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CRISE HUMANITAIRE à BOUTOUBRE I SOUS PREFECTURE DE SASSANDRA

CRISE HUMANITAIRE à BOUTOUBRE I SOUS PREFECTURE DE SASSANDRA


Boutoubré I Village de la sous préfecture de Sassandra detruit par les FRCI après le passage des combatants libériens


Un groupe de libériens armés jusqu’aux dents a traversé le village de Boutoubré I ce Mercredi 11 Mai 2011. Pour cela les FRCI ont incendié, pillé et détruit tout le village, l’accusant de complicité avec l’ennemi. Aujourd’hui les villageois sont tous exilés dans les îles où déjà une crise humanitaire sévi. Les populations en appellent à une aide humanitaire dans ces iles…

Situation géographique du village

Boutoubré I est un petit village (jusqu’au mercredi 11 Mai 2011) paisible situé au bord du fleuve Sassandra sur la rive gauche entre les départements de Sassandra et de Soubré. A l’instar de tous les villages autochtones de la région, Boutoubré I a également cédé ses terres à plusieurs allochtones et halogènes avec qui les Boutoubréens ont toujours vécu en bonne intelligence.

Comme l’a voulu le sort, Boutoubré I ne compte aucun haut cadre ; ni politique, ni administratif, ni juridique, ni aucune autre personnalité quelle qu’elle soit. C’est ce qui explique d’ailleurs l’enclavement total du village et tous les abus dont a toujours été l’objet les autochtones. Il n’y a aucune infrastructure dans ce village où l’on vit encore à l’état brut. Les seuls moments où Boutoubré reçois la visite de représentants de personnalités politiques sont les périodes des campagnes électorales avec toujours la même promesse d’ouvrir au moins les routes. Promesse qui n’a jamais été tenue par aucun d’entre eux. Vous pouvez donc vous imaginer toutes les difficultés que vivent ces pauvres populations de Boutoubré…. Tout le territoire du village produit pourtant plus de deux cent mille (200.000) tonnes de cacao par an.

Il compte une école primaire de trois classes qui existe depuis plus de vingt ans.


Les faits.

Ils remontent au mardi 10 Mai 2011. Ce jour-là, tout le monde était encore dans la crainte à cause des coups de feu qui avaient été entendus toute la journée de Dimanche 08 Mai 2011 vers les villages voisins de Dobré et Grébouo (Est). Mais comme il y avait eu une accalmie le lundi on espérait que les belligérants s’étaient éloignés…

Mais autour de 11h 30 mn, une jeune fille du village qui est mariée à Gbatakouamékro (un campement Baoulé à 10 Km de Boutoubré I) informe ses parents de l’arrivée d’un groupe armé non identifié qui se dirige vers le village. C’est la débandade totale dans tout le village. Les femmes cherchent leurs enfants. Les gens apprêtent les bagages pour fuir le village en direction des îles, seuls refuges sûrs. Mais déjà à 12h 00 mn les premiers hommes armés arrivent dans le village et prennent la direction du fleuve. Malheureusement ils se rendent compte que la piste n’arrive pas au bord du fleuve. Ils débarquent alors leur véhicule et s’installent dans la cour du vieux Gaston qui est la dernière avant le chemin qui mène au fleuve. Le vieux qui ne comprenait encore rien de toute cette histoire leur propose de l’eau à boire et demande les nouvelles à ces hôtes à l’aspect peu ordinaires. C’est alors qu’ils disent être des jeunes ivoiriens et libériens ayant combattu aux côtés des FDS pendant la guerre d’Abidjan. Et que leur désir est de traverser le fleuve par Boutoubré pour aller à Touhi où ils auraient des camarades qui les attendent. Effrayé le vieux leur fait savoir qu’il n’y a aucun moyen de traverser le fleuve avec tout leur arsenal de guerre en plus il n’y a pas non plus de route pour aller à Touhi en passant derrière l’eau. Il leur demande alors de retourner d’où ils sont venus pour chercher un autre passage ailleurs s’ils veulent atteindre leur objectif d’aller à Touhi. Mais avec un geste très rapide l’un d’entre eux brandit une arme et la pointe sur la poitrine du vieux : veux-tu oui ou non nous traverser ??????? Le vieux presque évanoui répond par l’affirmative. Pendant ce temps le village continuait de se remplir de monde…les combattants qui arrivaient par vagues de dix….. Des jeunes qui n’avaient pas eu le temps de fuir sont pris pour pousser un KIA qui s’était embourbé en route. Mais ayant échoué ils décident de transporter leurs affaires avec leurs motos. Car ils avaient un pickup remonté d’une mitrailleuse lourde, un KIA, plusieurs motos et des vélos.

Les jeunes intellectuels du village décident d’informer les FRCI de la région de peur que le village ne soit pris pour cible par ceux-ci au cas où ils apprendraient la présence des libériens à Boutoubré I.

A 13h 00mn, ils appellent Okrouyo… les éléments qui les reçoivent leur demandent de ne pas les faire traverser mais de les maintenir jusqu’à ce qu’ils arrivent, sans toutefois indiquer comment et avec quelle moyen un village peu tenir tête à ces gens lourdement armés.

14h, ils appellent Touhadji I. on leur demande alors de les faire traverser et de s’éloigner d’eux.

14h 10mn, les jeunes veulent faire traverser les libériens mais ceux-ci répondent qu’ils ne sont pas encore prêts qu’ils traverseraient le fleuve après l’arrivée de tous leurs frères qui sont à pieds.

15 h 00mn, les instituteurs de KOUADIOBAKRO (un campement Baoulé à 4 Km de Boutoubré I) informent leurs collègues de Boutoubré de l’arrivée des FRCI dans le campement avec 35 véhicules 4×4 et deux chars de combats. La nouvelles se repend dans le village. Le village se vide alors des dernières personnes à l’exception du vieux et son ami qui sont visiblement pris en otage. Les libériens dressent des embuscades et bloquent toutes les artères du village.

19h 00mn, aucun FRCI n’arrive à Boutoubré I. les combattants apprêtent alors des moutons qu’ils avaient tués en route et des poulets attrapés au village.

21h 00 mn, ils mangent et se couchent pour se reposer.

3h00mn, les libériens décident de traverser le fleuve. Mais les jeunes avaient déjà fui avec toutes les pinasses. Les vieux sont malmenés et pleurent. Les jeunes ayant entendu les pleures de leurs parents arrivent avec les pinasses et commencent la traversée… au bout de dix tours ils sont tous à l’autre rive du fleuve ils étaient environ cent cinquante (150) personnes tous lourdement armés.

5h00mn, le dernier tour, les libériens disent à ceux qui les conduisaient de faire évacuer tout le village sinon les FRCI vont tous les tuer, incendier le village pour leur faire porter le chapeau à travers leurs médias. Ils ajoutent aussi que c’est ce qui s’est passé durant le début de leur chemin que ce soit sur la côtière ou ailleurs où ils sont passés. Tous les villages où ils se sont reposés ont été incendiés avec des centaines d’innocentes personnes tuées par les FRCI. C’est pourquoi quand ils prennent du temps dans un village, ils préfèrent l’avertir du danger….. ils les prennent même jusqu’au village voisin pour les mettre à l’abri. Mais pour Boutoubré le fleuve est un véritable handicape. Fuyez donc le village… il est vrai que vous allez tout perdre, mais la vie est encore mieux que toute chose…..disent-ils.

6h, à l’arrivée des traverseurs au village, tous ceux qui n’étaient pas allé loin du village pendant leur fuite la veille, revenaient déjà croyant les choses finies. Les traverseurs commencent alors à leur passer l’avertissement donné par les libériens en vue de prendre des dispositions.

7 h 30mn, tous n’ont pas encore reçu l’information que les premiers obus s’abattent déjà sur le village. Plusieurs maisons volent en éclat à la suite de détonations très fortes. S’en suit une chasse à l’homme….que se passe-t-il ? S’interrogent ceux qui n’avaient pas l’information. En quelques temps le village est plein de militaires. Ils tirent dans tous les sens. Des portes de maisons volent en éclat. Même la maison du directeur de l’école est atteinte par un obus, d’autres sont systématiquement incendiées ou pillées….plusieurs véhicules 4×4 chargés des biens des villageois vont déverser leur butin à KOUADIOBAKRO érigé en base militaire pour la circonstance. Les dossiers des enfants sont jetés hors du bureau du directeur et détruits………

A la vérité les FRCI arrivés à KOUADIOBAKRO depuis 15h la veille n’ont pas osé affronter les libériens qui étaient arrivés à Boutoubré un peu plus tôt (12h 00mn) mais ils ont attendu tranquillement le lendemain à 7h30mn. Etant convaincus du départ de ceux-ci pour attaquer à l’arme lourde les pauvres autochtones Boutoubréens sans défense.

8h le village est vide et à la merci des soldats des FRCI. Ils sont seuls maîtres des lieux de 7h30mn à 18h 30mn. Ils s’en vont au bord du fleuve et bombardent toutes les îles à proximité de la rive. La dernière pinasse contenant des femmes, le vieux Gaston lui-même et des enfants échappe à deux roquettes … en témoigne d’ailleurs les nombreuses douilles de kalachnikov trouvées à l’embarcadère.

Les villageois se réfugient alors dans les îles plus éloignées où ils se sentent le mieux en sécurité.

Aujourd’hui malgré les multiples menaces des FRCI de bombarder les îles avec les hélicos de l’ONUCI pour exterminer tout le monde, les Boutoubréens ne souhaitent pas revenir au village, d’ailleurs quel village ? Puisqu’il n’y a même plus de maison où habiter….toutes leurs affaires ayant été incendiées ou volées….. Les Boutoubréens sont d’autant plus étonnés que « les tueurs à gage à la solde de Gbagbo » n’ont rien fait ni au village ni à ses campements satellites où ils sont passé. Mais que ce sont plutôt « les protecteurs des populations civiles » qui ont fait plusieurs morts à Nénéféroi, à Okrouyo et un charnier de vingt-six (26) corps à Mabéhiri. Prétextant qu’ils auraient des armes de guerre, les FRCI ont battu à sang le chef du village de Kouaté (NORD) pendant plusieurs jours. Celui de Grihiri à souffert la torture pendant trois jours. Des rafales ont été tirées sur le chef du village de Louhiri qui fuyait la barbarie de ces gens. Ceux de Zahebré et de Gahouroubré n’ont pas été épargnés. Des jeunes saisis n’ont retrouvés leur liberté qu’après avoir payé des rançons énormes de huit cent mille francs chacun. A Mèdo ils ont torturé des jeunes en arrachant à l’aide d’une machette bien aiguisée la paume des mains et la plante des pieds. Ils sont aujourd’hui des handicapés à vie.

Les populations en appellent à l’aide des organisations humanitaires pour trouver une solution à leurs problèmes.

Car déjà dans les îles une crise humanitaire se présente. Des cas de diarrhée sont visibles, des femmes enceintes sont à terme, des enfants souffrent déjà de plusieurs boutons sur la peau. Il y a aussi un manque de nourriture. Car les FRCI empêchent toute bonne volonté de leur venir en aide. Dans les campements voisins tous les boutiquiers refusent de les servir par crainte de représailles, quand ils veulent faire des achats.

Source: Koffi La Lumiere
             www.abidjandirect.ne




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