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Le cauchemar continue en Côte d’Ivoire

Le cauchemar continue en Côte d’Ivoire

ECRIT PAR ROMAIN MIELCAREK LE 23 JUIN 2011 À 22:45 AUCUN COMMENTAIRE
Les comptes-rendus hebdomadaires de l’Onuci sont toujours aussi inquiétants : en une semaine, les forces militaires pro-Ouattara se sont rendus responsables d’une flopée d’exactions allant de l’arrestation arbitraire à l’exécution sommaire. Les FRCI ont également affronté des gendarmes en plein Abidjan. Un règlement de comptes qui a coûté la vie à une jeune femme hier.


Les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) se sont rendues responsables de« nombreuses violations des droits de l’Homme » a déclaré ce matin Guillaume Ngefa, directeur de la division droits de l’Homme à l’Onuci. Les forces fidèles au président Alassane Ouattara seraient impliqués dans sept incidents rien que sur la semaine passée. 30 personnes auraient été arrêtées arbitrairement et huit auraient été tuées sans autre forme de procès. Certains individus auraient été maltraités et torturés.


Les violences sont loin d’avoir quitté Abidjan malgré l’arrestation de Laurent Gbagbo. Hier, des FRCI ont arrêté un gendarme et ont commencé à le battre en pleine rue dans le quartier de Yopougon. L’altercation a dégénéré, des soldats échangeant des tirs avec les gendarmes à proximité de la caserne. Une jeune femme de 22 ans a été tuée, touchée par une balle perdue. Une partie de la caserne a été pillée par des FRCI qui auraient causé de « nombreux dégats matériels » selon une source onusienne citée par l’AFP.

Les tensions entre les fidèles du président Ouattara et ceux de l’ancien président Gbagbo persistent depuis la fin des combats en avril dernier. L’Onuci a annoncé la venue à la fin du mois d’une équipe du Tribunal pénal international (TPI) de La Haye. Les enquêteurs devront ressortir du chaos ambiant le maximum d’informations sur les nombreuses exactions commises par les deux camps depuis le début de l’année. Des centaines de femmes ont été violées, des dizaines de personnes tuées et des fosses communes sont régulièrement retrouvées. L’Onuci s’inquiète également des menaces et des pressions qui pèsent sur les sympathisants de l’ancien chef d’Etat.

Les combats ont été d’une telle intensité ces derniers jours que des roquettes auraient été tirées ces derniers jours. Les casques bleus, soutenus par des hélicoptères de la force Licorne auraient été déployés entre les belligérants, révélait un journaliste de Jeune Afrique résidant à Abidjan. Les Nations unies ont confirmé que les FRCI avaient fait usage de fusils d’assaut AK-47, de mortier de 40mm et de lance-roquettes, probablement des RPG-7, même s’ils cherchaient en général à impressionner leurs adversaires.

Guillaume Ngefa suggérait ce matin que les FRCI soient sorties de la capitale économique. La sécurité urbaine devrait reposer sur les épaules des troupes formées à cette mission, à savoir la police et la gendarmerie. La proximité entre les anciens ennemis est un facteur de crise au quotidien : le camp de la brigade anti-émeute où sont stationnés une partie des FRCI se situe à quelques dizaines de mètres de la caserne de la gendarmerie.

Photo : DR
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