Nicolas_Sarkozy_(2008)

Source : Telediaspora.net : Dernière Mise à jour : 21/05/2011

( Jeuneafrique.com )
 En assistant à l’investiture d’Alassane Ouattara, le chef de l’État français Nicolas Sarkozy veut montrer son soutien au nouveau président ivoirien. Mais il compte aussi afficher sa rupture avec la « Françafrique ». Paradoxe ?
Un mois après l’arrestation de Laurent Gbagbo, le président français Nicolas Sarkozy se trouvera samedi 21 mai en Côte d’Ivoire pour apporter son soutien à Alassane Ouattara. Pour son premier séjour dans le pays, le chef de l’État français est attendu à Yamoussoukro où il s’entretiendra avec Ouattara avant d’assister à la cérémonie d’investiture de ce dernier. Puis, il fera un crochet par Abidjan pour y saluer la communauté et l’armée françaises avant de regagner Paris.
Nicolas Sarkozy veut profiter de sa visite pour apporter un soutien politique à son « ami » Alassane Ouattara et, surtout, tourner enfin la page des relations souvent troubles entretenues par la France avec ses ex-colonies africaines.

Nouveaux principes
Cette « rupture », promise par Nicolas Sarkozy lors de son élection en 2007, devait passer par la fin des pratiques aussi douteuses que fantasmées de la « Françafrique », mais elle a tardé à venir. Malgré le discours fondateur du Cap en 2008 proclamant la fin du rôle de « gendarme de l’Afrique » prêté à la France, le recours persistant à la diplomatie parallèle et le soutien français ambigu et peu démocratique à quelques vieux partenaires du continent ont sérieusement brouillé le message.
Ce voyage et ces nouveaux rapports veulent donc s’inscrire dans une dynamique novatrice, impulsée par le « printemps arabe » et stimulée par la concurrence de plus en plus ouverte des États-Unis sur le continent. Plus question de protéger un autocrate « ami » au détriment des droits de l’homme, a récemment promis le chef de l’État français. « Quand les peuples demandent leur liberté, la France sera à leurs côtés. »
… Et ce n’est que sous la couverture juridique des Nations unies que les forces françaises Licorne ont, avec celles de l’ONU, ouvert le feu contre les troupes de Laurent Gbagbo. Mais sans les Français – chacun le sait à Abidjan – Laurent Gbagbo ne serait pas tombé le 11 avril dernier.
La fin du « pré carré » ?
C’est la raison pour laquelle, à Paris, à Abidjan ou ailleurs en Afrique, nombreux sont ceux qui accusent Nicolas Sarkozy d’avoir contribué à mettre au pouvoir Alassane Ouattara et d’avoir ainsi violé sa promesse de faire preuve de retenue dans l’ancien « pré carré » français.
Le président rwandais, Paul Kagamé, par ailleurs plutôt favorable à l’intervention étrangère pour éviter les massacres en Côte d’Ivoire, a reconnu que le rôle de la France posait problème. « Sarkozy à l’investiture de Ouattara, c’est un peu le PDG qui vient installer le directeur de sa filiale », raille même un membre du clan Gbagbo.
Des critiques jugées cependant « très minoritaires » par les dirigeants français. « On ne peut pas sérieusement présenter Ouattara comme un homme de l’Occident en tirant un trait sur le fait qu’il a élu par le peuple ivoirien », estime pour sa part un diplomate français, pour qui l’action de Paris a été globalement bien comprise. « Qu’on l’ait aidé, c’est indéniable », concède-t-il. « Mais il faut arrêter de nous reprocher, en même temps, de défendre des dictateurs et d’intervenir pour soutenir ceux qui ont gagné les élections. »
L’Afrique démocratique à Deauville
Il est en tout cas certain que la France se tient plus que jamais au côté du nouveau régime ivoirien dont les premiers pas ont été jugés positivement par Paris. Qui a par ailleurs « toute confiance » en l’administration Ouattara pour juger les auteurs des exactions survenues pendant les affrontements entre pro-Gbagbo et pro-Ouattara.
Sur le plan économique, l’Agence française de développement (AFD) vient de débloquer une première enveloppe de 400 millions d’euros de prêt. Nicolas Sarkozy et Alassane Ouattara devraient discuter samedi des contours de cette aide et évoquer l’avenir de la force française Licorne, qui compte 1 100 soldats.
Ils se reverront dès la semaine prochaine à Deauville (nord-ouest de la France), dans le cadre du sommet du G8. Nicolas Sarkozy y a invité ses homologues guinéen et nigérien, Alpha condé et Mahamadou Issoufou, eux aussi récemment portés à la tête de leur pays après un processus jugé « démocratique ».  (avec AFP)
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