Côte d’Ivoire: Encore de violents combats hier à Yopougon – Des obus échouent au Plateau

Publié le mercredi 4 mai 2011 | L’Inter – La situation sécuritaire à Yopougon est désolante. Hier mardi 3 mai 2011, les habitants de cette commune ont vécu une journée difficile à cause des violents combats entre miliciens proches du président
déchu, Laurent Gbagbo, et les forces d’Alassane Ouattara, le nouveau chef de l’Etat ivoirien. Les affrontements qui ont éclaté lundi dernier se sont poursuivis, selon des témoins, hier durant toute la journée. Des détonations d’armes lourdes et de fusils d’assaut étaient entendus dans les quartiers Locodjro et Abobo-doumé, au Nouveau Quartier, à la Sidéci et au Nouveau quartier non loin du Complexe sportif de la commune. Il est à noter que pendant les combats de Locodjro, des obus ont fini leurs courses au Plateau, un dans un bâtiment du ministère des Affaires étrangères et l’autre dans l’immeuble BICICI, créant la panique. Le centre des affaires s’est aussitôt vidé.

 Même scénario au port autonome d’Abidjan où des bâtiments ont essuyé des tirs, certainement des balles perdues en provenance d’Abobo-Doumé. Selon le site www.afrik53.com qui a publié ce mardi un point de la situation sécuritaire sur le terrain, la coalition Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI)-ONUCI-Licorne a engagé les hostilités sur le front sud de Yopougon à 14h10. Ainsi, sur le grand boulevard partant du premier pont jusque dans la commune, les combats se sont déroulés à la hauteur de la pharmacie Bel-air mais les FRCI auraient été repoussées jusqu’à l’Institut des aveugles. Sur l’axe Mossikro- Abobo doumé, d’autres affrontements ont eu lieu au carrefour station et les forces pro-Ouattara auraient également été repoussées au-delà de la station Oil Libya. Les miliciens cités par ledit site, annoncent par ailleurs qu’un ratissage se faisait dans la zone du quartier millionnaire et de Mossikro. Les FRCI auraient eu un soutien aérien de la force française Licorne. Cette source a annoncé que les FRCI et leurs alliés auraient été repoussés jusqu’au carrefour Institut des aveugles. A en croire les miliciens non encore désarmés, ils auraient saisi un pick-up surmonté de 12.7 et des munitions et détruit un pick-up. Notons que hier mardi, des combats opposaient encore les FRCI aux miliciens dans les secteurs du camp militaire, Toit rouge, Nouveau quartier et Koweït. Tous les chefs de guerre des FRCI étaient présents sur le théâtre des opérations pour mettre fin une fois pour toutes aux agissements des miliciens dans la commune. « Les opérations se poursuivent pour mettre hors d’état de nuire les miliciens qui ne veulent pas déposer les armes », a déclaré à l’Agence France presse (AFP) le porte-parole du ministère de la Défense, le capitaine Léon Kouakou Alla. Par ailleurs, selon des témoins joints sur place à Yopougon, notamment dans les quartiers de Sicogi et Sogéfiha, des exactions sont perpétrées sur des habitants. A en croire nos sources, deux jours après le dépôt des armes par les miliciens de Sicogi au commissariat du 16ème arrondissement, des hommes armés, soupçonnés de faire partir des FRCI, commettent des exactions. Ainsi, plusieurs domiciles auraient été perquisitionnés, des civils, soupçonnés d’être des partisans de Laurent Gbagbo, ont été bastonnés et humiliés. D’une porte à une autre, les habitants de ces quartiers sont visités. Cette situation a poussé certains riverains à fuir. « On va aller ailleurs pour voir la suite », nous ont indiqué les membres d’une famille dans l’un de ces quartiers, ajoutant que des hommes armés seraient en possession de listes de personnes qui auraient participé à la résistance dans leurs quartiers ou qui auraient organisé les rassemblements dans les parlements et agoras. Aux dernières nouvelles, un proche du commandant Issiaka Ouattara dit Wattao, joint au téléphone, nous a informé que les FRCI auraient pris la base navale de Locodjro et seraient en pleine opération de pacification de cette zone. Il a également annoncé la capture de nombreux mercenaires libériens, que les forces d’Alassane Ouattara auraient convoyés hors de la commune.
Hervé KPODION

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