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Burkina Faso : Mission difficile

Burkina Faso : Mission difficile

Burkina Faso : Mission difficile pour le nouveau gouvernement

Le président burkinabé Blaise Compaoré a nommé par décret, jeudi soir à Ouagadougou, le nouveau gouvernement comprenant 30 membres, contre 38 membres à la précédente équipe avec pour principale mission de ramener la paix sociale.

La particularité de ce gouvernement qui compte environ 80% de nouvelles têtes, est que c’est le président du Faso, Blaise Compaoré lui-même qui assure le portefeuille de la Défense. Cette situation s’explique, selon les observateurs, par le fait que le président Compaoré veut avoir l’oeil sur l’armée suite aux différentes mutineries de militaires qui ont sérieusement perturbé la vie socio-économique ces deux derniers mois.

Le dernier gouvernement de l’ancien Premier ministre, Tertius Zongo a été formé, il y a à peine deux mois et demie. Parmi les 29 membres que compte le nouveau gouvernement, 16 sont nouveaux, 4 ne sont restés que deux mois dans le cabinet Zongo alors qu’ils venaient d’être nommés pour la première fois dans un gouvernement et 10 sont de l’ancienne équipe.

C’est suite à une mutinerie des éléments de la garde de sécurité présidentielle dans la nuit du 14 au 15 avril 2011 ayant fait des dégâts importants et des blessés que le chef de l’Etat burkinabé a décidé de limoger le gouvernement le 15 avril 2011 et procédé également au limogeage du chef d’état-major général des fores armées et à la nomination par décrets de nouveaux chefs par intérim des Forces armées nationales.

Excédés, des commerçants à Ouagadougou sont descendus dans la matinée du 16 avril 2011, dans les rues pour protester contre les casses et le pillage de leurs magasins par les mutins. Cette situation va amener le gouvernement a instauré un couvre-feu allant de 19 h à 6 h (heure locale) dans la capitale burkinabé.

Après avoir écouté les couches socioprofessionnelles du pays, le président Compaoré qui a compris que la crise qui traversait la société burkinabé était due en partie à un déficit de communication, a nommé par décret, lundi dans la nuit à Ouagadougou, Luc Adolphe Tiao, un communicateur, nouveau Premier ministre en remplacement de Tertius Zongo, un économiste.

Avec la mise en place de la nouvelle équipe gouvernementale, le nouveau Premier ministre en qui le président Compaoré a placé sa confiance, devrait dans les jours à venir s’attaquer à l’épineux problème de mutinerie en cascades des militaires et à la fronde des scolaires et des travailleurs. Les observateurs à Ouagadougou estiment que le nouveau gouvernement burkinabé dirigé par M. Luc Adolphe Tiao doit remplir une mission difficile, celle de faire face à d’importants défis socio-politico-économiques.

On a constaté que depuis le début de cette année, le Burkina Faso, pays sans accès de la mer considéré comme l’un des pays le plus stable de l’Afrique de l’Ouest, a connu brusquement une situation instable avec les mouvements de protestation de divers milieux socioprofessionnels.

Tout est parti les 22 et 23 février dernier, des manifestations des élèves et étudiants à Koudougou au Centre-Ouest du pays, après la mort du jeune Justin Zongo dans des circonstances controversées. Selon ses parents et amis, il a été tué par la police après son interpellation, mais les autorités affirment qu’il est mort des suites de méningite.

Depuis janvier 2011, les étudiants, commerçants, militaires, gendarmes, magistrats, entre autres sont descendus dans les rues pour réclamer de meilleures conditions de vie et de travail. Bref, ce sont presque toutes les catégories sociales qui s’en sont pris au régime de la IVe république dirigé par le président Blaise Compaoré qui est un ancien militaire arrivé au pouvoir, il y a 24 ans à la faveur d’un coup d’État contre son ancien compagnon d’armes Thomas Sankara.

Le 22 mars dernier, des militaires sont descendus encore dans la rue de plusieurs villes du pays pour protester contre la condamnation de certains de leurs camarades inculpés dans des affaires de moeurs et de viols. Ils se sont emparés d’armes dans plusieurs garnisons, dont la capitale Ouagadougou. Ils ont tiré en l’air, pillé des boutiques et libéré leurs camarades emprisonnés.

Après avoir rencontré le 31 mars dernier toutes les composantes de son armée, le président Compaoré était une nouvelle fois confronté le 8 avril 2011 à une marche des dizaines de milliers de travailleurs qui protestaient contre la mal gouvernance et la vie chère.

Cette marche contre la vie chère sera suivie le 11 avril dernier, après trois semaines de grève observées pour réclamer plus de sécurité après les attaques des palais de justice par des militaires, par une reprise de travail du personnel de la justice.

Des dizaines de soldats de la garde présidentielle descendent dans la nuit du 14 au 15 avril dans la rue, tirent en l’air, pillent de nombreux magasins et incendient le domicile du chef d’état-major particulier du Régiment de la sécurité présidentielle.

La mutinerie qui s’étend rapidement à d’autres casernes, sera l’occasion pour les mutins de demander le paiement des indemnités de logement, de primes alimentaires et des salaires du mois de mars qui n’ont pas été versés du fait de la fermeture des banques, à cause de la mutinerie.

Au total, au moins six personnes ont été tuées depuis fin février dernier au Burkina Faso frappé également par des mouvements de la population contre le régime et la hausse du coût de la vie.

Après les incidents de la semaine dernière, le président Compaoré qui avait rencontré toutes les composantes de son armée, de simples soldats aux généraux, avait annoncé la fin de la crise.

Le nouveau Premier ministre, commence à intégrer les revendications des soldats, mais est-ce suffisant pour absorber la contestation populaire ? Sachant que l’armée domine la scène politique au Burkina.

Pour faire baisser la tension, les observateurs estiment que le nouveau gouvernement burkinabé doit prendre une série de mesures efficaces, faire des réformes politiques, lutter contre la corruption, renforcer la bonne gouvernance, développer davantage l’économie et améliorer effectivement les conditions de vie de la population.

Par Li Benzhong et Issa Soma

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