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MADAGASCAR: NON A LA RECONNAISSANCE DU REGIME PUTSCHISTE

MADAGASCAR: NON A LA RECONNAISSANCE DU REGIME PUTSCHISTE


Peuple Malagasy Gagnant. Madagasikara Libre

Mesdames, Messieurs,
La situation socio-économique à Madagascar est très chaotique et devient de plus en plus intenable pour l’ensemble de la population. Pillage, braderie illégale et permanente du patrimoine national, corruption à tous les niveaux, flambée des prix, et violations graves des droits de l’Homme (intimidations, assassinats d’opposants,…) sont autant de situations graves auxquelles les Malagasy sont confrontés quotidiennement depuis le coup d’Etat de mars 2009.
Aussi, tenons-nous à saluer les efforts déployés par le GIC pour aider les Malagasy à chercher une issue à cette longue crise politique. La réunion au sommet des Etats membres de la SADC à Windhoek et les rencontres préalables entre les 4 mouvances et SEM le Président de la Namibie non moins Président en exercice de la SADC témoignent de cette volonté.
A l’issue de ces rencontres, ce dernier a confirmé que la SADC et le gouvernement namibien ne reconnaissent pas le nouveau gouvernement mis en place par Rajoelina. Cette position est en parfaite cohérence avec celle de l’Union Africaine et de la SADC concernant les changements anticonstitutionnels sur le continent africain.
Cependant, permettez-nous de vous faire part de nos préoccupations quant à l’évolution de la situation afin que vous disposiez d’une vision objective des faits.
En effet, sur le plan politique, Rajoelina et son équipe continuent, non sans arrogance, dans l’unilatéralisme habituel confirmé par plusieurs faits :
 le sabotage de la sortie de crise: les Accords signés de Maputo et d’Addis Abeba sont reniés par le chef des putschistes. De son côté, la France a voulu imposer une feuille de route parallèle qui accorde le plein pouvoir à Rajoelina et empêche le Président élu de rentrer à Madagascar. Cette feuille de route est rejetée par les trois mouvances,

 la tenue du pseudo référendum constitutionnel de novembre 2010 qui, rappelons-le, a été largement boycotté et non reconnu par l’ensemble des instances internationales,
 le recours à de faux partis politiques pour « gonfler » les signataires de la feuille de route parallèle concoctée par la France et Rajoelina et donner ainsi l’impression d’une adhésion massive à la politique de la HAT,
 la mise à l’écart des représentants de la société civile, le CNOSC, qui pourtant incarne le dialogue malgacho-malgache,
 la formation d’un nouveau gouvernement faussement consensuel avec la participation de quelque personnes dissidentes et complices animées par la seule recherche d’intérêts personnels,
 la reconduction de Camille Vital à la tête du nouveau gouvernement, preuve que ce n’est que du changement dans la continuité,
 le remplacement des élus par des personnes à la solde du régime,
 la volonté unilatérale et précipitée d’organiser des élections pour le mois de septembre 2011 et ce, avec le concours de la France, de l’OIF et la COI, deux organismes à très forte influence française.
Tout ceci constitue une stratégie mise en place par le pouvoir putschiste, obsédé par la recherche de la reconnaissance internationale, de vouloir induire en erreur la Communauté Internationale.
Aussi, demandons-nous à votre pays:
 de ne pas se laisser séduire par les arguments fallacieux des putschistes et de refuser toute reconnaissance officielle à ce régime totalitaire,

 d’oeuvrer pour exiger un vrai gouvernement de transition inclusif et consensuel où toutes les mouvances sont représentées conformément aux Accords de Maputo et à l’Acte additionnel d’Addis Abéba,
 de confirmer l’application effective des sanctions décidées par l’Union Africaine à l’encontre des auteurs du coup d’Etat,
 d’ordonner la libération des prisonniers politiques et le retour sécurisé de SEM le Président élu Marc Ravalomanana, seul gage d’une paix sociale durable pour le pays,
 de se porter caution pour l’organisation des élections libres, transparentes et crédibles et ne pas la laisser à d’autres organismes à la solde de l’ancienne puissance coloniale dont d’objectivité et la neutralité sont douteuses.
Mesdames, Messieurs,
En 2 ans de combat contre ce régime dictatorial, le peuple Malagasy a besoin de vous. Nous n’osons pas imaginer un seul instant que votre pays puisse l’abandonner dans sa lutte pour recouvrer la liberté et la démocratie. Le vent de la DEMOCRATIE devrait-il se limiter aux pays du Maghreb et du Proche et Moyen Orient ?
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