HOMMAGE AUX VICTIMES ET MORTSALASSANE OUATTARA: «PLUS JAMAIS ÇA DANS NOTRE PAYS», PENDANT QUE LES FRCI CONTINUENT DE TUER ET DE PILLER!

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Il aurait fallu atteindre encore un peu pour décréter 3 jours d’hommage aux victimes de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, car au même moment, de nouvelles victimes sont signalées à l’Ouest notamment à Soubré, Daloa et Gagnoa où les combats entre les FRCI de Ouattara et les FDS restées fidèles au Président Gbagbo battent leur plein.

En plus, un génocide d’une rare violence se prépare à l’Ouest où les FRCI ont sommé les populations de Gagnoa de leurs remettre 10.000 prétendues armes remises par Laurent Gbagbo pour leur défense, sinon, ils raseraient tous les villages de Gagnoa dans les jours à venir.

Cette semaine encore, des massacres de populations civiles ont été signalés à Lakota. La semaine dernière, ce sont les villes de Sassandra, de Grand Lahou et de Fresco qui ont subi la furie des hommes de main de Ouattara. Le chef de la sécurité de Gbagbo, le colonel Brouha Nathanaël y a trouvé la mort dans son village où il s’était réfugié, assassiné par les hommes de Ouattara.

Alors monsieur le Président Ouattara, n’est-ce pas un peu tôt pour célébrer les victimes et morts ivoiriens de la crise postélectorale alors que de nouvelles victimes s’ajoutent tous les jours ?
C’est la que la thèse d’une parodie d’hommage aux victimes prend son sens. Car les victimes, c’est malheureusement encore tous les jours, sous votre autorité.

Serge Touré

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TEXTE INTEGRAL DE LA DECLARATION D’ALASSANE OUATTARA LORS DE LA JOURNEE D’HOMMAGE AUX VICTIMES ET MORTS DE LA CRISE POSTELECTORALE


Monsieur le Premier Ministre, Ministre de la Défense, Mesdames et Messieurs les Présidents des Institutions de la République, Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les membres du Corps diplomatique, Messieurs les Officiers généraux, Officiers supérieurs et Commandants de Groupement tactiques,

Monsieur le Gouverneur du District d’Abidjan, Mesdames et Messieurs les Maires des communes d’Abidjan, Honorables Chefs traditionnels et religieux,

Mesdames et Messieurs les Responsables des organisations et associations de la société civile, Mesdames et Messieurs les Représentants des partis ou groupements politiques, Mesdames et Messieurs les Représentants des familles des martyrs et des victimes de la crise post-électorale, Chers frères, chères sœurs, le vendredi 06 mai 2011, devant la Nation entière, j’ai prêté serment en qualité de Président de la République de Côte d’Ivoire.

Cette cérémonie de prestation de serment qui a mis un terme à la longue crise post-électorale qu’a connue notre pays, a été pour moi un moment d’intense émotion, en raison du souvenir douloureux de ces cinq mois de souffrance pour tous les Ivoiriens et pour toutes les populations vivant dans notre pays.

Cinq longs et interminables mois, émaillés d’innombrables pertes en vies humaines, où tous, sans distinction d’ethnie, de religion, de parti politique ou même de nationalité, avons vécu dans la peur, dans l’angoisse, dans la faim, avec la mort.

Oui, ces cinq derniers mois ont été difficiles pour nous tous : hommes, femmes, enfants. Du nord, du sud, de l’est, de l’ouest, du centre. Militants du PDCI, du RDR, du FPI, de l’UDPCI, des Forces Nouvelles, du MFA, de l’UPCI, du PIT… Chrétiens, musulmans ou d’une autre confession religieuse. Tous, nous avons beaucoup souffert.

Chers frères, chères sœurs,

Nombreux sont hélas nos compatriotes qui n’écriront pas avec nous, les pages de la Cote d’Ivoire Nouvelle que nous avons pourtant appelé de tous nos vœux.

Nous, les rescapés, nous devons nous souvenir de nos martyrs et de toutes les victimes de cette crise. Nous devons nous arrêter pour pleurer avec ces milliers de familles endeuillées et attristées.

Je voudrais, au nom de la Nation, m’incliner devant la mémoire de tous ceux et de toutes celles qui sont tombés depuis le déclenchement de la crise post-électorale.

Je présente mes condoléances les plus attristées à leurs familles. Aux blessés, j’exprime ma profonde compassion et je leur souhaite un prompt rétablissement.

A tous les orphelins, à toutes les veuves et tous les veufs, à tous les parents des victimes, je veux leur dire que la Côte d’Ivoire ne les oubliera jamais.

C’est pourquoi, au nom de la Nation, je décrète un deuil national de trois jours à compter d’aujourd’hui.
Pendant ces trois jours, les drapeaux seront en berne.
Dorénavant, la journée du 12 mai sera instituée  » Journée des Martyrs « .

Je donne l’assurance à tous qu’aucun crime ne restera impuni. Une Commission Nationale d’Enquête a déjà été constituée pour poursuivre, juger et punir les auteurs des exactions et des tueries.
La Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation qui verra le jour bientôt permettra à toute la Nation de comprendre, de situer les responsabilités et de pouvoir pardonner.

Je prends l’engagement, de tout mettre en œuvre, pour que notre rêve commun d’un pays prospère, uni et réconcilié se réalise.
Pour cela, nous devons engager tous ensemble, les chantiers de la reconstruction de notre pays et bâtir dès à présent la Côte d’Ivoire nouvelle à laquelle nous aspirons tous.

Je souhaite enfin, que ces trois jours de prière et de recueillement, nous permettent de faire notre examen de conscience et d’aboutir à la même conclusion : Plus jamais ça dans notre pays !
Que Dieu protège la Côte d’Ivoire.

Alassane Ouattara


Source: IVOIREBUSINESS.NET

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