C’était le dimanche 12 juin 2011. Ce jour-là, le Premier ministre de Ouattara, Guillaume Soro, en compagnie de M.Hamed Bakayoko qui occupe le portefeuille du ministère de l’intérieur, entreprend d’effectuer une opération de charme destinée particulièrement à la communauté internationale.

Il s’agit d’une opération « coup de poing » à effectuer à plusieurs endroits du District d’Abidjan, dans le but de montrer à cette communauté internationale qui a aidé Ouattara à prendre le pouvoir par la force, l’engagement de son équipe pour la pacification de l’ensemble du territoire ivoirien.


Parti de sa résidence à Cocody, Soro Guillaume et une équipe de la télévision pro-ouattara (TCI) ont sillonné plusieurs artères, notamment l’axe Abidjan – Grand-Bassam, mais aussi la commune de Yopougon. Pour réussir cette opération de charme, il tiendra à se faire filmer, surtout lorsqu’il s’agira de se donner en spectacle avec ses troupes rebelles.

Ainsi pour montrer que son gouvernement n’a rien à voir avec les comportements indélicats de ses troupes, plusieurs éléments appartenant à leur milice, les FRCI, vont être réprimandés devant la caméra au cours de cette opération de charme. Des personnes présentées comme des faux agents de sécurité seront exhibées devant la caméra et conduit à l’école de gendarmerie pour être déshabillés.

Si cette action qualifiée de « vigoureuse » par le camp ouattara a été saluée par ses partisans et certains usagers, qui se plaignent de plus en plus contre les agissements des forces pro-ouattara, ce n’est cependant pas le cas, au sein même des Frci où des voix s’élèvent pour dénoncer l’initiative de Soro Guillaume.

« Des soldats des FRCI, qui ont tenu à garder l’anonymat, nous ont joint pour exprimer leur ras-le-bol et leur intention de manifester bruyamment pour se faire entendre dans les jours à venir. « Soro Guillaume et Hamed Bakayoko ont commencé à patrouiller dans Abidjan. Ils ont commencé, depuis Cocody, à ramasser toutes les FRCI et les ex-FDS qui sont dans les corridors et barrages sans chercher à nous comprendre. Quand ils voient un élément des FRCI dans un barrage, ils le déshabillent, sous les regards des civils, qui sortent nombreux les acclamer. Ils nous humilient, pourtant depuis que nous avons commencé le mouvement, nous ne sommes pas payés. Nous n’avons reçu aucun centime. Malgré tout, on est resté dans le combat. Mais, avec ce qui a commencé, on en a marre. Actuellement, ça grogne en notre sein. Nous allons nous révolter. On s’est réuni pour se concerter et nous allons faire ce qu’il faut faire. On en a marre. Trop c’est trop! Quand quelque chose ne va pas que tu veux te plaindre, on te tue. On dit que tu es pro-IB (ndlr: feu Ibrahim Coulibaly, chef du commando invisible) ou tu es pro-Gbagbo et on t’élimine. Mais, cette fois-ci, si on ne fait rien pour nous, ça va se passer autrement. Ils vont nous tuer tous », nous rapporte un journaliste du quotidien l’inter qui a recueilli ces propos.

Ceci est loin d’être une blague quand on se souvient des récents échanges de feu qui a eu lieu entre les forces pro-ouattara, dans la commune de yopougon, la semaine dernière. Cette opération de charme cache en réalité un malaise au sein des forces pro-ouattara et de son gouvernement. En réalité, pour parler comme tout le monde, « ça ne va pas ». Si rien est fait, les prochains jours risquent d’être moins calmes à Abidjan.

Source : article de Thruthway
Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.