CÔTE D’IVOIRE : DES DÉTENTIONS ARBITRAIRES, SOUS LES YEUX DE L’ONU (AMNESTY)


Ciboutonpar Toussaint Alain, mercredi 22 juin 2011, 03:18

PARIS, 21 JUIN 2011 – Amnesty International a dénoncé mercredi la détention sans aucune charge de dizaines de partisans de l`ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, dont certains ont été « battus » par les forces
d`Alassane Ouattara dans un hôtel devant lequel sont postés des Casques bleus.

« La présence de soldats de l`ONU devant l`hôtel où des partisans supposés de Laurent Gbagbo sont détenus arbitrairement soulève de troublantes questions », déclare Véronique Aubert, directrice adjointe d`Amnesty pour l`Afrique, citée dans un communiqué de l`ONG.

« C`est loin d`être un début encourageant pour la présidence d`Alassane Ouatarra », ajoute Mme Aubert.

L`organisation de défense des droits de l`homme affirme que « les autorités ivoiriennes détiennent au moins 50 personnes sans charge, parmi lesquelles figurent des hommes politiques de haut rang », deux mois après l`arrestation de Laurent Gbagbo par les forces armées (FRCI) de M. Ouattara à l`issue d`affrontements sanglants.

Au moins « 21 personnes » sont retenues à l`hôtel La Pergola d`Abidjan, la capitale économique, selon l`ONG.

Plusieurs d`entre elles « ont été battues par les FRCI (…) au moment de leur arrestation, dont l`une assez violement pour avoir perdu connaissance », poursuit le texte.

« Des soldats français (de la force Licorne déployée sans la bannière de l`ONU) et de l`ONUCI (Mission de l`ONU en Côte d`Ivoire) étaient présent au moment de ces arrestations et du transfert des détenus à l`hôtel, mais n`ont rien fait pour empêcher ces mauvais traitements », déplore l`ONG.

Amnesty relève que les FRCI sont en charge de la sécurité à l`intérieur du complexe hôtelier de La Pergola, mais que des Casques bleus de l`ONUCI sont postés devant l`hôtel pour la sécurisation à l`extérieur du bâtiment. « Cela signifie qu`ils (les Casques bleus) exercent un degré de supervision
concernant les personnes autorisées à y entrer. »

Amnesty appelle les autorités ivoiriennes à inculper les personnes détenues ou à les « libérer immédiatement », et appelle l`ONUCI à s`assurer que ses soldats ne sont pas impliqués « dans la sécurisation de centres où des personnes sont détenues illégalement ».

© AFP