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Le kidnapping à Abidjan Une pratique des Frci pour se faire de l’argent

Le kidnapping à Abidjan Une pratique des Frci pour se faire de l’argent


NOTRE VOIE – Jeudi 23 Juin 2011 – 11:44



Depuis qu’ils sont entrés dans la capitale économique ivoirienne avec les nouvelles armes que leur ont offertes le Nigeria et la France, les hommes de Ouattara pillent, séquestrent, enlèvent et tuent tous les supposés partisans de Laurent Gbagbo. Il y a quelque temps, ils ont inventé un autre moyen de se faire de l’argent : le rapt. Lorsqu’ils vous enlèvent, ils font exactement ce que font les terroristes. A savoir, revendiquer l’enlèvement et ensuite demander une forte somme d’argent pour la libération de celui ou celle qui a été enlevé. Généralement, selon que vous habitez tel ou tel quartier, selon que vous êtes fortuné ou pas, vous payez entre 800.000 et 6 millions de FCFA. Dans les villages et campements, la somme varie entre 70.000 et 200.000FCFA. Voici un enlèvement raconté par une dame dont le frère et la famille ont vécu un enfer avant d’obtenir la libération d’un des leurs.


«Selon ce que la famille m’a dit, selon ce que mon frère en question m’a raconté, il était 9 h le vendredi 17 juin lorsque mon grand frère Marius qui était jusque-là en exil est arrivé dans le quartier et dans la cour familiale à bord de sa voiture. 30 mn après, débarque un groupe de Frci (forces pro-Ouattara), alerté par un Frci vivant dans le quartier, un certain Doumbia, un militant du RDR (le parti politique de Alassane Ouattara) qui n’était pas militaire auparavant, et qui l’est devenu subitement en récompense d’un bon séjour passé au Golf Hôtel en compagnie de son leader Alassane Ouattara après le deuxième tour de l’élection présidentielle de novembre 2010. 

Suite à l’alerte de M. Doumbia, les rebelles ont fait irruption dans la cour familiale, ont menotté mon grand-frère et l’ont conduit dans un de leurs QG à Wassakara, après l’avoir bastonné. 
Aussitôt informés, les jeunes de ce quartier ont alerté leurs camarades, mes sœurs qui sont à Marcory, ainsi que mon père, ma mère et d’autres parents plus proches. La famille s’est très vite réunie et s’est rendue dans le commissariat du 16 ème arrondissement de la commune de Yopougon, où elle pensait trouver mon frère. Mais grande fut la surprise de mes parents lorsqu’ils apprennent que Marius n’a pas été conduit à cet endroit. Même les policiers de ce commissariat qui ignoraient cette affaire, n’en revenaient pas. C’est ainsi qu’un élément des Frci s’est approché de la famille pour lui demander de le suivre, car il savait, selon lui, où mon frère était détenu. A la question de savoir où ? Il répond que mon frère a été amené au Golf Hôtel. Ma sœur de rétorquer que ce n’est pas possible car le Golf est libéré d’après ce qu’elle sait. 

Il a toutefois demandé à la famille d’attendre devant la pharmacie Keneya de Yopougon. Ce que mes parents ont fait pendant plus de 2h. C’est seulement aux environs de 16 h GMT qu’il reçoit un coup de fil de son chef, demandant à mes parents de se rendre dans le « maquis Wayofai », en face de la pharmacie Kenya. 
Après de longues discussions, les Frci ont réclamé une somme de 800 000 FCFA (soit 1220 euros) pour la libération de mon frère, alors que, le matin même de son enlèvement, ils avaient déjà pris sur lui la somme de 300 000 FCFA (soit 457 euros), ses téléphones portables, sa voiture etc.

La famille a protesté contre cette somme qu’elle n’avait d’ailleurs pas. Les discussions se sont poursuivies jusqu’à ce qu’il soit convenu qu’elle ne paie que ( ?) 600.000 F CFA, soit (914.694 euros). 
Ce que ma famille, après plusieurs difficultés, a réussi à réunir et remettre aux soldats de Ouattara, le samedi midi, c’est-à-dire le lendemain. Mon frère a donc dormi dans leur prison invisible la nuit du vendredi au samedi. 
Le samedi midi, en effet, l’argent réuni, la famille est repartie dans le maquis, leu de rendez-vous. Aussitôt arrivée, la famille demande aux rebelles de quoi ils accusent Marius. Ils ont répondu qu’ils l’accusent d’avoir partagé des armes aux patriotes, alors qu’il n’est même pas un corps habillé. Sur ces entrefaites, mon père demande les preuves de ce qu’ils avancent. Ils n’en ont pas. Bien plus, ils accusent mon frère de viol, n’importe quoi !!!! 
L’étau commençait à resserrer autour des ravisseurs de mon frère mais tellement énervés, mes parents ont préféré leur remettre les 600.000 F CFA pour dégager vite des lieux. 
Une fois l’argent en poche, ils ont ordonné à mes parents de ne pas les dénoncer. Ce qui signifie que ma famille ne devrait pas dire à une tierce personne qu’elle a été extorquée de cette somme. Ma grande sœur a refusé de coopérer. La discussion a duré des heures. Mais après, est arrivé un oncle, militant du PDCI, frère de ma mère, qui s’en est pris aux rebelles. Dégouté par leur comportement, il a promis de révéler leur magouille dans la presse, et de les faire arrêter, s’ils ne libéraient pas son neveu immédiatement. Il était 22h ce samedi. Les hommes de Ouattara ont essayé de l’intimider, mais en vain.

Finalement, mes parents ont obtenu la libération de mon frère aux environs de 22h30. A 23 h GMT, mon oncle a obtenu aussi que les rebelles rendent la voiture de mon frère. Ce qu’ils ont fait, mais ils ne lui ont pas rendu ses téléphones portables et bien d’autres choses.

Au terme de ce long conciliabule, voici ce que certains rebelles ont confié à ma famille : «Nous libérons votre fils, mais qu’il ne retourne plus dans son quartier car nous ne serons plus responsable de sa vie; d’autres groupes peuvent aller le chercher et le buter ou l’emmener à une destination inconnue et vous allez nous accuser. Qu’il change de quartier, lui et ses autres frères, pour leur sécurité». 
Source : cotedivoire-lavraie.over-blog.fr

Agboville
Les Frci se transforment en coupeurs de routes

« Descendez ! Donnez votre argent et vos portables sinon on vous tue. Alassane nous a exploité maintenant il veut se débarrasser de nous. Vous allez payer ça ! » Sur les routes menant dans les différentes sous préfectures du département d’Agboville, Rubino, Cechi, Attobrou, Guessiguié ou Oreskrobou, c’est avec la même menace que des éléments de Frci s’acharnent depuis dimanche 19 juin dernier, sur les voyageurs qui ont le malheur d’emprunter ces axes routiers assez mal en point pour certains et sur lesquels il faut des fois rouler à pas de tortue. La raison principale, c’est que dans sa campagne de séduction de sa communauté internationale, Alassane Ouattara, multiplie depuis quelques temps des campagnes publicitaires en vue de faire croire qu’il est capable de mettre de l’ordre au sein des ses propres soldats, les Frci. Ses combattants qui sévissent sur l’axe Abidjan-Agboville, ont reçu ce jour une délégation du gouvernement Soro, avec flash et camera, leur demandant de faciliter la fluidité routière. Ils jouent le jeu et s’exécutent.

Mais en contre-partie, ils ont investi tous les autres axes routiers qui permettent d’accéder à Agboville et se sont tout simplement transformés en coupeurs de routes avec des cas de viols. Leur commandant de zone, le dénommé Oustaz, nous a-t-on rapporté, se dit totalement dépassé par l’ampleur de la tâche à Agboville. Ses soldats, au nombre de 400, garantissent plus la peur, le pillage, les exécutions que la sécurité.

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