Des représailles contre les pro-Gbagbo dénoncées à Abidjan

Amnesty international dénonce des « descentes d’hommes armés dans des quartiers habités par des partisans de Laurent Gbagbo » et rapporte des témoignages de meurtres.

Des soldats fidèles à Alassane Ouattara montre du doigt des prisonniers qu’ils pensent reconnaître
 (6 avril 2011) (SIPA)

L’organisation Amnesty International a dénoncé mardi 12 avril des actes de « représailles » à l’encontre des pro-Gbagbo à Abidjan, apportant des témoignages d’habitants terrorisés et de meurtres dans le pays.
Les partisans du président ivoirien Alassane Ouattara « doivent cesser toutes représailles et violences » à l’encontre de ceux du sortant Laurent Gbagbo, a déclaré Amnesty. « Les graves violations des droits de l’Homme perpétrées par Laurent Gbagbo et ses partisans, ainsi que par ceux d’Alassane Ouattara, doivent être recensées et leurs auteurs conduits devant la justice », a déclaré Véronique Aubert, directrice adjointe du Programme Afrique d’Amnesty International, dans un communiqué.

Respect des droits humains

« Les Ivoiriens perçus comme étant des partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo courent le risque de violentes représailles, en dépit de la déclaration du président Outtara qui a appelé lundi à s’abstenir de toute formes de représailles ou de violence », selon le texte.
« Alassane Ouattara doit rétablir la loi et l’ordre en donnant des instructions strictes à toutes ses forces afin qu’elles respectent les droits humains et protègent quiconque contre ces exactions », a dit Véronique Aubert.
Amnesty rapporte des témoignages à Abidjan et dans l’ouest du pays, faisant état d’attaques de civils considérés comme des partisans de Gbagbo par des hommes armés décrits comme des pro-Ouattara.

Descentes dans les quartiers

« Aujourd’hui (mardi), à Abidjan, des hommes armés, dont certains portaient des uniformes, ont fait des descentes des quartiers habités par des partisans avérés ou supposés de Laurent Gbagbo, notamment à Yopougon et àKoumassi », rapporte l’ONG.
Un témoin a raconté à Amnesty International « comment un policier, appartenant à la même ethnie que Laurent Gbagbo, avait été appréhendé ce matin (…) à son domicile et abattu à bout portant sous ses yeux ».
« Des dizaines de jeunes gens se cachent actuellement à Abidjan par crainte d’être tués. Dans l’ouest du pays, des personnes soupçonnées d’être des partisans de Gbagbo sont également terrifiées. Beaucoup se trouvent toujours en brousse après que leurs villages aient été brûlés et ces populations doivent être protégées », a dit Véronique Aubert.
Amnesty International demande également « à ce que Laurent Gbagbo, sa famille et ses partisans, qui sont détenus à Abidjan, soient traités conformément aux procédures prévues par la loi ».

Source:Nouvelobs.com

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