Mamadou Koulibaly, Président par intérim, pour une sortie de crise


Mamadou Koulibaly, Président par intérim, pour une sortie de crise

La Constitution donne la formule la meilleure pour la sortie de la crise actuelle de Côte D’Ivoire. C’est celle du Président de l’Assemblée Nationale comme Président de la République par intérim avec pour mission d’organiser de nouvelles élections. Les Ivoiriens ont par conséquent intérêt à se battre plus que jamais contre l’intronisation illégale d’Alassane Ouattara à la tête de l’Etat de Côte d’Ivoire.
Ndzana Seme
BALTIMORE 04/11/2011 – Il nous est confirmé des sources proches de la Présidence ivoirienne que le Chef d’Etat de Côte d’Ivoire, SEM Laurent, ainsi que son épouse Simone et son fils Michel ont été kidnappés ce matin par les forces spéciales françaises.

L’armée française pilonnait déjà chaque nuit, depuis le 4 Avril, la résidence du Chef d’Etat.
Par la même occasion, usant de ses hélicoptères et de ceux des forces de l’ONUCI, les forces d’occupation ont détruit, par bombardement intensif de tous les camps militaires, toutes les capacités militaires de l’armée ivoirienne (Forces de Défense et de Sécurité).
Les FDS étaient par conséquent soumises à une attaque par une puissance mondiale et ne pouvaient pas tenir éternellement, après avoir plusieurs fois repoussé les bandes des rebelles, terroristes et mercenaires d’Alassane Ouattara, que ces forces françaises tenaient à installer au pouvoir par tous les moyens.
Hier dimanche, l’armée française a déclenché un assaut terrestre de grande envergure, qui s’est poursuivi jusqu’à ce matin contre la Garde Présidentielle, le Palais et la résidence du Président, mettant en action vingt chars et 700 bérets verts de la légion étrangère française.
Après que Laurent Gbagbo se soit livré face à une telle furie destructive sans fin, ces forces françaises l’on livré aux mains de l’ONUCI pour certaines sources (ce qui nous rappelle la livraison de Patrice Lumumba aux troupes de l’ONU pour exécution), et pour d’autres aux mains des bandes armées d’Alassane Ouattara.
Les photographies publiées montrent en effet que le Président en exercice de Côte d’Ivoire a été livré aux mains de ceux qui sont plus qu’assoiffés de danser autour de sa tête coupée, à savoir Alassane Ouattara et ses bandes armées.
C’est le lieu de rappeler ici que cette crise électorale, qui se termine aujourd’hui par un coup d’Etat en bonne et due forme perpétré par la France, est née du mépris de la Constitution et des institutions démocratiques de la Côte d’Ivoire par le Président français Nicolas Sarkozy, le Président américain Barrack Obama, le Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-Moon et les autres leaders manipulés qui les ont suivis dans cette voie.
La résistance héroïque de Laurent Gbagbo tenait sur un principe fondamental, à savoir que la souveraineté de la Côte d’Ivoire est sacrée et que par conséquent aucune autre autorité au monde ne peut se placer au-dessus de sa Constitution et ses institutions.
Par conséquent, seule la décision du Conseil Constitutionnel s’applique pour désigner le nouveau Président de la République à l’issue d’une élection, comme le prévoit la Constitution.
Par contre, parce qu’il était déclaré perdant par le Conseil Constitutionnel, Alassane Ouattara et ses amis Nicolas Sarkozy, Barrack Obama et Ban Ki-Moon ont décidé de rejeter la décision souveraine du Conseil Constitution du l’élection du 28 novembre 2010.
En ce jour où le Président est kidnappé et empêché contre son gré d’exercer ses fonctions, les défenseurs de la souveraineté de Côte d’Ivoire ne doivent pas croire, comme la France veut le laisser croire, que la disparition du Président de la République permet de mettre n’importe qui au pouvoir ou que ce kidnapping sonne la fin de la lutte patriotique.
N’importe qui, c’est d’abord et surtout Alassane Ouattara. Non seulement il n’a pas été déclaré élu Président de la République comme le prévoit la Constitution, Ouattara n’a pas été investi comme tel. Seul Laurent Gbabgo l’a été et cette décision est sans appel et ne peut pas être changée d’après la Constitution.
De plus, Alassane Ouattara traîne actuellement des accusations de génocide du peuple Guéré de l’Ouest de Côte d’Ivoire et de massacres de milliers de civils innocents, dont des enfants, des vieillards et des femmes, commis par ses bandes armées du 28 mars dernier jusqu’à ce jour. Les victimes de ces massacres sont essentiellement les supporters de Laurent Gbagbo.
De même, Alassane Ouattara est accusé de terrorisme, avec des massacres de Chrétiens dans des églises, la libération des criminels prisonniers et leur armement, le pillage des magasins et des boutiques, les vols dans les domiciles, les exécutions sommaires des sympathisants de Gbagbo, les tortures systématiques de tous ceux qu’ils arrêtent et les viols généralisés des femmes sympathisantes de Gbagbo.
Tous ces crimes font automatiquement de Alassane Ouattara la personne à exclure de toute prétention au poste de Président de la République.
Car, si Alassane Ouattara était couronné par la force au mépris de la volonté du Peuple et de la Constitution, comme le veulent la France, les Etats-Unis, l’ONU et leurs alliés, la colère et les haines accumulées et bouillant actuellement dans les cœurs au sein des populations ivoiriennes sont des ingrédients qui conduiront inexorablement la Côte d’Ivoire dans des violences n’ayant rien à envier au sort passé du Libéria dans les mois et années à venir.
Les Ivoiriens ont par conséquent intérêt à se battre plus que jamais contre l’intronisation illégale d’Alassane Ouattara à la tête de l’Etat de Côte d’Ivoire. Le combat des Ivoiriens doit, à partir de ce jour, se baser sur le respect de la Constitution en matière d’empêchement du Chef de l’Etat d’exercer ses pouvoirs.
Car le Président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, est en effet dans un état d’empêchement pour pouvoir exercer ses fonctions. Dans un tel cas, voici ce que prévoit l’article 40 de la Constitution démocratique du pays.
« Article 40
En cas de vacance de la Présidence de la République par décès, démission, empêchement absolu, l’intérim du Président de la République est assuré par le Président de l’Assemblée nationale, pour une période de quarante cinq jours à quatre vingt dix jours au cours de laquelle il fait procéder à l’élection du nouveau Président de la République.
L’empêchement absolu est constaté sans délai par le Conseil Constitutionnel saisi à cette fin par une requête du Gouvernement, approuvée à la majorité de ses membres.
Les dispositions des alinéas 1 et 5 de l’article 38 s’appliquent en cas d’intérim.
Le Président de l’Assemblée nationale, assurant l’intérim du Président de 
la République ne peut faire usage des articles 41 alinéas 2 et 4, 43, et 124 de la Constitution.
En cas de décès, de démission ou d’empêchement absolu du Président de l’Assemblée nationale, alors que survient la vacance de 
la République, l’intérim du Président de la République est assuré, dans les mêmes conditions, par le Premier vice-président de l’Assemblée Nationale. »
Par conséquent, le gouvernement du Premier Ministre Gilbert Marie N’gbo Aké doit immédiatement saisir le Conseil Constitutionnel dans l’objet de constater l’empêchement de SEM Laurent Gbagbo d’exercer les Pouvoirs de Président de la République et de prononcer le Président de l’Assemblée Nationale, Monsieur Mamadou Koulibaly, Président par intérim de la République de Côte d’Ivoire.
Le Professeur Mamadou Koulibaly aura pour mission fondamentale d’organiser de nouvelles élections pour désigner le nouveau Président de la République.
C’est dire que la Constitution donne la formule la meilleure pour la sortie de la crise actuelle de Côte D’Ivoire.
Le Pr Koulibaly, comme l’article ci-dessous nous le rappelle, est celui qui a demandé le dialogue depuis le tout début de cette crise. Il avait même prédit la situation de chaos, avec des milliers de morts et de déplacés, que nous voyons aujourd’hui.
Mais notre proposition faite ici va-t-elle trouver une oreille attentive de la part des leaders étrangers qui poussent Alassane Ouattara à prendre le pouvoir par la force, au mépris des institutions démocratiques de Côte d’Ivoire ? Nous pouvons en douter.
C’est pour cela que tous les Patriotes de Côte d’Ivoire et d’Afrique, épris du sacré de la souveraineté de nos pays, devons nous lancer dans une vaste campagne de pression auprès des représentants et personnalités politiques des Etats-Unis, de France, de l’Europe et des autres pays du monde pour qu’ils soutiennent le règlement de la crise ivoirienne uniquement suivant la Constitution ivoirienne.
Sinon, ces forces barbares de la prise du pouvoir par la violence devront bien se souvenir que « qui tue par l’épée périra par l’épée »…

Et si Mamadou Koulibaly avait raison

La Voie 26-03-2011
L’aiguille de la boussole de sortie de crise en Côte d’Ivoire semble de plus en plus tourner vers le dialogue inter-ivoirien. Une négociation directe entre les camps Gbagbo et Ouattara, afin de trouver une solution pacifique à cette crise. Après avoir croisé le fer sur les champs de bataille, et fait le décompte macabre de plusieurs centaines de morts, la tendance est à la discussion. Dans son édition du mercredi 23 mars dernier, le journal de la Refondation, « Notre Voie », évoquait justement la nécessité du dialogue dans un article intitulé « Règlement de la crise: quand le recours au dialogue s’impose ». Un véritable cri du cœur lancé par le journaliste pour attirer l’attention des camps au conflit sur le drame que vivent les Ivoiriens à cause de leur bataille pour le pouvoir. Le leader des jeunes patriotes, ces farouches partisans de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, appelle lui aussi à ce dialogue entre les deux protagonistes. Le ministre de la Jeunesse du gouvernement Aké N’Gbo, qui ne manque pas de sonner la mobilisation de cette jeunesse et qui défie la communauté internationale, qu’il soupçonne de soutenir le camp Ouattara, pense que le passage obligé, c’est le dialogue. « Je souhaite que les leaders entendent mon appel. Je les appelle à un dialogue inter-ivoirien, sans témoin », a dit Blé Goudé dans le quotidien Fraternité Matin d’hier jeudi 24 mars.
Dans le camp Ouattara, même si l’on ne le dit pas haut et fort, l’idée ne désenchante pas non plus. Des hautes personnalités du cercle d’Alassane Ouattara murmurent en effet l’idée d’un dialogue franc avec le camp Gbagbo. D’autres locataires du Golf hôtel n’ont pas coupé les ponts avec leurs amis réfondateurs, qu’ils continuent d’appeler malgré la crise. Signe qu’il y a encore des liens solides qui peuvent servir de courroie entre les deux camps. En un mot, il est aujourd’hui plus que nécessaire que Laurent Gbagbo, déclaré président par le Conseil constitutionnel, et Alassane Ouattara, reconnu par la communauté internationale, se parlent pour que les Ivoiriens se portent mieux. Mais faut-il le rappeler, l’idée d’un dialogue inter-ivoirien pour mettre fin à la crise née du second tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010, n’est pas nouvelle.
Elle avait été évoquée aux premières heures du contentieux électoral par le président de l’Assemblée nationale, le professeur Mamadou Koulibaly, deuxième personnalité de l’Etat. Au cours d’un entretien qu’il a accordé à Radio espoir, à la mi-décembre 2010, comme pour entretenir l’espoir en une sortie pacifique dans ce conflit post-électoral, M. Koulibaly avait invité les deux leaders, Gbagbo et Ouattara, à s’asseoir et discuter. Morceau choisi de l’analyse du professeur:
« Voyez-vous en Afrique, chaque fois qu’il y a élection (puisque nous sommes encore loin d’être dans des démocraties), nous terminons par la contestation. La contestation conduit rapidement à la mésentente et puis à une guerre fratricide. Nous nous retrouvons rapidement avec 400 ; 500 ; 600 morts ; 50000 déplacés… des magasins brûlés, des entreprises détruites. Et puis, c’est une fois tous ces dégâts faits, constatés, que les gens de bonne volonté à l’échelle mondiale débarquent, constatent qu’il y a des dégâts, l’humanitaire arrive (…) ».
Un tableau qui dépeint presqu’exactement la situation ivoirienne. Et le professeur de poursuivre :
« (…) l’humanitaire utilise par la suite, le poids de ces morts, de ces blessés, le poids de ces destructions pour exercer une pression sur les protagonistes de la crise postélectorale et les obliger à s’entendre alors sur une paix que l’on qualifie de paix des braves. Comme si avoir fait tuer des milliers de ses compatriotes était un acte de bravoure. On fait la paix des braves et on fait un gouvernement d’union puis les protagonistes s’installent et gèrent ensemble. Ce schéma a été appliqué à tellement de reprises qu’aujourd’hui nous ne pouvons pas dire que nous ne savons pas ».
Eviter les morts inutiles
C’est donc le schéma classique appliqué à de nombreuses crises en Afrique, et la crise post-électorale, semble t-il, n’y échappera pas. Mais l’idée du président du Parlement ivoirien, c’est de faire l’économie de ces nombreux morts, inutiles, qui jalonnent les périodes de tension post-électorale, pour aller directement à cet indispensable dialogue qui s’impose pour la paix. « Le maillon qui consiste à nous entretuer, nous ne sommes pas obligés de passer par là. On peut
sauter l’intermède qui consiste à passer par les tueries et arriver directement à une entente, à une cohabitation, à une cogestion, à une complicité entre les protagonistes pour travailler pour les populations… Nous gagnons en efficacité et en temps. Voilà un peu le schéma dans lequel je me situe. Nous ne sommes pas obligés de nous entretuer avant de faire la paix. Nous pouvons faire la paix sans nous entretuer. (…) ». Il n’avait pas été écouté. Le constat, c’est qu’il y a eu des morts inutiles. L’Onu dénombre environ 500 morts. Egalement des destructions de biens publics et privés, des déplacés. L’intermède sanglant et destructeur que le professeur Koulibaly avait voulu faire éviter aux Ivoiriens, en lançant son appel au dialogue, semble donc bouclé. Retour à la case départ. Même si sur le front militaire, des combats entre les forces belligérantes rappellent que la solution de la force reste une option, le dialogue pour la paix paraît nécessaire pour éviter le pire. « Moi je pense fortement qu’il n’y a pas d’autres issues pour nous que de sortir de cette crise sans guerre. Nous n’avons pas le choix. Il ne faut surtout pas que les gens pensent que la solution, c’est la guerre ou la guerre. La solution, c’est la paix par la volonté des peuples. Si nous y croyons, si nous le voulons, il n’y a pas de raisons qu’on n’y arrive pas », avait-il indiqué.
Un message qui devrait surtout inspirer les deux protagonistes de la crise post-électorale, Laurent Gbagbo et Alassane
Ouattara, afin que soit mis fin au cycle de violences qui continue d’endeuiller les familles ivoiriennes.
Hamadou ZIAO
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