Situation socio-politique/Koulibaly Mamadou se déchaîne contre Ouattara

Publié le mercredi 29 juin 2011 
© Abidjan.net par Emma 
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Mercredi 25 mai 2011. Abidjan. Siège du Congrès national de la résistance pour la démocratie (Cnrd), à Cocody. Mamadou Koulibaly, président par intérim du Front populaire ivoirien (FPI) anime une réunion du comité central élargi au CNRD


Après les beaux petits nuages des civilités de l’allégeance faite au Président de la République Alassane Ouattara, Koulibaly Mamadou, Président de l’Assemblée nationale et l’un des rares significatifs pontes du Fpi (Front populaire ivoirien) libre de ses mouvements, semble à présent bien calé dans ses bottes d’opposant. Le vrai. Après qu’il allé débusquer au Ghana, Yao Paul N’dré, le président du Conseil constitutionnel pour qu’il légitime le pouvoir de Ouattara et déchausse par ricochet celui de son propre mentor Laurent Gbagbo, d’aucuns ont tout de suite pensé que le 3ème vice-président du Fpi crachait définitivement dans la « soupe familiale », pour aller s’abreuver désormais à la table du nouveau roi. Nouveau roi dont il serait devenu un des disciples et défenseurs impénitents. Le clou de ces suspicions est enfoncé, lorsque l’homme, considéré par beaucoup comme atypique, n’a pas pris de gants, pour voler dans les plumes de son propre parti. Son parti qu’il accuse de ne pas du tout être exempt dans la perte de son pouvoir présidentiel. Mais l’interview qu’il a accordée au confrère L’Expression, dans sa parution du mardi 28 juin 2011, laisse clairement apparaître, que ce serait une prétention que de croire connaître ce cadre Lmp. En tout cas, sans vite aller en besogne, on pourrait considérer tout de même que c’est un pied-de-nez qu’il fait à ceux qui le prenaient déjà pour un « vendu » et un auteur de parricide. Bien dans ses nouveaux habits d’opposant, il ne s’est pas du tout montré tendre avec le Président Alassane Ouattara. Alassane Ouattara à qui il donne, à la limite, des leçons de démocratie. Alassane Ouattara sous l’ère de qui, il soupçonne que le changement tant déclamé ne serait qu’un mirage. Ce, si jamais, le Chef de l’Etat actuel, ne prend pas ses responsabilités fermes sur la question sécuritaire qui semble lui échapper. Question sécuritaire que Koulibaly Mamadou lie dans son analyse, à la bonne santé de l’économie nationale. « Quel Ivoirien va vouloir investir dans le pays dans les conditions actuelles de chaos ? Quel investisseur étranger va prendre le risque de lancer des activités ici, alors qu’il n’y a de sécurité pour personne ? Pourtant, si l’économie ne redémarre pas, nous allons de nouveau entrer dans le cycle cauchemardesque de la dette publique» souligne-t-il. Et à ce sujet justement, il conseille aux Ivoiriens de ne guère pavoiser lorsqu’avec l’avènement de Ouattara à la tête du pays, des dons de milliards de Fcfa sont annoncés par-ci par-là pour Côte d’Ivoire. « En Côte d’Ivoire, on a coutume de parler de dons de la part des institutions financières internationales. Mais gardons en tête que ce sont des prêts à l’Etat et au gouvernement à taux marchands qui depuis cinq décennies, handicapent l’avenir. De même que nous payons la dette des générations passées, de même nous endettons nos enfants et nos petits-enfants. Au lieu de la richesse, nous transmettons la pauvreté aux générations à venir. Et ça, ce n’est pas bien pour la nation en construction » renchérit Koulibaly Mamadou. 
Sans gants
Se montrant encore plus mordant à l’égard du pouvoir en place incarné par le cheval gagnant du Rhdp (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix), Koulibaly Mamadou déplore des pratiques qui à son sens, sont en violation totale et flagrante des lois de la République. « Le budget vient d’être adopté cette semaine par ordonnance sans même avoir recueilli l’avis des représentants du peuple à l’Assemblée nationale. C’est de mon point de vue, une grave erreur que je ne manquais pas non plus, de relever dans les pratiques de l’ancien pouvoir. On note de toutes parts des critiques du Fpi formulées par le nouveau régime, mais on reproduit ses erreurs les plus graves. De surcroît, le Président Ouattara verrouille son système en positionnant ses amis dans les secteurs stratégiques » analyse le président de l’Assemblée nationale. Puis, le cadre Fpi de conclure à ce niveau, que c’est inquiétant de telles pratiques. Des pratiques qui ramènent très loin de la démocratie pour la conquête de laquelle, regrette-t-il, de nombreux Ivoiriens sont morts. De ce point de vue, Koulibaly n’y va pas avec le dos de la cuillère en assénant : « …j’ai le sentiment que le Président Ouattara part mal pour relever ses défis… ». Une sérieuse réserve sur la capacité du « bravetchê » à mettre en place une politique qui conduise à bon port, son programme de gouvernement et n’oriente pas ses promesses vers le cimetière des chimères. Revenant sur le cas de l’institution dont il se réclame encore le Président, institution qui, aux yeux du Chef de l’Etat, n’existe pourtant plus, Koulibaly Mamadou envoie une patate chaude, loin d’être une délicieuse chipolata à l’homme fort d’Abidjan. Homme fort d’Abidjan dans les options de qui il voit un non-respect de la constitution et une contradiction flagrante dans le respect des institutions. « Rien dans la constitution, ne lui donne le droit de décréter la fin du mandat du parlement. Au mieux, il pourrait demander son avis au Conseil constitutionnel, à moins qu’il considère que le Conseil constitutionnel est illégal également. Auquel cas, la prestation de serment (celle du Président Ouattara) le serait aussi. On ne peut pas violer la constitution et le Président de la République n’est pas au-dessus de la constitution» rappelle le président intérimaire du Fpi. Comme on le voit, Koulibaly Mamadou reste fidèle à sa nature d’homme totalement libre et immaîtrisable. Alors, ceux qui ont cru qu’il jouerait la paillasse pour le Président de la République, qui viendrait y roucouler tranquillement, doivent comprendre que le Président de l’Assemblée nationale échappe au contrôle de qui que ce soit. A moins, pourrait-on le penser, à tort ou à raison, que ce soit une ruse politique de sa part.

KIKIE Ahou Nazaire


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