Benoît XVI invite "toutes les parties à renoncer à la violence"

22/04/2011 15:09
CITE DU VATICAN, 22 avr 2011 (AFP) – Côte d’Ivoire: Benoît XVI invite « toutes les parties à renoncer à la violence »

Le pape Benoît XVI a exhorté vendredi « toutes les parties » en conflit en Côte d’Ivoire à « renoncer à la violence », en réponse à une femme musulmane de ce pays qui l’interrogeait lors d’une émission télévisée.
« J’invite fortement toutes les parties à renoncer à la violence et à chercher les chemins de la paix. Vous ne contribuerez pas à la recomposition de votre peuple par la violence même si vous pensez avoir raison », a lancé le pape, à l’occasion du Vendredi Saint sur RAI Uno.
Le pape faisait allusion à la meurtrière crise post-électorale qui s’est conclue par la victoire militaire du président Alassane Ouattara contre son rival Laurent Ggagbo qui refusait de reconnaître sa défaite à la présidentielle.
La Côte d’Ivoire, dont la population est évaluée à quelque 20 millions d’habitants, compte environ 40% de musulmans, 40% de chrétiens et 20% d’animistes. Parmi les partisans de Gbagbo, se trouvaient des chrétiens, tandis que Ouattara était soutenu par les régions du nord principalement musulmanes. Mais, selon le Vatican et la plupart des observateurs, il ne s’agit pas d’un conflit inter-religieux, car catholiques et musulmans vivaient généralement en bonne intelligence et il y avait des membres des deux communautés dans les deux camps.
Les évêques catholiques ivoiriens avaient appelé en janvier MM. Gbagbo et Ouattara au « dialogue », refusant une intervention armée de l’Afrique de l’Ouest pour résoudre la crise politique.
Le pape a rappelé avoir chargé le cardinal ghanéen Peter Kodwo Turkson, président du Conseil pontifical « Justice et Paix », d’aller en Côte d’Ivoire et d’y servir de médiateur. Il n’avait cependant pu s’y rendre début avril, en raison des combats.
« La seule voie est de renoncer à la violence, de reprendre le dialogue et de tenter de trouver ensemble la paix avec une nouvelle attention de l’un pour l’autre, avec une nouvelle disponibilité à s’ouvrir l’un à l’autre », a dit le pape.
Il a condamné la violence « qui ne vient jamais de Dieu », dans un appel implicite à éviter les vengeances, les règlements de comptes et les jugements sommaires.
Cette femme musulmane, Bintù, a salué le pape en arabe avec une formule traditionnelle: « Que Dieu soit au milieu de toutes les paroles que nous nous échangerons et que Dieu soit avec toi ».
Puis elle a constaté en français: « ici en Côte d’Ivoire, nous avons toujours vécu en harmonie entre chrétiens et musulmans. Les familles sont souvent formées de membres des deux religions. Il existe aussi une diversité d’ethnies, mais nous n’avons jamais eu de problèmes. Aujourd’hui, tout a changé: la crise que nous vivons, à cause de la politique, sème la division. Combien d’innocents ont perdu la vie! Combien de réfugiés, combien de mamans et combien d’enfants traumatisés! »
Publicités