UN CITOYEN IVOIRIEN ÉCRIT AU PR. MAMADOU COULIBALY SUITE À SON ENTRETIEN AVEC ALASSANE OUATTARA.


Monsieur,
Je viens de lire le compte-rendu de votre rencontre avec le gouverneur de  France en Côte d’Ivoire, que vous souhaitez investir comme votre Président. Je suis fort surprise que de tels propos puissent venir de vous dont la dignité dans les prises de position  qui faisait la fierté de tous les Ivoiriens.
Vous  qui avez su claquer la porte à Marcoussis, refuser toute sorte de mascarade, vous déclarez favorable à une investiture du Gouverneur Alassane ? Où est donc passé cet homme en qui beaucoup d’ivoiriens voyaient après Gbagbo comme l’ultime défenseur de la mère patrie ? De quelle constitution va se prévaloir M. Yao N’dre pour procéder à cette investiture ? Certainement pas celle de la Côte d’Ivoire : celle-ci dit qu’en cas de vacance de pouvoir, c’est le Président de l’Assemblée nationale — c’est à dire vous — qui assure l’intérim et organise de nouvelles élections.
Manquerez-vous d’aplomb, vous qui avez dit non à la France chiraquienne? De plus vous n’avez pas fait cas de l’enlèvement du Président de la République par le Gouverneur de France. Est-il encore en vie, si oui, se porte-il bien ? Ne croyez-vous pas que cela est plus important pour les Ivoiriens qu’un simulacre d’investiture? Ne nous dites pas que ce n’est pas un pouvoir dioula ; ce n’est pas une consolation mais une injure quand on voit que toutes les ethnies autres que dioula sont traquées. Gbagbo est peut-être mauvais, mais avec lui personne ne craignait pour sa vie, même pas les dioula qui faisaient leur commerce en toute quiétude, même au sud. Chacun pouvait raconter ou écrire ce qu’il voulait sur le Président sans être inquiété.

Maintenant la graine est semée et ne peut que  germer. On vivra chacun dans sa région, dans l’attente d’une hypothétique réconciliation. Permettez-moi de vous dire que vous-même êtes dioula, et que la posture que vous adoptez corrobore à l’idée  de « pouvoir dioula », car elle fondamentalement anticonstitutionnelle.

Cordialement.

Melme Letourneur
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