la marionnette politique Sarkozy comme Vincent Bolloré, tiendra compte de tous les marchés et concessions qu’ils ont accordés aux intérêts français et, par conséquent, ne les attaquerait pas de front. Il en sera de même pour Paul Biya, l’irréprochable fidèle, le « bon élève » de la France, jusqu’à ce que les forces françaises et leurs alliés internes lui pètent du plomb en pleine figure ou le ridiculisent devant les caméras.
Ce que redoutent surtout les forces impérialistes occidentales à l’observation de la haine grandissante des populations contre la France, c’est notre retour vers les modèles précoloniaux de gouvernement, que son administration coloniale avait tout fait pour bannir et détruire.
L’Occident impérialiste perd son influence en Afrique et panique par la barbarie
Il n’est donc plus étonnant de constater que, en matière de gestion politique précoloniale de leurs nations, les Beti du Cameroun, les Krou de Côte d’Ivoire, les Tigana et Iguembe du Kenya, et une multitude d’autres nations africaines précoloniales étaient administrées par un modèle politique qui gagne actuellement dans le monde : c’est le modèle consensualiste de démocratie.
Actuellement, les dix premiers pays les plus développés du monde, suivant le classement de l’indice du développement humain du PNUD et de l’indice de prospérité du Legatum Institute, ne sont pas les pays que les dirigeants du Cameroun et des autres pays africains regardent comme les modèles à suivre. Les forces impérialistes qui nous oppriment depuis un siècle ne sont pas parmi les pays qui brillent particulièrement à la tête de ce classement.
Il est donc clair que les pays occidentaux les plus impérialistes voient leur capacité d’influence diminuer à travers le monde. Ils savent qu’ils ne pourront pas continuer de dominer et d’exploiter sauvagement nos pays pour longtemps. C’est pour cette raison qu’ils reviennent avec une barbarie propre à leur histoire et à leur culture que nous avons vite oublié, éblouis que nous restons par les mensonges de leur propagande envahissante.
Car, lorsqu’on constate que l’adoption du modèle consensualiste de gouvernement, qui place aujourd’hui les pays scandinaves et d’autres en tête des pays les plus développés en termes de prospérité, alors qu’il y a moins d’un siècle ils ployaient encore sous le joug des rois, princes et autres despotes, l’on comprend que ce modèle consensualiste de démocratie, longtemps combattu farouchement, banni et détruit par l’occupant colonial chez les Beti, les Krou, les Tigana et Iguembe et les autres nations africaines, est le modèle idéal de démocratie.
Le modèle consensualiste de gouvernement démocratique des Beti précoloniaux
Une institution sociale fondamentale organisait le gouvernement de la nation Beti précoloniale. C’est le rite d’initiation SSo pour les hommes, Mevunga pour les femmes. Ces noms sont en langue Ewondo ou Yaoundé. Ils peuvent différer dans d’autres langues Beti.
Les rites du Sso contribuent à établir le gouvernement du pays par les plus méritants ; une méritocratie. Il fallait donc, dans cette société patriarcale, que chaque adolescent soit sélectionné, sans discrimination, pour passer les dures épreuves du Sso. Au sortir victorieux desquelles il recevait le statut de guerrier.
Dès sa sortie comme un homme initié, alors qu’il était parti en brousse comme enfant quelques mois plus tôt, les jeunes filles commençaient déjà à tourner autour de lui comme candidates épouses. Les célibataires qui n’avaient jamais réussi à réunir une dot, y compris ses frères et fils, le voyaient déjà comme quelqu’un chez qui trouver protection.
Le jeune initié abattait ensuite un pan de forêt, y créait un grande plantation et construisait une maison pour lui et une autre pour une épouse, réunissait l’argent nécessaire (les bikié) pour payer une dot, et commençait la construction de son domaine (dzal).
Ses plantations agricoles et son petit élevage attiraient des ouvriers (mintobo) venus vivre sous sa protection, ainsi que d’autres membres de sa famille. Avec de nouvelles épouses, de nouveaux mintobo, et des esclaves pris dans la guerre (elle se menait essentiellement sous forme de raids contre les ennemis) ou gagnés lors des jeux d’Abbia, le jeune initié établissait son domaine et se faisait appeler mié-dzala (créateur du domaine).
Le pays Beti était dirigé par les mié-dzala siégeant en conseils. Pour présider chaque conseil, ils nommaient par consensus un mié-nnama (créateur du pays) en fonction de ses qualités éprouvées, dont notamment le bon gouvernement de son dzal, son impartialité et son courage.
Il n’y avait pas de lieu précis pour la tenue des conseils Beti et il n’y avait pas aussi de date précise de leur tenue. Les conseils siégeaient essentiellement soit pour rendre des décisions de justice, dont notamment les conflits dépassant le mié-dzala dans son domaine et ceux plus graves comme la sorcellerie, soit pour entériner une décision prise par un conseil de clan, soit sur les questions touchant la sécurité et l’intégrité territoriale de tout le pays.
Ils se tenaient sur le domaine où les faits avaient été commis ou celui du mié-dzala qui avait convoqué le conseil.
Le gouvernement siégeant par conseils ne prélevait aucun impôt, en dehors des dons requis pour couvrir les frais de déplacement (ebodosi) et d’entretien des juges (ntsig-ntol).
Par contre, des impôts importants, droits de passage, étaient prélevés par chaque mié-dzala auprès des caravanes des marchants qui traversaient régulièrement son domaine.
Les décisions n’étaient adoptées en conseil, par consensus, qu’après consultation de tous les mié-dzala, mais aussi de tous leurs dépendants, y compris femmes, frères et fils célibataires (bongo be dzal, enfants du domaine), ouvriers et esclaves.
Pour ce faire, les Beti anciens ne se pressaient pas, comme les gouvernants occidentaux, pour la prise d’une décision. Car, comme ils disaient, une nuit ne pourrit pas l’éléphant (alu la bobol zok), parce qu’il faut prendre le temps de compter les lattes du toit (alan mintuan andil) en passant la nuit. C’est-à-dire qu’il faut prendre tout le temps nécessaire pour réfléchir, mener toutes les investigations, entendre tout le monde, recueillir les concessions, avant de pouvoir aboutir à une décision consensuelle.
Avec un tel système de gestion consensualiste et démocratique du pays par des conseils gouvernants, les Beti précoloniaux jouissaient d’un niveau élevé de bien-être, du mié-dzala lui-même jusqu’à l’esclave.
Rien d’étonnant donc que les pays scandinaves et autres, qui ont adopté ce système de gouvernement démocratique et consensuel par des conseils, soient aussi ceux qui connaissent les niveaux de prospérité les plus élevés du monde.
Notons bien ici que, même comme je pense qu’il faut abolir toute forme d’esclavage, l’esclave n’était pas traité durement par les mié-dzala, comme les Occidentaux et les Islamistes le font, puisque les esclaves allaient jusqu’à donner des enfants avec les femmes du mié-dzala, dans les maisons-cuisines desquelles ils dormaient souvent. Sans compter, dans un pays sans prisons ni police, qu’il y avait des esclaves volontaires et des gens qui jouaient leurs femmes, leurs dépendants et même eux-mêmes quand ils perdaient tout dans les jeux de hasard du Abbia ou dans les jeux d’étalage des richesses (bilabi). Bref, il n’y avait pas d’esclavage, dans l’entendement actuel du mot, chez les Beti précoloniaux.
Pour me résumer, les détenteurs du pouvoir politique chez les Beti précoloniaux étaient : les mié-dzala (gouverneurs des domaines), les mié-nnama (gouverneurs du pays), les ntsig ntol (juges), les ngengâ mod (surhomme, héros), les mbege mfeg (porteur de sacs ou dirigeants des rites Sso et autres), les mengi-mengi (vieux du pays, regardés comme des ancêtres vivants), tous réunis au sein du etogan nnam (conseil du pays).
On comprend bien ici que tous ceux qui étaient regardés comme une autorité, d’une manière ou d’une autre, étaient associés dans le gouvernement du pays Beti.
La destruction du modèle Beti par l’occupant colonial
Cette organisation politique basée sur l’indépendance des domaines est aussi, malheureusement, la cause de la défaite et de la soumission faciles des Beti précoloniaux par l’occupant colonial allemand. Face à la poudre et au canon, et à une armée de Dahoméens habiles au maniement de ces armes de la mort, les Beti se trouvèrent incapables de lever une armée digne de ce nom. Ils tombèrent facilement dans le piège sécuritaire de tout peuple dirigé par des philosophes.
Certains mié-dzala et leurs domaines opposèrent une résistance farouche, tel Omgba Bissogo de Yaoundé. D’autres clans entiers, tels les Bene, les Etons, les Mbida Mbani ou les Akonolinga, tinrent eux aussi bon pendant des décennies. Mais ils furent obligés de déposer les armes devant une terreur jamais vue auparavant, parce que des mié-dzala de plus en plus nombreux, notamment les Ewondo autour de Yaoundé actuel, s’étaient soumis, attirés par les avantages que leur miroitaient les colons en leur donnant les fausses promesses de les soutenir militairement contre leurs ennemis.
Au contraire, une fois les premiers jeunes convertis au Christianisme colonial, dont notamment Karl Atangana l’interprète célèbre qui fut vite nommé juge au tribunal coutumier colonial, l’administrateur colonial s’attaqua aux rites Sso en les interdisant en 1910 sous peine de pendaison. L’un des plus grands défenseurs de cette interdiction était justement Charles Atangana, que le colonisateur récompensa en le nommant ensuite chef supérieur des Ewondo et des Bene.
C’est ainsi que l’administrateur colonial multiplia des chefs administratifs, afin de diminuer l’autorité des mié-dzala. Qui l’était d’autant plus que l’église coloniale lui prenait femmes, bongo de dzal, mintobo et esclaves à la pelle, et s’attaquait même avec virulence au système de la polygamie qui fondait sa richesse.
Les domaines Beti commencèrent à se disloquer, les nouveaux chef administratifs, des non initiés, devenaient plus riches que les mié-dzala grâces aux ristournes des impôts qu’ils percevaient, d’autant plus qu’ils avaient vite appris à les gonfler artificiellement par des astuces de détournements.
Le chemin de fer, en aspirant aux mié-dzala les droits fiscaux de passage des caravanes marchands, finit par détruire complètement le système politique Beti, en le privant des revenus.
Dès lors, les derniers mié-dzala, ces derniers initiés Beti, se courbaient devant les chefs administratifs collecteurs d’impôts, et allaient parfois chercher des emplois de boys, de travailleurs des chemins de fer ou des plantations coloniales, où ils décédaient comme les autres Camerounais à des taux élevés.
Et pour parachever le tout, l’administrateur colonial français et anglais diminua l’autorité des chefs administratifs en faisant émerger la classe des indigènes évolués. Ces derniers percevaient de petits salaires d’interprètes, de soldats, de scribes administratifs, de boys et d’autres petits métiers, qui étaient de loin supérieurs aux ristournes fiscales des chefs.
C’est de la classe de ces indigènes évolués que l’administrateur colonial alla trouver, parmi ceux qui lui étaient les plus fidèles, un Ahmadou Ahidjo et un Paul Biya. Car on sait comment la France avait éjecté aussitôt l’un de ses premiers choix, à savoir André Marie Mbida, lorsque ce dernier s’était vu pousser des ailes de Napoléon.
Le modèle consensualiste comme solution salvatrice au Cameroun
Le système républicain a lamentablement échoué au Cameroun. Et ce n’est pas en poursuivant dans la compétition de ceux qui prétendent faire mieux que les autres qu’il faut espérer aboutir à un quelconque résultat heureux en termes de prospérité générale.
Plus les politiciens occidentalistes continueront de mentir aux Camerounais que l’échec n’est pas le système républicain lui-même, mais plutôt leurs adversaires politiques, plus ils prolongeront l’agonie du Cameroun.
Car, un système bourré d’autant de mensonges comme la république n’est pas celui qui pourra apporter la prospérité aux populations.
Des élections qui célèbrent l’affrontement aux conflits en accordant des victoires sans partage et sans aucun sens d’équité (50% plus une voix tu gagnes), en passant par des représentants sortis de nulle part et élus « démocratiquement » par tous les moyens de corruption et de terreur possible, et par les mots vides de sens comme la liberté individuelle, l’égalité de tous, la souveraineté, la sûreté, la sécurité, et bien d’autres fausses évidences, la république est la forme de gouvernement qu’on adopte quand on ne sait comment appeler son régime. Pourtant, ce modèle est vanté partout par les Occidentaux et les Occidentalistes comme le meilleur du monde, malgré ses dégâts insoutenables dans des pays comme la Côte d’Ivoire, le Kenya et le Cameroun.
Bientôt, si Paul Biya ne s’incline pas, les machines occidentales de la mort feront pleuvoir la foudre du métal et du nucléaire sur les populations de Yaoundé, dont notamment les Beti qui s’armeront de leurs lances ridicules pour « défendre Yaoundé ». Des milliers de morts tomberont parmi les naïfs qui continueront de défendre « notre régime Beti ». Pourtant Paul Biya, celui qu’ils présentent comme muni du « ntum nnam » (canne de commandement du pays, celle là que l’administrateur colonial mit grossièrement à la main du chef administratif, et qui n’a aucun équivalent dans les traditions Beti) ne s’est jamais présenté en public autrement qu’en costume occidental trois pièces. Il vit essentiellement à l’écart de la société Beti et Bulu depuis qu’il était rentré au Cameroun en 1961.
S’il était un mié-nnam, Paul Biya aurait-il fait tuer des milliers de Camerounais,  y compris son épouse Jeanne Irène Atyam, pour des raisons politiques, aurait-il volé les biens de l’Etat en continuant de le faire jusqu’à ce jour où on ignore toujours le montant de son salaire et l’étendue de sa richesse, aurait-il jamais menti, aurait-il bradé les entreprises publiques du pays, aurait-il arraché les terres des pauvres paysans pour ses plantations personnelles, aurait-il détruit les biens d’autrui comme il détruit les vies de ceux qui ne se soumettent pas à lui, à travers l’abus la force de l’Etat ?
Paul Biya a violé, pour le moins qu’on puisse dire, les cinq ci-dessus parmi les neuf commandements qui régissaient la société Beti. Il suffisait pourtant à un mié-dzala de violer un seul de ces neuf commandements pour qu’il soit obligv de solliciter sa purification, en organisant des rites tel le Sso. On voit au contraire que Paul Biya est un pécheur invétéré qu’aucun conseil des Beti précoloniaux ne pouvait jamais choisir comme un mié-nnam.
Pourquoi les descendants Beti continuent-ils de faire insulte à toute la nation Beti en présentant Paul Biya comme un dirigeant de leur nation ? Est-il acceptable que, parce qu’un tel individu, manquant d’autant de mérites nécessaire pour être un mié-nnam, nomme un autre Beti à une fonction publique, ce dernier soit également célébré comme un « mengi mengi » et bien d’autres appellations utilisées, dont au demeurant on ignore même la signification ?
C’est dire que dans le Cameroun qui pointe à l’horizon, lorsque l’ouragan de l’impérialiste occidental sera passé, et ce malgré toutes les pertes humaines, les Beti devront réexaminer l’étendue des erreurs qu’ils ont commis depuis plus d’un siècle en collaborant avec l’occupant colonial, en participant et en encourageant ses crimes, en perfectionnant des astuces de détournement et du vol des biens publics, en établissant la corruption, en encourageant le meurtre d’autrui, en se spécialisant dans le mensonge, en profanant et détruisant les objets sacrés de nos ancêtres, en mentant et faisant de faux témoignages, et en pratiquant l’inceste dans un pays de prostitution où l’on ne regarde plus avec qui l’on va au lit. Toutes choses qui étaient interdites et qui sont aujourd’hui devenues des comportements normaux dans la société camerounaise.
Les Beti, tout comme les autres communautés ethniques gouvernées à l’époque précoloniales par des systèmes démocratiques et consensualistes, doivent non seulement se battre pour imposer ce modèle à tout le pays au niveau du gouvernement central, mais surtout militer pour une décentralisation assortie d’une autonomie, qui leur permettra de s’auto gouverner suivant leur système politique ancestral.
Face à la menace impérialiste occidentale actuelle sur le Cameroun, s’il ne s’agissait que du sort de Paul Biya, je ne donnerais pas une seule goutte d’encre de ma plume pour m’écrier, et dirais plutôt avec la majorité des Camerounais, bien fait pour lui… J’écris ces lignes plutôt à l’endroit de ces populations bernées et naïves, qui payeront bientôt le prix fort par le sang de milliers de leurs âmes, alors qu’elles n’ont tiré aucun bénéfice réel de leur collaboration et complicité séculaire avec autant l’occupant colonial que son successeur métayer qu’est le régime néocolonial Ahidjo/Biya.
Les Beti, les Krou, les Tigana et Iguembe, et toutes les autres nations aux traditions de gouvernement consensualiste doivent demander la décentralisation dans leur pays et leur autonomie, afin de se faire gouverner par leurs traditions aujourd’hui gagnantes dans le monde comme meilleur modèle politique.
J’avais eu à proposer un modèle gouvernement adapté  au gouvernement consensualiste, dans ma série Feuilles de la Résistance et sous le titre Proposition de Changement, au-delà des concepts creux de république et de suffrage. Il peut être perfectionné à souhait. Mais la prospérité de ces peuples passe absolument par le modèle consensualiste.

Source:  http://africanindependent.com


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