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DISCOURS DE BOSTON DE M. TOUSSAINT ALAIN (DIMANCHE 29 MAI 2011)

DISCOURS DE BOSTON DE M. TOUSSAINT ALAIN (DIMANCHE 29 MAI 2011)

par Toussaint Alain, lundi 30 mai 2011, 07:30

Mesdames,
Messieurs,
Chers amis de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique,

C’est avec une certaine émotion que je m’adresse à vous. Je ne vous cacherai pas que nos cœurs sont en grande souffrance depuis cette triste journée du lundi 11 avril 2011. Nos cœurs sont meurtris, profondément meurtris mais non abattus. « Ne jamais baisser la tête, rester debout », telle est la leçon que nous tenons du Président Laurent Gbagbo.

Nous sommes donc debout, malgré tout. Debout d’abord pour la liberté du Président Gbagbo. Des pétitions circulent sur l’internet depuis quelques semaines. Elles ont déjà recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures dont celles d’écrivains, d’hommes politiques, de journalistes, d’artistes et de consciences de grandes renommées.
Debout pour la liberté du Président Gbagbo, et par conséquent, pour notre liberté. Chaque semaine, plus de 4 000 manifestants marchent dans les rues de Paris, en France, pour réclamer la libération du Président Gbagbo au Chef de l’Etat français Nicolas Sarkozy, qui a installé par la force des armes son ami Alassane Ouattara à la tête de notre pays. Comme autrefois les militants anti-apartheid réclamant la libération de Mandela au régime fasciste et raciste de Prétoria.

Mieux, nous sommes en train d’organiser une manifestation historique qui mettra dans les rues de Paris 100 000 manifestants, le 16 octobre prochain. Notre objectif est de porter la question de la souveraineté africaine sur la scène publique et électorale française.

Pour nous, le Président Gbagbo est déjà entré par la grande porte dans l’Histoire de l’Afrique. Pour bon nombre d’africains qui marchent à nos côtés ou qui viennent par centaines aux réunions publiques animées à New York, Washinhgton, Londres, Bruxelles, Genève ou ailleurs, le Président Gbagbo est le nouveau Lumumba ; pour d’autres le Béhanzin des temps modernes.

Chers amis, comme vous le savez, les temps demeurent néanmoins difficiles. Une dictature qui ne dit pas son nom et qui rappelle le Chili d’après Allende est en place à Abidjan. Avec son double langage et toute sa brutalité.

A l’heure où je vous parle, beaucoup de nos compatriotes sont encore pourchassés, humiliés, arrêtés, séquestrés, torturés, assassinés chaque jour. Oui, chaque jour, des Ivoiriens sont massacrés, certains villages de l’Ouest et du Sud du pays ont été rasés et remplis de fosses communes.

La vie, notre vie, ne représente manifestement aucune valeur aux yeux du pouvoir installé au Golf Hôtel. Ce pouvoir tue chaque jour tout en parlant de réconciliation ; ce pouvoir pratique chaque jour le droit de conquête tout en parlant de justice ; ce pouvoir parle de démocratie tout en pratiquant le fascisme au quotidien ; ce pouvoir dit tout simplement une chose et fait exactement son contraire. Et cela à la vue des forces de l’armée française et des Nations Unies qui regardent et se taisent.

Comme si on voulait nous faire payer notre volonté d’indépendance. La vérité est que le pouvoir établi par la France au Golf Hôtel est étranger à toute pratique démocratique ; la vérité est que dans sa conception, dan son entendement, la démocratie c’est la terreur, les séquestrations, les tueries, les ségrégations, le viol, le vol, la loi de l’arbitraire. La vérité est que ce pouvoir n’est pas le pouvoir des Ivoiriens, de tous les Ivoiriens. La vérité est qu’on veut nous infliger ce qui fut fait aux Camerounais dans les années 1960 par la même France déjà.

Devant cette adversité, nous sommes assaillis en permanence par les mêmes questions : comment faire face à cette nouvelle réalité ? Quelles priorités immédiates ? Quels mots d’ordre ? Quelles stratégies pour le court et le long terme ? L’esprit de résistance est là, fort et indestructible mais il faut l’alimenter, l’éclairer par un discours politique. Et certain de nos leaders sont malheureusement murés dans le silence et d’autres perdus dans des querelles de positionnement. Leurs voix nous font défaut.

Chers amis, il me semble également urgent de porter notre combat sur le front diplomatique et médiatique. L’opinion africaine nous est favorable en majorité. Et certains des leaders africains commencent à hausser le ton. Cette flamme de sympathie doit être entretenue par une diplomatie active mais discrète. Nous devons également continuer à occuper le champ médiatique afin de déconstruire tous les mensonges érigés en vérité par nos ennemis.

Notre pays a été attaqué, agressé, bombardé, mis à feu, à sang et à larmes par des forces coalisées venues d’ailleurs. Nous avons été outragés, massacrés, comme jamais nous ne le fûmes dans notre histoire. Comme si on voulait nous faire payer à coup de bombes notre volonté d’affirmation de notre souveraineté. Mais je suis de ceux qui croient que nous finirons par gagner ce combat car on ne perd que les combats qu’on lâche et nous ne lâcherons pas ce combat.

Nous ne lâcherons pas le Président Gbagbo car il est celui qui nous a fait voir l’éclat de notre dignité et la possibilité de notre liberté. Nous nous battrons jusqu’au bout pour cette liberté, pour sa liberté. Car nous ne serons de nouveau libres que le jour où le Président Laurent Gbagbo retrouvera sa liberté.

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire !

Je vous remercie.
Toussaint ALAIN
(Boston, le dimanche 29 mai 2011)

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